‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 31 sur 317 · Correspondance de famille · texte numérisé non relu

Correspondance de famille

2. Lettre du 1" novembre (sans date de l'année, mais évidemment de 17S0) à Mme de Renaudin^ rtie Thévenot. (Archives de famille.)

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dans la vie avec toute la naïveté expansive d'une âme qui ne demandait qu'à s'épanouir, et que Ton forçait ains^ à se replier sur elle-même. Au lieu de deviner ces trésors d'affection délicate que renfermait le cœur de Joséphine, son époux, sans justice et sans patience, se laissa aller à de maladroites brusqueries. De telles façons devaient bannir entièrement la con* fiance du sein d'un ménage qui ne l'avait jamais bien connue. Retourné à son régiment et à sa vie de garçon, Alexandre, éloigné de sa femme, lui donnait d'autant plus de torts dans son esprit, que la sagesse conjugale commençait à lui peser. Les habitudes de garnison, vers la seconde année de son mariage, s'emparèrent donc de nouveau de lui, et, de retour à Paris, il se laissa aller sans plus de gène que de scrupules à des galanteries où sa femme, négligée et bientôt jalouse, crut voir des infidélités.

Mme de Renaudin et son frère, ainsi que le marquis de Beauharnais, hésitèrent longtemps à s'immiscer dans ces précoces débats de deux époux dépourvus d'expérience et de mutuelle indulgence; ils intervinrent cependant, mais avec timidité et aussi sans profit.

Mme de Renaudin, sentant le mal empirer, et, dans son déplaisir de voir ce résultat si prompt et si triste de ses combinaisons, craignant encore de l'aggraver par une immixtion trop directe, s'adressa au précepteur du vicomte, pour qui son élève avait conservé de l'amitié, et qui entretenait avec lui une corres- I)ondance suivie, du château de la Rocheguyon , où

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il terminait Téducation des neveux du duc de La Rochefoucauld. Elle le pria, en son nom et en celui du marquis^ d'intervenir auprès d'Alexandre pendant qu'elle agirait sur Tesprit déjà aigri de sa nièce, afin d'essayer de rapprocher ces deux jeunes époux divisés plus encore par des malentendus que par des torts réels. M. Patricol ne négligea rien pour entrer dans les vues des deux familles. Il profita d'une nouvelle visite du vicomte de Beauhamais à la Roch^uyon, et eut avec son ancien élève une explication complète dont il rend compte à Mme de Renaudin dans la lettre suivante, que nous devons reproduire en entier, malgré son étendue, parce qu'elle fait bien connaître le caractère alors bizarre et non encore formé des personnages qui nous occupent, et l'origine vraiment puérile de ces querelles intérieures qui ne firent que s'envenimer et en arrivèrent enfin à un débat judiciaire dont cette pièce nous permettra d'apprécier l'esprit, les motifs et la portée. On ne peut remplacer par aucun équivalent ces appréciations contemporaines, et, l'on va en juger, parfaitement impartiales et désintéressées.

« Madame*, j'aurais eu l'honneur de vous donner plus tôt de mes nouvelles, si j'avais pu avoir une conversation avec M. de Beauhamais sur les querelles domestiques dont vous m'avez fait part le jour de votre départ. Ce moment est enfin venu. Il m'a ouvert son cœur, et j'ai vu avec douleur que les projets qu'il

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