Collection Didot, t. 1*% p
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avant quinze ou vingt jours. Il faut être gûe, t*amu8er , et espérer qu'avant la fin du mois nous nous verrons.
« Je m'avance contre Tarmée russe : dans qudques jours j'aurai passé Tlnn.
or Adieu y ma bonne amie. Mille choses aimables à Hortense , à Eugène et aux deux Napoléon. Garde la corbeille quelque temps encore.
« J'ai donné hier aux dames de cette cour un concert. Le maître de chapelle est un homme de mérite. J'ai chassé à une faisanderie de l'Électeur. Tu vois que je ne suis pas si fatigué. M. de Talleyrand est arrivé. »
Avec cette foi dans le succès qui ne TabandonDail jamais et qu'il recommandait sans cesse à Joséphine, l'Empereur avait fait venir à Tarmée son ministre des Affaires étrangères , afin de l'avoir sous sa main pour négocier la paix, qu'il se flattait d'imposer à l'Europe aussitôt qu'il aurait battu les Russes , audevant desquels il allait bientôt marcher.
Mais déjà l'Impératrice Joséphine, voyant la tournure favorable des affaires, demandait à rejoindre l'Empereur. Les rôles sont changés : dix ans auparavant elle mettait quelque hésitation et quelque retard à se rendre aux pressantes instances de son époux de huit jours; aujourd'hui, et dans les campagnes qui vont suivre » sans souci des fatigues, des périls , et surtout de sa dignité , dont elle fait bon marché, elle n'a qu'une idée, qu^un vœu : être auprès de Napoléon , partager son existence. Au dé-
but c'était lui qui aimait le plus^ maintenant c'est elle , et son époux lui répond par les raisons , au fond réelles y de prudence et de convenance, qui ne lui permettent pas , tant que la guerre se poursuit, de rappeler en Allemagne, manifestant toutefois un véritable désir de la revoir le plus tôt que cela sera possible^ En lui annonçant qu'il va quitter Munich et se rendre sur l'Inn, afin d'attaquer l'Autriche au sein de ses États héréditaires , l'Empereur se prononce à cet égard : (c J'aurais bien désiré te voir, mais ne compte pas que je t^appelle , à moins qu'il n'y ait un armistice ou des quartiers d'hiver. Adieu, mon amie ; mille baisers \ »
Ce qui restait des forces mises sur pied par l'Autriche après avoir essuyé tant de défaites , avait. fait sa jonction avec l'armée russe , et cherchait à sauver Vienne. Napoléon, le 28 octobre, franchit Tlnn et se dirige sur cette ville en poussant les Russes devant lui , mais marchant avec des peines infinies, car l'ennemi avait coupé tous les ponts. Le 2 novembre il écrit de Haag , à dix heures du soir : « Je suis en grande marche; le temps est très-froid , la terre couverte d'un pied de neige : cela est un peu rude. H ne manque heureusement pas de bois ; nous sommes ici toujours dans les forêts. Je me porte assez bieQ} mes affaires vont d'une manière satisfaisante; mes ennemis doivent avoir plus de soucis que moi. Je désire avoir de tes nouvelles et apprendre que tu es sans in*