‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 132 sur 232 · Collection Didot, t. I", p · texte numérisé non relu

Collection Didot, t. I", p

Je vais partir sous peu pour Vienne. L’on travaille à conclure la paix. Les Russes sont partis, et fuient loin d’ici; ils s’en retournent en Russie bien battus et fort humiliés. Je désire bien me retrouver près de toi. Adieu, mon amie; mon mal d'yeux est guéri*. » Mais le silence de Joséphine se prolongeant, il lui écrit encore de ce ton plaisamment solennel : « Grande Impératrice, pas une lettre de vous depuis votre départ de Strasbourg ! Vous avez passé à Bade, à Stuttgart, à Munich sans nous écrire un mot : ce n’est pas bien aimable ni bien tendre ! Je suis toujours à Brunn. Les Russes sont partis : j’ai une trêve. Dans peu de jours je verrai ce que je deviendrai. Daignez, du haut de vos grandeurs , vous occuper un peu de vos esclaves. Napoléon'. »

Le 20 décembre, rentré à Schœnbrunn , près de Vienne, l’Empereur eut enfin une lettre de Joséphine, d’une date très-ancienne, lui annonçant son indisposition et sollicitant l’autorisation de se rendre à Vienne, dans le cas où il y prolongerait son séjour : « Je reçois ta lettre du 25, lui répond-il; j’apprends avec peine que tu es souffrante; ce n’est pas là une bonne disposition pour faire cent lieues dans cette saison. Je ne sais ce que je ferai : je dépends des événements; je n’ai pas de volonté; j’attends tout de leur issue. Reste à Munich , amuse-toi : cela n’est pas difficile lorsqu’on a tant de personnes aussi aimables, et dans un si beau pays. Je suis, moi, assez occupé.

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