‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 148 sur 232 · Collection Didot, 1. 1", p · texte numérisé non relu

Collection Didot, 1. 1", p

ment conjugal qui précède : « Je vois avec satisfaction que mes sentiments te font plaisir. Tu as tort de penser qu’ils puissent être flattés; je t'ai parlé de toi comme je te vois...; sois contente, heureuse de mon amitié, de tout ce que tu m’inspires. 1 »

Mais cet éloignement prolongé allait procurer à l’Impératrice Joséphine, la première sérieuse attaque de jalousie qu’elle eût éprouvée. Elle y était assez encline par son caractère et l’âge qui s’annonçait. Ces dispositions naturelles furent bientôt accrues par les rapports qui lui venaient de l’armée où, sans que l’Empereur s’en doutât, elle savait exercer sa surveillance féminine, et surtout par les propos, à coup sûr indiscrets , peut-être méchants, de quelques dames de son entourage. Dans l’état d’agitation où elle se trouve, la distance et la saison ne lui paraissent pas des obstacles; elle demande avec instance à l’Empereur l’autorisation de le joindre à Varsovie. Celui-ci a l’air d’y consentir, mais afin de la guérir de cette maladie qui commence, il la persifle dans ces lignes d’une malice gracieuse et légère, bien imprévues sous cette plume qui vient d’écrire le bulletin d'iéna et qui va tracer celui d’Eylau : * « Je reçois ta lettre du 26 novembre, j’y vois deux choses : lu me dis que je ne lis pas tes lettres ; cela est mal pensé. Je te sais mauvais gré d’une si mauvaise opinion. Tu me dis que ce pourrait être par quelque rêve de la nuit, et tu ajoutes que lu n’es pas

1 Collection Didot, t. I*', p. 200 et 204. Lettres des 16 et 22 novembre.

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