Lettre du 24 novembre 1778. (Archives de famille
2. Lettre à Mme de Renaudin du 20 août 1779. (Archives de faille.;
Martinique, l'autre de Saint-Domingue*. » Il avait le pressentiment que, par cette occasion, on verrait arriver M. de La Pagerie lui-même ou qu'on aurait des lettres de lui. Et, comme il sortait d'une maladie qui l'avait retenu quelque temps au lit, il vint à Noisy pour se remettre entièrement. Mais il y était à peine depuis une vingtaine de jours, que Mme deRenaudin reçut enfin une lettre de son frère, datée du 20 octobre, par laquelle celui-ci lui annonçait son arrivée en France, avec sa fille aînée et leur sorar, Mlle Rosette de La Pagerie. Il avait, en effets profité du convoi annoncé par Alexandre et avait pris passage à bord de la Pomone*^ qui en faisait partie, et, après une longue et orageuse traversée, il venait de débarquer à Brest, dans un bien triste état, également épuisé par sa maladie ancienne et par les fatigues de la mer. Cette même année 1779, à l'autre bout de la France, débarquait aussi, venant d'une autre île française , celui qui devait élever si haut Mlle Joséphine de La Pagerie.
Mme de Renaudin, en compagnie du chevalier, partit aussitôt pour aller chercher sa famille. D'après ce qu'on lui avait écrit de la santé de son frère, tout était à craindre. Alexandre avait pris ses dispositions pour ménager la sensibilité de sa compagne de voyage en cas de malheur. Le 25 octobre, il mande de Saint-
1. Lettre d'Alexandre de Beauharnais à son père. (Archives de famille.)
^. Sur ce nom da bâtiment qui amena Joséphine en France , voy. Mémoires de Constant sur Napoléon, 1. 1, p. 35.
DE L'IMPÉRATRICB JOSÉPHINE. 95
Brieuc à son père * : « Je ne veux pas fermer sans vous instruire des précautions que j*ai prises pour faire annoncer noire arrivée à M. de La Pagerie. J'ai écrit à un de mes camarades^ à Brest, pour que, s*il a de bonnes nouvelles à nous donner, il nous envoie audevant de nous un exprès. Moyennant cette précautioUy que j*ai cachée à Mme de Renaudin, si son frère est mieux, je lui sauverai les inquiétudes de la dernière journée, qui sont les plus vives. Si je ne reçois pas d exprès, je compte partir devant à franc étrier, de Morlaix^ où nous espérons coucher demain, et m'instruire par moi-même de l'état de M. de La Pagerie, pour préparer sa sœur quand elle arrivera. J'ai cependant de bonnes espérances. » Alexandre allait ainsi, plein d'ardeur, au-devant de cette jeune fille inconnue qui allait bientôt être sa femme.
Les espérances du chevalier de Beauharnais furent réalisées. Quelques jours de repos à terre, les soins d'un bon médecin avaient beaucoup amélioré la situation de M. de Tascher. Quant à l'impression que la jeune créole produisit sur son futur époux, c'est lui qui va nous le dire : « Mon cher père, écrit-il trois jours après', depuis que je suis arrivé, je n'ai trouvé que le moment de vous annoncer que nous étions à Brest en bonne santé, et bien moins inquiets depuis que nous avions vu M. de La Pagerie et son aimable famille.... Notre départ paraît fixé à mardi matin. Ce