‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 5 sur 317 · CHAPITRE PEEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PEEMIER

Origine de la famille Tascher de La Pagerie. — Sa Translation à la Martinique. — Gouvernement du marquis de Beauharnais. — Sa liaison avec la famille de La Pagerie. — Prise de la Martinique par les Anglais. — Belle conduite de MM. de Tascher. — Naissance et premières années de Joséphine. — Los Trois -llets.

L*impératrice Joséphine est née à la Martinique, le 23 juin 1763, de M. Joseph Tascher de La Pagerie et de Rose-Claire Des Vergers de Sannois, appartenant à deux des familles les plus marquantes de la colonie. Il n'est point hors de propos, en commençant cette histoire, de dire quelques mots de Forigine de celle qui a régné sur une grande partie de l'Europe.

Venus de TOrléanais où, dès le xii* siècle, leur nom est cité avec honneur dans plusieurs documents publics et privés, les Tascher, après avoir, pendant un temps, occupé la seigneurie de Garges, près Paris, qu'ils tenaient de la libéralité de Philippe le Bel, s'établirent plus particulièrement aux environs de Blois, dans la paroisse de Saint-Mandé, où ils possédaient la terre de la Pagerie, dont le nom est resté

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i la bTii}cl)e aîoee 3f li fusille'. rancîeniieCé de cette nuLisoc, k iSe&ut S'ticiki iûâAnqae, est attestée par les jireu-ie? les p]B> cdinplrtes H le* plu authentiques. L'inifierfiiriw JiisiejiLiDe' r/fn a jamais tiré vanité; mais il y inixi:. if la foirt de «mî hklorieD. înciaciJîudr à a w c* fa:: qz: exisse. oMnme léaèrelé à Varasc^er s'i] l'^uq: f^ii>«B«t «taMi'.

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DE L'IMPËRATRIGE JOSÉPHINE. 3

sures que d'honneurs, et mouraient satisfaits quoique méconnus, léguant à leurs fils leur pauvreté fière et respectée et leur exemple toujours suivi.

Mais, si de tels services étaient trop oubliés à la cour, ce dévouement traditionnel et désintéressé pour le pays assurait aux nobles de province une considération locale, une estime qui leur tenait lieu de fortune et de faveur. On le vit bien en 1674, lorsque les périls du royaume ayant nécessité la convocation extraordinaire de l'arrière -ban, François Tascher de La Pagerie, chef alors de sa maison, et simple capitaine dans un régiment de cavalerie, fut choisi, aux applaudissements de tous, pour commander et aller conduire à Turenne, qui défendait la frontière envahie, le corps de noblesse du Blaisois ^ On sait comment, à cette époque critique, le génie de Turenne sauva la France. Sa main glorieuse, au lendemain de la victoire, signa à François de Tascher un certificat constatant que, pendant cette héroïque campagne d'Alsace, celui-ci avait fidèlement servi le roi à la tête de l'escadron de Blois; précieuse attestation de belle conduite et de bonne renommée, et que rehausse encore la fin prématurée de deux frères puînés, morts les armes à la main, Tun devant Turin, et Tautre à Berghes, en Flandre*. *

1. Archives de famille : lettres de nomination faite par le marquis d'Halluye, en vertu d'un pouvoir royal ; lettres de confirmation du maréchal de Créquy. — Registres du conseil supérieur ou souverain de la Martinique conservés au greffe de la cour impériale de Fort de France, année 17^5.

2. L'orignal de c^^tte attestation se trouve dans les archives de la

k HISTOIRE

Le fils de François de Tascher ne paraît pas avoir suivi la carrière des armes. Peut-être les fortes dépenses faites par son père au service, ainsi que le grand état de maison que celui-ci ne cessa de tenir jusqu'à sa mort, lui avaient ôté les moyens d'exercer avec honneur cette profession privilégiée de leur famille. Aussi, de son vivant même, son propre fils aîné, voyant la situation embarrassée de sa maison, se laissa gagner par cet esprit aventureux qui poussait vers les illusions du nouveau monde une partie de la noblesse provinciale, et il se décida à aller retrouver à la Martinique la fortune qui Fabandonnait dans la métropole.

Joseph Tascher de La Pagerie, aïeul de l'impératrice Joséphine, débarqua aux Antilles dans le courant de Tannée 1726. Il arrivait à la Martinique sans fonctions et sans grade, mais pourvu, sans doute, de quelque importante concession territoriale qu'accordait volontiers le gouvernement d'alors. I^ chef de la maison de Tascher alla d abord s'établir à l'est de l'île, dans la riche paroisse de Sainte-Marie. C'est de là que, quatre ans après, en 1730, il adressa au conseil supérieur, qui était la juridiction souve-

maison de Tascher. Il est ainsi conçu : c Le vicomte de Turenne, maréchal général des camps et armées du Roi , certifie à tous qu'il appartiendra que François de Tascher, écuyer, seigneur de La Pagerie, capitaine commandant l'escadron de Tarrière-ban de Blois, a bien et fidèlement servi le roi, en cette qualité pendant la campagne, et le sert encore actuellement dans Tarmée qui est sous noire cx)mmandement en Allemagne. Fait au camp de Dettweiler, ce 8 novembre 1674. Sl^fl^ : TURBIYNE. »

raine de la colonie , une requête ayant pour objet d'obtenir l'enregistrement de ses lettres de noblesse, formalilé à laquelle ne manquaient jamais les gentilshommes qui abordaient aux îles \ Ce n'était point une pure alEaiire de vanité : il y avait des exemptions d'impôt, des prérogatives attachées à la qualité de noble qui donnaient un grand prix à la reconnaissance de ce titre. Aussi, le conseil supérieur de la Martinique, recruté dans les premières familles de la colonie, avait fini par se montrer fort difficile pour les enregistrements sollicités par les nouveaux venus. La requête et les titres de M. Tascher de La Pagerie furent examinés avec soin , et, après deux ajournements causés par la nécessité de demander en France de plus complètes productions, le conseil, le 2 mars 1745, rendit un arrêt conforme à sa demande*. Par les pièces produites on voit qu'il laissait en France un frère et deux sœurs nés d'une seconde femme. Ce frère, Gabriel de Tascher , entra dans les ordres et fut successivement chanoine de Blois, abbé et ensuite vicomte d'Abbeville. Quant aux sœurs, Thérèse et xMadeleine, elles avaient été admises l'une et l'autre à Saint-Cyr, sur un certificat de d'Hozier, pour y recevoir gratuitement l'éducation que l'État donnait, dans cet établissement, aux jeunes filles nobles ^

1. Registres du conseil supérieur de la Martinique, année 1738.

2. Registres du conseil supérieur de la Martinique (à Tannée citée).

3. Les archives de la maison de Tascher possèdent Toriginal de la lettre d'admission délivrée par Louis XV à la cadette de ces deux

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Dd^ et eocnat de TasiÂe IT3#, pribat qu'il éttî: «n uscuw( deva&t te eomaal ^— nnin, IL de Ia FuKTÎe râkt aa Cafi«£, près Saut Pkne, el ft*j nan a^ec 30 de La OknaMfîe. a|i|iuteiiaiit à nnut rîcbe iamilk de Tîje' : de ce iiugR, il eut d'abord, le 5 jaiilei 1735, ci ao Carfart même, on fils appelé comme loi Joseph; ce ftil le pèfe de 11m-

P^ cette alliance, le nouvel amiaiit trooia, dès le débou une bdUe existence, et il se tîi à la lète de

grawi'ttetcs de llaficnaïK. Tc«a occac pécn iijifg de b mil do roi :

c Ao^Kird fa^'. prcmâer ca »:« âe «pce^sce 1*34. U Bcy étant à Tcnailk». bi^re i*$orsê qme ctaoucM MMàdme Tâscfaer de La F'igei'ie a îj naif^ace. l'àfe ei fc» anEr» qcaktcs nN|«ttcs po«r être rviçae dass !a maisDc royale t^ Ss'r:-L3«ts eiabbe à Saiat-Gr, ainsi qu'il est apam par tkres. actes. certificaCs H antres |veo- Te;?. o.-ofxiMtDeBt aux leilres pASeniesdes Œosde ^nin 1686 et mars 1 694 : Si Maj-i^é rai a acccrd<e ^.oe des :ea& cent anquacte places *i^ lalite mais^'O. etij<'i£i:ant à !a scr^fit^re de la receroir sans deiar. lai faire donner ies instmctfos^ coaTettaUe&. ei b Cure jour d^ mêmes avantaces dont joa^ssent les autre» •ieflK4selles, en Tertu do présent breret que Sa Nay^te a pr^r assurance de sa rolonlé. ^îgne de sa main et Hait contresigner par nx>T. conseiller aecréCaire d'Eut et de sts oommandemenu et ùnance^ Si§me UxtB, et pin» bas : PBÉupp&4rx. •

Enfin, pour clore ces détails bérald:qijes. noos mentionnerons on arrêt rendu, le 2 mars 1603. par la Coor oes Aides de Paris, lequel decldre les Tascher t nobles, comme extraits et issos de noble raœ et lignée. » et ordonne que. c comme tels, ils joairoient de l'exemption des tailles et autres privilèges et exemptions attribués aax noble» (lu royaume, eu\ et leur postérité, b (Registres de la Martini* que. année 1745)

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