Moniteur dn 31 juillet
(ler ! » Ils attribuaient ce malheur à CustiDe, à sa conduite avant son départ pour Tarinée du Nord, et ils demandaient son arrestation et sa punition.
L'émotion fut au comble. On avait cru la place sauvée, on fut exaspéré. Les détails manquaient. On savait seulement que la garnison de Mayenee avait obtenu de rentrer en France. Sans discuter, sur la proposition du Comité de salut public, la Convention décréta l'arrestation du général Dubayet et de son état-major, ainsi que celle de Custine, qui venait d'arriver à Paris pour se justifier de la reddition de Condé.
On se figure ce que dut éprouver le cœur du général Beauharnais qui entrevoyait à le toucher, un service national et un fait d'armes de premier ordre. Il comprit que Toffensive n'était plus possible. L'ardeur de son armée allait se ressentir de cette prise de Mayenee qui, d'un autre côté, relevait le moral des ennemis et leur permettait de plus de diriger contre lui, ce qui eut lieu dès le 24, et les forces qu'il avait en tête et leur armée assiégeante devenue disponible. Évidemment c'eût été une grave imprudence que de vouloir affronter ainsi ces deux grandes armées réunies et s'appuyant sur Mayenee rendue.
Beauharnais exécuta son mouvement rétrograde avec ordre, faisant partout bonne contenance, et en quatre jours il atteignit son point de départ sans être entamé. Le 27 juillet, l'armée entière était rentrée dans la forte position qu'elle a\ait occupée avant sa marche du 2, et le quartier général rétabli à Wis-
sembourg, d'où Ton était sorti neuf jours auparavant si plein de patriotisme et d'espoir, (c La retraite, dit le Moniteur, s'est faite dans le meilleur ordre ; on a eu le temps d'enlever des villages abandonnés, chevaux, bestiaux, etc., et l'on en a jeté une grande partie dans Landau, au moyen de quoi cette place se trouve bien approvisionnée. Elle n'est point bloquée, et pendant la retraite l'ennemi s'est présenté devant plusieurs points de la ligne et a constamment été repoussé \ » La prise de Mayence avait ému ; l'émotion fut portée au comble quand on apprit coup sur coup la chute de Valenciennes, attribuée, comme celle de Condé, à la connivence de l'infortuné Custine. Sa responsabilité fut chargée encore de la perte de Mayence, et son arrestation eut immédiatement lieu. Beauharnais, pour sa conduite militaire, ne fut l'objet d'aucun reproche de la part de l'Assemblée ni de la part des sociétés populaires. Dubayet, de son côté, ainsi que Tétatmajor de Mayence, grâce aux explications de Merlin de Thionville et de Rewbel, représentants du peuple près la garnison de cette ville, obtinrent leur réhabilitation et même une ovation dans le sein de l'Assemblée ; celle-ci déclara qu'ils n'avaient cédé qu'à la plus impérieuse nécessité, à la famine et au manque de munitions, et qu'ils avaient, comme la garnison, déployé, ce qui était vrai, pendant toute la durée de ce siège mémorable, un rare héroïsme*.