‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 291 sur 317 · Son trésorier · texte numérisé non relu

Son trésorier

3. Il est ici question d'un nouvel aî^randissement pour le parc de la Malmaison, dont nous avons parlé p. 132.

six cent mille francs ; tu peux les prendre pour fûre ton argenterie et ton linge. J'ai ordonné qu on te fit on très-beau senrice de porcelfdne : l'on prendra tes ordres pour qu'il soit très-beau. Napoléon ^ n

Mais , <dans cette demeure pleine de son heureux passé , rimpératrice Joséphine ne pouvait arriver à trouver ce calme, cet aplomb que lui recommandait, parce qu'il le désirait vivement, l'Empereur dans toutes ses lettres. Celui-ci pensait, au contraire, que ces souvenirs étaient des motifs de force, car le passé detait être pour elle une garantie de l'avenir. C'est ce qu'il lui dit affectueusement dans le billet qui suit, où noua trouvons enfin une date, celle du 17 janvier 1S10: (« Mon amie, d'Audenarde, que je t'ai envoyé ce matin, me dit que tu n'as plus de courage depuis que tu es à Malmaison. Ce lieu est cependant tout plein de nos sentiments qui ne peuvent et ne doivent jamais changer, du moins de mon côlé. J'ai bien envie de te voir, mais il faut que je sois sûr que tu es forte et non fiaible. Je le suis aussi un peu , et cela me fait un mal affreux. Adieu, Joséphine; bonne nuit. Si tu doutais de moi, tu serais bien ingrate*, m

Malgré toutes ces amicales démonstrations que TEin^tereur ne cherchait point à cacher et doot Joséphine aimait à se parer, des malintentionnés, ou peut-être des amis trop zélés, avaient propagé le bruit d'un projet formé pour éloigner de France l'ancienne Impératrice , en vue de complaire à la nou-

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velle. Afin défaire taire ces bruits qui la désolaient, Joséphine demanda à TEmpereur Tautorisation de venir résider à TÉlysée/ qui lui avait été assigné comme palais de ville. Napoléon j toujours soigneux de la calmer et de bien prouver à tous quels étaient les sentiments qu'il conservait à sa première femme, 8*empressa de faire disposer ce palais pour la recevoir et y fit porter tous les objets qu elle avait Ijiissés aux Tuileries. Sa correspondance est pleine d'affectueux reproches à ce sujet : il ne comprend pas que l'Impératrice puisse se laisser alarmer par de telles rumeurs. (( Je te saurai avec plaisir à TÉlysée, lui dit-il le 30 janvier, et fort heureux de te voir plus souvent, car tu sais combien je t'aime. » — « J'apprends que tu t'affliges , ajoute-t-il le lendemain , cela n'est pas bien. Tu es sans confiance en moi, et tous les bruits que l'on répand te frappent; ce n'est pas me connaître, Joséphine. Je t'en veux, et si je n'apprends que tu es gaie et contente , j'irai te gronder bien fort. » Trois jours après , autre lettre sur le même thème : ff J'ai dit à Eugène que tu aimais plutôt à écouter les bavards d'une grande ville que ce que je te disais ; qu'il ne faut pas permettre que l'on te fasse des contes en l'air pour t'affliger. J'ai fait transporter . tes effets à rÉIysée. Tu viendras incessamment i Paris; mais sois tranquille et contente , et aie confiance en« tière en moi\ »

L'Impératrice Joséphine vint passer la seconde quin-

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