‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 92 sur 317 · Collection Didol, t. !•', p · texte numérisé non relu

Collection Didol, t. !•', p

velle campagne. Il se décida donc à la faire venir à Brescia, où il venait de transporter son quartier général d'attente. Par sa lettre du 22 juillet, il lui écrit de partir dans les premiers jours d'août, et lui indique la route à suivre pour franchir les quatorze lieues qui séparent Brescia de Milan. Il Tengage à prendre pour sa commodité la voiture à la fois de ville et de campagne qu'il a dans cette dernière ville, et à apporter avec elle, car Tabsence peut être longue^ son ai^enterie et une partie des objets qui lui sont nécessaires : a Santé, dit-il, amour et prompte arrivée à Brescia, où le plus tendre des amants t'attend*. » Et comme Joséphine lui avait, de son côté, montré une coquette jalousie, et lui reprochait, sur des bruits venus jusqu'à elle, quelques conquêtes galantes dans la société de Brescia : «c Je suis désespéré, ajoute-t-il, que tu puisses croire, ma bonne amie, que mon cœur puisse s'ouvrir à d'autres qu'à toi ; il t'appartient par droit de conquête, et cette conquête sera solide et éternelle. » Qu'aurait dit ce cœur si épris , et tout à la généreuse fougue de son âge enthousiaste, si on lui avait annoncé alors qu'un jour il sacrifierait à l'impitoyable raison d'État celte femme tant aimée I

Joséphine s'empressa d'accourir au rendez-vous que lui donnait son mari. Mais les instants heureux y furent courts. Bientôt on signala l'arrivée de Wurraser à Marmirolo. Le 28 juillet, Bonaparte quitte

Page 1