‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 53 sur 317 · Séance du 22 juillet. (Moniteur du · texte numérisé non relu

Séance du 22 juillet. (Moniteur du

2. Une correspondance neutre (Moniteur du 19 aoôt) constata la videur de ce début , ainsi que l'énergie de la résistance :

« L'attaque que les Français ont faite le 19 , y est-il dit , sur le cordon des armées ennemies à Gleiweiler, à Frankweiler et Burgweiler, a coûté la vie à beaucoup de monde de part et d'autre.... De Bechingac jusqu'à Nusslorff, à Gleiweiler et autres endroits, la terre était jonchée de morts. Le feu de la roousqueterie a duré dans ces environs trois heures entières. Les Hongrois féroces massacraient leurs prisonniers en présence de leurs propres officiers, lorsqu'il n'y avait plus de combat , et les Serassans vengeaient la perte des leurs en tranchant la tête à tous les Français qui tombaient entre leurs mains, n

tout prix il leur fallait arrêter ce mouvement offensif; aussi la lutte avait pris un caractère plus marqué d'acharnement. De son quartier général de Landau , le commandant en chef^ dans une lettre du 23 juillet, rend ainsi compte à TAssemblée de cette bataille de la veille, car cette action mérite ce nom* : « J'annonce avec plaisirà la Convention nationale un nouveau succès. Hier, 22, j'ai fait marcher une partie de l'armée sur trois colonnes, et j'ai fait attaquer les Prussiens retranchés sur les hauteurs de la Chapelle*Sainte- Anne, où ils étaient dans une espèce de fort et d'un accès diQicile par les ouvrages que Tart avait ajoutés à une fortification naturelle. Ces montagnes ont été escaladées et tournées par les hauteurs de la manière la plus étonnante et la plus courageuse. La brigade du 67* régiment, dirigée par le général Meynier, défenseur de Kœnigstein, de concert avec des bataillons d'infanterie légère conduits par le jeune Delmas, d'une valeur distinguée, ont emporté, la baïonnette au bout du fusil, ce poste important, malgré le feu des redoutes. Les ennemis ont ensuite été forcés de village en village au pied des Vosges, par notre inTanterie, tandis que la cavalerie de Tavant-garde, aux ordres de Landremont, repoussait l'ennemi dans la plaine; une division d'infanterie et la cavalerie occupaient pendant ce temps-là les Autrichiens et les Émigrés du côté de la forêt de Bornheim et des hauteurs d'Essengen. De toutes parts le feu a été très-vif

1 Séance du 26 juillet, Moniteur du 27.

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et l'on s'est battu à peu près partout depuis neuf heures du matin jusqu'à plus d'une demi-heure après le coucher du soleil. 11 est résulté de cette journée que nous nous sommes considérablement étendus le long des montagnes, que nous avons fait des prisonniers, emporté plusieurs redoutes et retranchements des ennemis, particulièrement la montagne Sainte- Anne et Weger, quartier général d'un des généraux prussiens; que nous avons forcé les Prussiens à quitter leur position d 'Educkoiïen , et que nous leur avons fait perdre un monde considérable.... Parmi ceux des braves républicains dont l'intelligence et l'activité ont servi brillamment la République dans cette journée , je ne dois laisser ignorer Tadjudant* général Abbatucci, de l'artillerie volante, et le chirurgien Larrey, dont les infatigables soins dans le pansement des blessés ont diminué ce qu'un pareil jour a d'affligeant pour l'humanité. » Pendant ce temps-là , fidèle au plan convenu , Bouchard , à la tête de quarante mille hommes, s'était avancé dans le pays des Deux-Ponts, et avait forcé le général Ëxculi, qui gardait Carlsberg, de faire sa retraite jusqu'à Kayserslaulern.

La lecture du rapport d'Alexandre Beauharnais, faite à la tribune de la Convention, fut fréquemment interrompue par des applaudissements qui s'adressaient à la bravoure de l'armée et à l'énergie de son chef. Chacun voyait dans ces succès le présage assuré de la délivrance de Mayence, et si quelqu'un eût choisi cet instant pour reproduire la motion de retirer

DE LMMPÊRATRICE JOSÊPBINR. 207

au général en chef de Tarmée du Rhin son commandement, à cause de sa qualité de noble , il eût été assurément mal venu.

Mais vain espoir ! Pendant que l'Assemblée se félicitait de cetle dernière victoire remportée par Beauharnais, déjà, depuis trois jours, Mayence avait succombé^ et la résolution déployée par Tarmée du Rhin, les combinaisons réellement habiles de son cher, les succès déjà obtenus devenaient inutiles.

Mme de Beauharnais n'apprit tous ces détails que par les comptes rendus du Moniteur, le général n'ayant pu que lui annoncer ses combats en quelques mots. On pense avec quel intérêt elle suivait alors, dans le journal oFficiel, tous les débats où se trouvaient mêlés le nom et le sort de son mari, et avec quel soin elle recueillait et lui transmettait tous les renseignements qui pouvaient lui être utiles.

Deux jours après, le 28, Barrère, au nom du Comité de salut public, vint apprendre à la Convention qu'une lettre, reçue ce matin même, des commissaires de l'armée de la Moselle, leur avait annoncé la prise de Mayence, qui avait eu lieu le 23, par une infâme capitulai\on\ « Mayence, disaient les deux conmiissaires, s'est rendue au moment où deux armées victorieuses allaient à son secours; encore huit jours tout au plus, et nous entrions dans cette place.... Quel coup de foudre! Mayence a capitulé! Deux armées victorieuses qui marchent pour la secourir, obligées de rélrogra-

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