Moniteur du 9 août
2. Malgré ce jugement porté par la ConyentioD, on a soutenu alors et depuis que Mayence s'était rendue trop tôt. Nous ne parlons point
Ce fut bientôt contre les nobles employés un nouveau soulèvement non-seulement dans les clubs, mais maintenant au seip de la Convention elle-même*. Déjà averti par Yarlet, le général Beauharnais, renseigné exactement par sa femme sur la situation de Paris, comprit que cette explosion contre les anciens nobles allait se produire, et qu'il serait bientôt sans action sur ses soldats, impuissant pour le bien du pays, compromis, accusé peut-être de trahison comme
des allégations peut-être intéressées du commissaire près Tarmée de la Moselle, Montaud, reprochant à ses collègues Merlin de Thionville et Rewbel la reddition de Mayence, et affirmant, à l'appui de soo dire, que la place en capitulant avait pour huit jours de vivres et que la garnison était contraire à la capitulation. {Moniteur du 15 août.) Mais voici ce qu'un écrivain militaire des mieux écoutés a écrit sur ce sujet : c La suite prouva que'celte résolution (celle de rendre la place) était prématurée, et qu'une garnison doit rarement désespérer de sa délivrance. Deux ou trois jours plus tard Mayencc eût été sauvée, et on avait du pain encore pour huit jours; aussi le roi de Prusse ne mit pas de grands obstacles à la négociation. > (Jomioi, dans VHistoire parlementaire de la Révolution française , par Bûchez et Roux, t. XX vif I , p. 473.) Un juge plus compétent encore s'est exprimé en ces termes en parlant de Rewbel : f II avait été membre de la Constituante et de la Convention. Celle-ci le nomma commissaire à Mayencc , où il montra peu de caractère et nul talent militaire : il contribua à la reddition de la place, qui pouvait encore se défendre. » {Mémorial de Sainte-Hélène ^ éd. Barba, t. 1'% p. 127.)
1. Voici comment, dès le 23 juillet, s'était exprimé Hébert au club des Jacobins, qui unit par entraîner l'Assemblée :
c II faut destituer et bannir tous les nobles qui figurent dans ttoi armées, dans la magistrature, partout. Que le peuple le demande, lepiîuple lui-même! qu'il se rende en foule à la Convention, et qu'après avoir exposé leurs attentats, il se borne à demander lenr expol* sion. Qu'il se tienne en permanence jusqu'à ce qu'il l'obtienne. (Tout le monde : Oui, oui, nous iroml) Réunissons-nous tous et crions : « Plus de nobles! les nobles nous assassinent I > (Tousse 1 èvent.) »
DE L'IMPËRATRIGE JOSÉPHINE. 21 i
Custine et tant d'autres qui devaient payer de la vie leur foi en la liberté. Précisément dans le même temps les commissaires de la Convention près de lui retirèrent d'autorité, et malgré sa résistance, 20000 de son armée y pour aller renforcer Tarmée du Nord. Se voyant diminué, froissé, annihilé^ il donna sa démission et chargea les représentants du peuple de la transmettre à la Convention, mais en les priant de le remplacer, dès à présent, dans son commandement. Ceux-ci refusèrent cette démission. Voulant s'engager d*une manière publique et sans réserve, le général annonça à Tarmée sa détermination, dans Tordre du jour suivant, remarquable par de nobles sentiments et des conseils hardis pour le temps , et où il témoignait le désir honorable et bien rare, que nour avons cependant revu de nos jours, de servir en sousordre dans une armée qu'il avait commandée en chef:
« Au quartier général de Wissembourg, le 6 août 1793 •.
(( Après avoir été honoré, par le suffrage de mes concitoyens et le choix des représentants du peuple, des premières fonctions civiles et militaires, j'attachais un grand prix à combattre, à votre tète, les ennemis de notre indépendance et à vous donner l'exemple de cette résolution inviolable de mourir pour la liberté de mon pays. Une circonstance change mon poste. Citoyens, mais ne change rien à mon zèle et à ma résolution.