Mémoires de Constant, t. II, p
comme Joséphine avait, sans doute, reçu la même commission, elle s’en occupa activement, et de Plombières même, elle chargea plusieurs personnes de confiance, de parcourir la banlieue de Paris, pour y découvrir une terre convenable1. On lui en indiqua deux, Ris et Malmaison. De retour des eaux, elle les vit elle-même, et après avoir hésité quelque temps, elle se décida pour cette dernière qu’elle acheta de M. Lecoulteux de Canteleu, membre du Conseil des Anciens, depuis sénateur, pour une somme de cent soixante mille francs’, payée en partie avec sa dot et en partie avec les fonds du général. Elle y fit quelques premiers travaux nécessaires pour rendre habitables les appartements qui avaient été fort négligés, et elle y passa le reste de l’automne et toute la belle saison suivante, heureuse de pouvoir enfin pleinement satisfaire son goût si vif pour la nature, qui n’avait trouvé qu’une satisfaction médiocre dans son jardin de la rue de la Victoire.
Quoique donnant la préférence à la Malmaison, Mme Bonaparte, pendant celte guerre d’Égypte, passait aussi une partie de son temps à Paris, et continuait à recevoir les personnes de son monde habituel qui n’avaient pas suivi son mari, afin de maintenir cette position sociale qui pouvaitêtre utile à celui-ci. Nous ne créons point à plaisir ce rôle de Joséphine dans la société parisienne du commencement de ce siècle. Avant le départ du général Bonaparte pour l’Orient,