‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 143 sur 232 · Mémoire» du Prince Eugène, l. Il, p · texte numérisé non relu

Mémoire» du Prince Eugène, l. Il, p

la tendresse d’une fille. Ménagez-vous dans votre voyage, ainsi que dans le nouveau climat où vous arrivez, en prenant tout le repos convenable. Vous avez éprouvé bien du mouvement depuis un mois; songez bien que je ne veux pas que vous soyez malade. Je finis, ma fille, en vous donnant ma bénédiction paternelle. »

« 5 février. — Ma fille, j’ai appris avec plaisir que vous êtes arrivée en Italie, et assez bien portante pour pouvoir faire encore le voyage de Venise; mais ce qui m'a été tout à fait sensible, c’est de voir dans votre lettre les assurances du bonheur dont vous jouissez. Je prends un intérêt bien grand à toute votre vie; vous en êtes persuadée, et je ne me suis point trompé en espérant que vous seriez heureuse avec Eugène. Croyez bien que si je n’avais pas eu cette opinion , j’aurais, dès le moment que je vous ai connue , sacrifié mon intérêt politique à vos convenances. Votre lettre, ma bonne et aimable Auguste, est pleine de ces sentiments délicats qui vous sont propres. J’ai ordonné qu’on vous arrangeât une petite bibliothèque. Perfectionnez votre éducation en lisant beaucoup de bons livres, afin d’être tout à fait parfaite. J’espère que l’Impératrice vous envoie des modes, et que vous me direz aussi ce que je puis vous envoyer qui vous assure que je m’occupe de vous et de tout ce qui peut être agréable à vous et à Eugène. Je finis, ma fille, en vous recommandant mes peuples et mes soldats : que votre bourse soit toujours ouverte aux femmes et

aux enfants de ces derniers. Vous ne pouvez rien faire qui aille plus à mon cœur. »

« 10 avril. — Ma fille, je vous envoie mon portrait, comme une preuve de mon estime et de mon amitié. J’ai reçu votre dernière lettre. J’ai écouté avec grand plaisir tout le bien qu’on me dit de vous. J’imagine que vous avez reçu votre corbeille; je vous ai envoyé en même temps une bibliothèque. Dites à Eugène combien je l’aime, et combien je suis aise d’apprendre que vous êtes réciproquement heureux. »

« 24 août. — Ma fille, j’ai lu avec plaisir votre lettre du 10 août. Je vous remercie de tout ce que vous me dites d’aimable. Vous avez raison de compter entièrement sur tous mes sentiments. Ménagez-vous bien dans votre état actuel, et tâchez de ne pas nous donner une fille. Je vous dirai la recette pour cela, mais vous n’y croirez pas : c’est de boire tous les jours un peu de vin pur. Enfin, toutes les affaires du continent s’arrangent, et j’espère vous envoyer avant peu de jours des instructions pour votre voyage avec Eugène, qu’il faut faire bien lentement pour ne pas vous fatiguer. L’Impératrice m’a remis la lettre que vous lui avez écrite pour votre grand’mère '. J’ai donné les ordres les plus positifs, et j’espère qu’à l’heure qu’il est elle sera satisfaite. ...Votre affectionné père. »

En même temps, dans sa correspondance politique avec le vice-roi , Napoléon ne cessait de donner à

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