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DE L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE. 2i5
puissantes qui combattent Tobligeance de leur refus, et je n*y ajouterai qu'une seule considération, c'est que la seule perspective d*une méfiance possible, et dont je serais injustement l'objet, suffit pour affecter mon âme et me faire perdre ce caractère entreprenant souvent si utile à un général et toujours si naturel à qui commande des soldats français. Faites donc droit à ma demande, je vous en conjure , et comptez que rien ne pourra affaiblir ma détermination de servir la République par mon sang, par mes écrits et par mon attachement à la Constitution. »
L'Assemblée ne répondit pas davantage ; on ne statua point et Ton passa à un autre objet. Pas plus que ses commissaires, évidemment, la Convention^ qui avait confiance dans les talents deBeauharnais, ne voulait qu'il se retirât. Mais, quelques jours après, il fut question de lui d'une manière définitive. Au milieu de ses vives préoccupations et des fatigues de ces deux derniers mois, la santé du général s'était trouvée compromise : ne pouvant plus exercer son commandement, il l'avait résigné de lui-même entre les mains de Landremont, le plus ancien officier général de l'armée du Rhin. La démission d'Alexandre Beauharnais fut donc forcément acceptée ; mais on ne voulut pas, comme il l'avait demandé, qu'il restât encore aux armées, et il reçut l'ordre de revenir à Paris.
Vers le 25 août, il se trouva enfin réuni à sa femme et à ses enfants. Alexandre s'empressa de quitter Paris pour aller se réfugier, avec sa famille, à la Ferté-Beauharnais, ne se dissimulant point les dangers qui pou-
vaient menacer sa tète, mais bien décidé à mouriri s'il le fallait^ dans une patrie qu'il ne voulait quitter à aucun prix.
En se retirant dans sa province, où il pouvait espérer échapper à Torage, car il y était universellement considéré, le général Beauharnais n'avait fait que devancer une mesure que la Convention allait prendre contre tous les militaires démissionnaires ou destitués. Le 5 septembre, en effet, sur la nojuvelle de la prise de Toulon, fut rendu un décret qui leur ordmgj^ nait de se retirer sous vingt-quatre heures et à peine de dix ans de fers, dans leur municipalité, «avec interdiction, sous la même peine,, de revenir à Paris et même d'en approcher de dix lieues'. Cette mesure était surtout dirigée contre les officiers nobles. La Convention décréta, en outre, rétablissement d'une armée révolutionnaire à Paris, chargée d'assurer l'exécution de ses décrets. Le 17 septembre elle ordonna enfin
l'arrestation de tous les suspects : « Sont réputés gens
suspects, disait-elle avec un vague effrayant', ceux qui , soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits , se sont montrés partisans de la tyrannie et du fédéralisme, et ennemis de la liberté... ; ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères on sœurs, ou agents d'émigrés qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution. « C'était ravénemenl définitif de la Terreur.