M. Sidney-Daaey, t. V, p
dont ce qu'il voyait n'ét^t sans doute que l'avaiilgarde. « En apprenant que c'était là cette poignée d'hommes qui avait tenu si longtemps contre les nombreux régiments anglais qui n'avaient pas osé livrer un assaut à la forteresse, il en eut honte ^ »
Rocbambeau avec quelques créoles s'embarqua immédiatement pour la France. Le baron de Tascher, ainsi que le plus grand nombre de ses compatriotes, se retirèrent sur leurs habitations, attendant des jours plus heureux '.
On peut se figurer la position de Mme de La Pagerie pendant toute cette période, position rendue plus pénible, nous l'avons dit, par l'ignorance où elle se trouvait du sort de sa fille. Comme depuis deux ans les Anglais étaient maîtres de la mer, les correspon-* dances entre la France et ses colonies étaient devenues fort rares, et Joséphine et sa mère restèrent parfois très-longtemps sans nouvelles l'une de l'autre. C'était une triste condition alors que celle des familles ainsi séparées par l'Océan. Il fdlait écrire bien des lettres pour avoir la chance d'en recevoir une. Presque toujours poursuivis, souvent pris, nos navires ou jetaient à la mer, ou se voyaient enlever par l'ennemi les paquets qu'on leur avait confiés. Comme en écrivant une lettre on ne savait où elle allait, on y mettait peu de confidences et de détails intimes, et ainsi aux prises avec le malheur, on n'avait pas même la consolation de s'épancher et de soulager son cœur.