Vuy. le Moniteur du 22 juio
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un autre choix; c'est le sentiment que je dois à la République d'exposer que je me crois plus propre à servir ma patrie contre la coalition des tyrans, au milieu de mes frères d'armes, que je ne le suis à être ministre au milieu des orages d'une révolution. Trop chaud révolutionnaire pour composer avec les partis ; trop éloigné de tout esprit d'intrigue pour posséder l'art peut*étre nécessaire de se concilier, par sa conduite, des suffrages opposés, je déclare que je ne me crois pas propre à être ministre en ce moment, et que n'ayant pas la confiance d'y pouvoir faire le bien, je respecte trop les intérêts du peuple pour me charger de fonctions qui ont des rapports si multipliés avec son bonheur, et une influence si directe sur sa liberté.
« Je sais que le même décret qui m'appelle au ministère donne à un autre général le commandement de l'armée du Rhin. Mais cette circonstance est nulle à mes yëhx; je servirais sous un autre avec satisfaction, car, avec mes principes, le commandement n'est rien, l'honneur de défendre la patrie est tout; et si mon zèle et mon civisme vous avaient précédemment déterminés à m'appeler, si jeune, au commandement des armées de la République, il ne peut qu'être avantageux à ses succès, qu'une circonsfeince quelconque me mette à même d'acquérir, sous de plus vieux soldats, lexpérience qui me manque.
a Trouvez donc bon qu'en quelque qualité que ce soit je reste à l'armée, et que je préfère à l'exercice éphémère de fonctions au-dessus de mes forces, l'avantage plus certain d'exposer ma vie pour l'indé-
iOG HISTOIRE
pendanc^ de mon pays^ et de me compter avec orgueil . au nombre de tant de braves républicains qui n*ODt pas une goutte de sang qu'ils ne destinent à cimenter la liberté publique et le bonheur de leurs concitoyens. Heureux si, pour prix de mon dévouement, je peux, à la paix, retourner, par le suffrage du peuple, dans le sein des assemblées nationales, et en zélé montagnard y continuer à défendre ses droits qui seront plus longtemps exposés, dans Tintérieur, aux menées de Fintrigue et aux entreprises de Tambition, que menacés, au dehors, par les soldats des rois, que ne peuvent manquer de vaincre les soldats de la liberté.»
Cette lettre, qui est belle malgré les concessions faites au langage du temps, fut lue dans la séance do mercredi 19, et la Convention en ordonna l'insertion dans son bulletin officiel. Sur ce refus du général Beauharnais, TAssemblée ordonna qu'il lui serait présenté une liste de candidats pour qu'elle choisît un autre ministre de la guerre. Mais le lendemain elle rapporta ce décret, et, comme dit Barrère, voulut conserver la machine f en d'autres termes, Bouchotte fut maintenue la tête de son département sous la surveillance et l'impulsion du Comité de salut public.
Mais la désignation de Beauharnais, bien accueillie par la Convention, avait trouvé de l'opposition dans la Commune de Paris. Un nommé Varlet profita de cette occasion pour exprimer le vœu que les nobles fassent renvovés de l'armée, du ministère et des administra* tions publiques; il se plaignit nommément de ce que Beauharnais eiit été nommé ministre de la guerre;
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animant et allant jusqu'au bout, il demanda ^t une adresse à la Convention pour Tinviter ' à décréter qu'aucun noble ne pourrait ^e dans la République ^ » Real cita ce ^ passer à Bâle d'où Ton avait chassé
et les nobles; mais il pensait que cette me* ^ était difficile à suivre en France; il déclara qu'il n'avait pas de confiance dans Beauharnais qui avait été du club des Feuillants : néanmoins il croyait indiscret de faire à ce sujet une pétition à l'Assemblée nationale. La motion de Yarlet fut donc ajournée. Celui-ci demanda qu'au moins le ministre de la guerre fût invité à donner la liste de tous les officiers nobles. Sur l'affirmation précise que cette liste s'imprimait en cet instant, le conseil de la Commune avait passé à Tordre du jour.
Cette discussion du conseil général de la Commune de Paris ne fut reproduite dans le Moniteur qu au bout de quatre jours; le général de Beauharnais n'en put donc avoir connaissance qu'après l'avis qui lui avait été donné de sa nomination au ministère de la guerre et lorsque son refus tout spontané était déjà parti.
Son patriotisme fut révolté de cette dénonciation de la Commune ; d'un autre côté, il comprit le danger pour la discipline de son armée, pour son autorité et la sûreté de sa famille, d'une campagne qui, commençant avec autant de violence contre les anciens nobles,