‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 259 sur 317 · ColUction Didot, t. l". p · texte numérisé non relu

ColUction Didot, t. l". p

DE L'IMPÉRATRICE JOSËPHINE. 373

heureux qu'avec un peu de gloire, il ne faut pas tant en faire fi ! Joséphine , votre cœur est excellent et votre raison faible ; vous sentez à merveille, mais vous raisonnez moins bien. Voilà assez de querelle; je veux que tu sois gaie, contente de ton sort, et que tu obéisses, non en grondant et en pleurant mais de gaîté de cœur, et avec un peu de bonheur. Adieu, mon amie; je pars cette nuit pour parcourir mes avant-postes *. » Les textes qui précèdent n'ont pas besoin de longs commentaires. Ils nous font connaître d'une manière exacte et saisissante, le caractère et la situation morale de Napoléon et de Joséphine. Celle-ci est restée femme ; le rang suprême envahit TEmpereur. Livré à ses grands desseins, voyant se dérouler devant lui de plus vastes perspectives encore, il recommande ce qu'il pratique, la tenue, la dignité, la grandeur, la soumission du cœur aux devoirs, aux obligations et même aux simples convenances de la souveraineté. A celle à qui il n'avait demandé jusqu'ici que les plus douces et les plus féminines qualités d'intérieur, il demande maintenant, avant tout, du caractère et de la force d'âme. Il entend de plus que sa femme aime sa gloire plus que sa personne, et qu'elle ait, comme il Ta lui-même, une pleine confiance en sa destinée. Cependant, comme il y a dans son cœur ce fond d'affection qui ne passera point, il lavent, malgré ce qu'il exige d'elle, heureuse, contente, gaie : il lui défend de pleurer, car lui qui ne sourcille pas sur les plus ter-

l. Collection Didot, p. 25^.

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ribles champs de bataille, il redoute sur toute chose les larmes de Joséphine. Mais celle-ci qui avait toujours irotivé son époux assez giorienï et asseï piiifsant, loia de rêver pour lui plus de grandeur, ot souhaitait qu'uu point d'arrêt dans cette marcbt^ ascendante pleine de provocations vis-à-vis de la changeante fortuue. En un dernier mol, ta grande âme df Napoléon mettait son bonheur dans la gloire; Joséphine, commtîelle ledit, mettait sa gloire dans sod bonheur.

L'Impératrice, lecœurgros, reprit la route de Pam où elle arriva le 31 janvier pendant que la reine Horlense et la grande-duehesse Stéphanie rentntienl àb Haye et ùManheim. Le 3 Février, elle fait connaître s«d retour à sa fille en ces termes : » Je suis arrivée ici, ma cbère Hortense, le 31 au soir, ainsi que j'y atai* compté. Mon voyage a élé heureux, si je ppu\ i'ajpeler ainsi, lorsqu'il m'éloigne de l'Empereur....''

Elle était à peine de retour, que Napoléon qui a\'>it terminé sa dernière lettre, en lui apprenant qu'il pU" tait pour parcourir ses avant-postes, avait enfin joint l'ennemi et remporté sur lui cette victoire dispolée d'Eylau, qui ne mit point fin à la guerre. Dès la ouil suivante, le 9 février, à trois heures du matin, l'Empereur s'empresse de l'anaoncer à l'Impératrice par tt court mais affectueux billet' : « Mon amie, il y a « hier une grande bataille; la victoire m'est restée, mais j'ai perdu bien du monde; la perte de l'ennemi, qui

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