Histoire du Consulat et de l'Empire, t. V, p
2. Bonaparte avait ajouté douze départements aux onze dont la Révolution avait enrichi la France, ce qui, en 1804, portait le nombre total à cent neuf.
ardemment , car c’était un nouveau lien avec son époux , une nouvelle garantie contre une répudiation future, qui était le souci de sa vie1. » Mais, par le même motif, ses adversaires employaient toutes leurs armes pour empêcher que cette consécration définitive et extraordinaire lui fût donnée. De ces débats sortit une scène de famille qu’un biographe ne peut ni ne doit omettre , surtout quand elle tient aussi intimement à son sujet, et qu’elle se trouve reproduite par le plus considérable et le plus populaire historien de ce temps, « Napoléon, ajoute M. Thiers, hésitait entre sa tendresse pour sa femme et les secrets pressentiments de sa politique, lorsqu’une scène de famille faillit amener sur-le-champ la perte de l’infortunée Joséphine. Tout le monde s’agitait autour du nouveau monarque, frères, sœurs, alliés. Chacun voulait, dans cette solennité, qui semblait devoir les consacrer tous, un rôle conforme à ses prétentions actuelles et à ses espérances futures. A l'aspect de ces agitations et témoin des instances dont Napoléon était l’objet de la part de Tune de ses sœurs, Joséphine, troublée, dévorée de jalousie, laissa voir des soupçons outrageants pour cette sœur, et pour Napoléon lui-même, soupçons conformes aux atroces calomnies des émigrés. Napoléon fut saisi tout à coup d’une véhémente colère, et, trouvant dans cette colère une force contre son affection, il dit à Joséphine qu’il allait se séparer d’elle; que d’ailleurs il le fau-