‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 240 sur 317 · CoUeclion Didot, p. 153 et · texte numérisé non relu

CoUeclion Didot, p. 153 et

DE L'IMPÉRATRICB JOSÉPHINE. 325

avec éclat et de se pavaner au soleil, comme d'autres triomphateurs d'un jour, dans ses rues et ses places publiques , y entre modestement le soir et choisit la nuit pour la parcourir. C'est qu a ce moment la force et la modération sont dans un parfait équilibre chez cet homme extraordinaire, parvenu à son complet développement. Aucun entraînement excessif, nulle infatuation ne viennent encore nuire à la limpidité du coup d'oeil ; aucune ambition déréglée n'a encore troublé la sérénité d'une âme qui se modère, d'une grandeur qui se contient, d*un génie qui aujourd'hui résiste à la fortune , qui s'y abandonnera demain , et plus tard voudra la violenter.

Maître de l'Autriche , l'Empereur pouvait, cédant aux vœux réitérés de l'Impératrice Joséphine , la rapprocher de lui , sinon l'appeler à Vienne , autour de laquelle manœuvraient les Russes. Le 16 il lui écrivit de se rendre dans la capitale de la Bavière, où elle trouverait, lui disait-il, un beau palais et une bonne réception, et où il lui promettait de la rejoindre aussitôt que les affaires le permettraient , c'est-à-dire aussitôt qu'il aurait conquis la paix par la défaite des Russes. Il lui prescrit en même temps son itinéraire» ses démarches , sa conduite, presque ses discours , dirigeant tout du même coup d'œil ( c'est son immense supériorité), les grandes et les petites affaires, Tensemble et les détails, sa campagne contre deux des plus grandes puissances de l'Europe, son gouvernement de Paris, la marche et l'organisation de la vice-

royauté italienne et les rapports de l'Impératrice »<«: les cours allemandes. Voici cette lettre curieuse :

> Vienne, 25 brumaire an xiv (16 dov. i « J'écris à M. d'Hairille pour que tu partes ri ■ que tu te rendes à Bade , de là à Stuttgart, et de U à Municli. Xti donneras, à Stuttgart, la corbeillei la princesse Paul. 11 suffit qu'il y ait pour quiou à vingt mille Trancs ; le reste sera pour faire da présents , à Munich , aui filles de l'Électeur ifc Bavière. Porte de quoi faire des présents aux dama et aux officiers qui seront de service près de t«- Sois honnête , mais reçois tous les hommages : l'on te doit tout, et lu ne dois rien que par honnêteté. L'Éleclpice de Wurtemberg est fille du roi d Angli>terre : c'est une lionne femme, tu dois la bien traiter, mais cependant sans affectation.

' Je serai bien aise de te voir, du moBnent que ow affaires me le permettront. Je pars pour mon avanlgarde. Il fait un temps affreux : il ueige beaucoup; du reste, mes affaires vont bien. Adieu, mtbMiH amie. « Napoléor '. »

On te doit tout ; lu ne dois rkn. Le général TÎctorieux , plein de modeste convenance devant u ennemi vaincu , se retrouve dans la personne de ■ femme. Nul n'eut mieux que Napoléon l'orgueil de la France , plus encore que le sentiment de ta supériorité, en face des souverains et des cours de M

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