Moniteur dii 22 juin
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président de pourvoir , pendant ce temps , à la sûreté de ses délibérations.
Ce fut un événement bien décisif contre la monarchie que cette fuite avortée du Roi. Elle constata cfue le prince et l'État avaient cessé d'être identifiés l'un à l'autre, et fit naître ou accréditer l'idée que l'on pou • vait se passer de la royauté, et qu'une assemblée souveraine, sortant périodiquement du sein de la nation, suffirait à gouverner la France. C'est ce que répétait au moment même le peuple réuni en foule autour de la salle de l'Assemblée : « Notre roi est là dedans, disait-on, Louis XVI peut aller où il voudra*. »
Mandé par le président pour renseigner l'Assemblée, le général La Fayette, en costume militaire, paraît accompagné du maire .de Paris. « Point d'uniforme ici , s'écrie Camus en se levant avec emportement; nous ne devons point voir d'uniforme dans l'Assemblée! » De longs et \iolents murmures l'empêchent de continuer. Le président, par une simple explication , apaise ce tumulte : « Le mouvement qui vient de se manifester dans l'Assemblée, dit-il, et qui pourrait produire le plus grand malheur, celui de la diviser au moment où elle doit se coaliser contre les ennemis de la chose publique, peut s'expliquer d'une manière très-simple. 11 existe un décret qui interdit à tout individu de délibérer en uniforme; mais il en existe un autre qui a mandé M. de La Fayette dans l'Assemblée. Il est évident qu'au moment
1. Prudliomine, dans V Histoire parlementaiie du la liévolutîoii. par MM. Bûchez et Roux, l. X^ p. 2^1.
DE L'IMPËRATRIGE JOSÉPHINE. 473
OÙ il s'agit de maintenir la tranquillité publique , M. le commandant-général, qui volait aux ordres de rAssemblée, ne pouvait se dépouiller de la décoration militaire indispensable à Texercice de ses fonction8^ »
Le calme ainsi rétabli, La Fayette et Bailly fout connaître ce qu'ils savent du départ du Roi; ils rappellent leurs précautions pour le prévenir, et énumèreut les mesures par eux prises pour maintenir la tranquillité publique qui avait failli être gravement troublée.
Après avoir employé la journée entière dans cette laborieuse présidence , le vicomte de Beauharnais, avec les secrétaires et une partie de ses collègues, se disposa à passer la nuit dans la salle des séances, afin d'être prêts à tout événement, pendant que les comités réunis dans leurs bureaux étaient occupés à rédiger les décrets arrêtés par l'Assemblée.
Mais, dès le surlendemain, dans la séance du matin, le bruit s'étant répandu que le Roi était arrêté, tous les membres de l'Assemblée se hâtèrent de prendre leurs places. « Je viens de recevoir, dit d'un ton solennel M. de Beauharnais, un paquet contenant plusieurs pièces dont il va vous être donné connaissance. Avant d'en commencer la lecture, je supplie l'Assemblée d'écouter en silence et de ne donner aucun signe d'approbation ni de désapprobation*. » Ces paroles donnaient à entendre que la nouvelle élait vraie. En effet, les lettres lues émanaient des autorités de Varennes et faisaient connaître au président