Ibid
que je vous puis certifier c'est la vive impatience que nous avons tous d'être auprès de vous. Mlle de La Pagerie^ qui n'est pas celle qui le désire le moins, vous paraîtra peut-être moins jolie que vous ne l'attendez; mais je crois pouvoir vous assurer que Tbonnètelé et la douceur de son caractère surpasseront tout ce qu'on a pu vous en dire. J'ai trouvé, à mon arrivée» toute la ville instruite des projets que j'avais crus cachés. Mais , s'il m'a fallu quelquefois rougir des compliments que Ton m'a faits, j'ai éprouvé une satisfaction bien douce de l'intérêt que m'ont témoigné mes camarades , et j'exprimerais difficilement combien m'ont flatté les marques de vif intérêt et «d'attachement qu'ils m'ont données. » Cette première impression était, en somme, favorable, et Alexandre se montrait heureux de la compagne qui lui était destinée.
Le 3 novembre, de Guingamp, en cheminant, Mme de Renaudin écrit aussi au marquis de Beauharnais, qui les attendait à Versailles : a Ma chère famille, je veux dire la nôtre, en y comptant votre cher fils, est également bien impatiente de vous embrasser. Votre seconde (bru) sera votre chère et tendre fille; c'est moi qui vous en assure. Elle a tous les sentiments que vous pouvez désirer qu'elle ait pour votre enfant, et je vous avoue que j'ai vu avec la plus grande satisfaction qu'elle lui convenait. Il me prie de vous embrasser pour lui, et de vous faire trouver bon qu'il ne vous écrive pas aujourd'hui ; mais il est bien occupé, oui, mon bon ami,
DE L'iMPÉftATIUCE JOSÉPHINE. «T
fort occvpé auprès «de votre seconde*, w En effet, à mesure que le voyage avançait, les sentiments des deux jeunes gens devenaient plus sympathiques et plus vifs. De Rennes^ peu de jours après, Mme de Renaudin écrit encore : « Vous avez reçu une lettre de votre efaer chevalier, qui vous a confirmé que je voyais bien ; les choses vont toujours de mieux en mieux. Mon firère soutient assez bien la route et je le trouve même mieux; il brûle d^envie de vous voir, dit-il, avant que «de mourir ; je ne vois pas 8aiD« peine combien il voit noir*, j» Dans cette lettre, le chevalier ajoute ces quelques lignes : « Le plaisir d'être avec Mlle de LaPagerie, avec celle à qui le nom de votre fille a paru si doux^ a été la seule cause «de mon silence. Je vous exprimerais avec bien de la peine combien est vive l'impatience qu'elle a d'être rendue auprès de vous; la mienne seule peut lui être compa-* rée, et nous nous flattons que vous avez quelque désir d'embrasser deux enfants dont le bonheur sera de travailler au vôtre. » L'entente est complète; le charme réel de Joséphine a opéré. On n'a jamais dit, même quand elle eut acquis tout son développement, qu'elle fut réellement belle, mais, dès lors, apparaissent sa grâce et sa douceur, ces deux qualités qui en ont fait un si harmonieux ensemble. Vers le 1 0 novembre, on arriva enfin à Paris. La joie du marquis fut extrême ; du premier jour il s'attacha à Joséphine comme à sa propre fille, et celle-ci lui voua, de son côté,