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celui-ci des preuves de son amitié et de sa confiance de plus en plus marquées, ce qui ne l’empêche pas de se livrer parfois, vis-à-vis de lui, à quelques-unes de ces vivacités comme il en éprouvait lorsque l’exécution de ses ordres n’était pas aussi prompte et aussi complète que son impatience l’eût désiré. Eugène accepte les reproches que son inexpérience peut mériter encore, mais, malgré son respect et sa tendresse filiale, il proteste avec une fermeté calme contre ceux qu’il croit injustes. « Sire, répond-il à l’Empereur à la date du 21 février je ne puis le dissimuler à Votre Majesté, depuis quelque temps il m’est impossible de ne pas apercevoir, dans les dépêches dont vous m’honorez, que Votre Majesté n’est pas contente de moi. Je n’ai pas la prétention, sans doute, d’être exempt de reproches; mais que Votre Majesté me permette de lui dire qu elle m’en adresse souvent que je ne mérite pas : je serais bien malheureux, Sire, si je ne me confiais pas, pour l’avenir, dans votre justice et votre tendresse. »
Ce sentiment de dignité est loin de déplaire à Napoléon qui, tout en rendant quelquefois, dans ces débuts, le vice-roi responsable des faits de ses subordonnés, n’a cependant point l’intention de l’affliger : « Vous voudrez bien permettre, lui répond-il paternellement, que je vous écrive de ce style sans vous fâcher \ » A quinze jours de là, en effet, mieux renseigné sur les efforts personnels et sur les actes