Collection Didot, l. I*% p
en rentrant avec précipitation. Je me porte bien. Je suis tout à Joséphine, et je n'ai de plaisir ni de bonheur que dans sa société. .. . J'ai perdu ma tabatière; je te prie de m'en choisir une un peu plate, et d'y faire écrire quelque chose de joli dessus avec tes cheveux. Mille baisers aussi brûlants que tu es froide. Amour sans borne et fidélité à toute épreuve. »
Le 19 juillet, toujours du même endroit, nouvelle et délicieuse lettre, pleine d'exquise sensibilité. Sa femme était restée deux jours sans lui répondre ; c'en est assez pour éveiller sa mélancolie, ce II y a deux jours, lui écriMl d'un ton dolent^, que je suis sans lettre de toi. Voilà trente fois aujourd'hui que je me suis fait cette observation ; tu sens que cela est bien triste ; tu ne peux pas douter cependant de la tendre et unique sollicitude que tu m'inspires. » Il lui annonce que, la veille, il a attaqué Mantoue et Ta foudroyée avec deux batteries à boulets rouges et des bombes : a Toute la nuit, dit-il avec compassion et grandeur, cette misérable ville a brûlé. Ce spectacle était horrible et imposant ! » Il ajoute que, ce soir même, il va ouvrir la tranchée. Puis, de ces graves résolutions, venant, selon son habitude et sans transition aux choses de son cœur, il demande amoureusement pardon à sa femme pour une faute qu'il a commise, pour un tort qu'il se reproche à son égard. Voici de quoi il s'agissait; rien de gracieux comme cet aveu de mari aussi délicat que son repentir est