CHAPITRE VI
Fêtes à Paris à propos du Couronnement. — Démonstrations de la Martinique. — L'Empereur va se faire couronner roi d'Italie; Joséphine raccompagne.— Le prince Eugène nommé vice-roi. — Cam<pagne d'Autriche; correspondance entre TEmpereur et Tlmpéra,trice. — Mariage d'Eugène avec la fille du roi de Bavière, et de' la princesse Stéphanie de Beauharnaii avecjle grand -duc de Bade. — Le prince Louis devient roi de Hollande ; départ de la reine Hortense.
Nous passerons sur les nombreuses fêtes qui suivirent le Sapre et dont l'une des plus magnifiques fut celle que les maréchaux voulurent donner à l'Impératrice elle-même y dans la grande salle de l'Opéra. La ville de Paris se signala aussi dans cette circon-r staoce. En offrant à Joséphine, à l'hôtel de ville, une magnifique toilette d'or, au nom du conseil municipaly le président rendait ainsi justice aux qualités de la femme et de la souveraine, et à la véritable influence qu'à cette époque de révolution elle a exercée sur la société française : « Les Parisiens, qui savent si bien reconnaître ce qui est bon , délicat et noble ,
pui int-ils ne pas rendre hommage à ceUf senabilité si profonde, à ces grâces si toucbanlcs, iedl dignité si vraie qui distinguent Votre Majesté. Llieoreuse inQuence de ces rares qualités se fait déjà MMir dans toutes les classes de la société , et tandi< ipi votre auguste époux élève la nation français aa Cûlf de la gloire, vous lui faites reprendre le premier m^ parmi les peuples les plus renommés par leur uriinilé '. »
Par toutes les démonstrations dont elle fut l'ultjrtt l'occasion de son courm ment, l'Impéralrice Joe^ phine vit i *ait pu faire encore, ju*-
qu'à quel point eue eian. a née. Mais les démoa^intions quilaU «nt ' -être le plus, furent cfll«
de son pays nat lel elle avait au plu» lu^
degré cet amour d'ent'auce ue les créoles, entre ion*, conservent avec une louable fidélité. El ce qui allai". surtout à son cœur, c'est que c'était dans la personne de sa mère que ses compatriotes lui ataiwil témoigné toute leur allégresse et leur dévourtUfoL Sans multiplier hors de proportion les détails relatif* à la Martinique, nous ne pouvons les omettre dao^ ut livre qu'elle a inspiré ; et, au reste, il est imposiU' d'écrire la biographie de Joséphine sans tenir gru^ compte des affections de famllte qui ont pris tut ^ place dans sa vie.
Depuis la déclaration de la guerre avec TAnfl^ terre, la Martinique, mise au préalable en état ^
1. Histoire du Couronnetmnl, dédiée au prioce Murat, par Pain*. Paris, thermidor an xiii-1805, p.3S8.
blocus I s'attendait chaque jour à être attaquée , et elle se préparait, comme par le passé, à se défendre vigoureusement. La gloire du Premier Consul , plus prestigieuse encore à cette distance; Thonneur qui rejaillissait sur la colonie d avoir donné une compagne à cet homme prodigieux; la présence pendant plusieurs mois à Fort-de-France du plus jeune des Bonaparte Je commandant Jérôme, dont les manières franches, cordiales et aisées, avaient charmé les colons'; tous ces motifs étaient autant de liens qui rattachaient d'une manière plus étroite encore la Martinique au gouvernement actuel de la métropole. Aussi Ton pense quels furent ses sentiments lorsque la nouvelle arriva de la création de l'Empire et de l'élévation au trône de Mlle ïascher de LaPagerie.
Quelque temps auparavant, le bruit s'était répandu, propagé par un journal anglais du Canada, qu'en parvenant à l'Empire , Napoléon avait fait prononcer son divorce avec sa femme : la joie fut d'autant plus vive, lorsque, à la fin du mois de septembre 1804, la frégate fran(}aise, la Ville de Milan ^ trompant la surveillance anglaise, apporta la nouvelle ofûcielle de l'avènement simultané de Napoléon et de Joséphine. En faisant connaître à la colonie le contenu de ses dépèches, l'ami ral-gouverneur, l\I. de Villaret-Joyeuse ajoutait : « Nous avons le bonheur de posséder dans notre ile la mère de l'auguste épouse de notre Empereur; c'est un titre déplus que