Collection Didot, t P', p
heureuse, tu devrais Tétre.... Je suis accablé d'affaires. Adieu, ma douce Joséphine ; aime-moi^ portetoi bien , et pense souvent , souvent à moi. >
Après avoir remis le siège devant Mantoue et assuré les fruits de sa victoire, Bonaparte se rendit de Brescia à Milan , et il put y passer une quinzaine entière avec sa femme , attendant ce que ferait TAutriche après la dispersion et la ruine de sa seconde armée.
Le général en chef s'était logé, nous l'avons dit déjà, au palais Serbelloni, résidence du duc de ce nom, Tun des plus grands seigneurs de Milan, qui avait adopté les idées nouvelles et accueilli les Français comme les libérateurs de Tltalie. Tenu à la réserve afin de ne pas effaroucher les susceptibilités du Directoire, Bonaparte avait refusé le séjour du palais des archiducs d'Autriche pour adopter cette demeure plus modeste, mais somptueuse encore. L'hôtel de la famille Serbelloni était, en efTet, l'un des plus ^eaux de la ville *. Sur ses fortes assises et son rez-de-chaussée en granit rose miroitant au soleil, s*élevait sa façade à la fois élégante et simple. L'intérieur était orné de tout ce que la sculpture et la peinture peuvent jeter de profusion dans une demeure italienne.
Sans qu'il le voulût et même contre ses eCTorts, une fois le vainqueur de l'Italie établi avec sa femme dans ce palais, une sorte de cour ne tarda pas à s'y produire. L'entourage du général en chef était nombreux