‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 159 sur 232 · Collection Didot, l. II · texte numérisé non relu

Collection Didot, l. II

un projet depuis quatre ans caressé. Sa peine fut vive d’abord, mais il en contint l’expression pour donner à l’Impératrice et à sa belle-sœur le courage dont elles avaient besoin. Dans le cours de la même semaine il écrivit à Joséphine cinq lettres de consolation dont nous détachons les passages suivants : « Je conçois tout le chagrin que doit te causer la mort de ce pauvre Napoléon ; tu peux comprendre la peine que j’éprouve. Je voudrais être près de toi, pour que tu fusses modérée et sage dans ta douleur. Tu as eu le bonheur de ne jamais perdre d’enfants; mais c’est une des conditions et des peines attachées à notre misère humaine. Que j’apprenne que tu aa été raisonnable, et que tu te portes bien. Voudrais-tu accroître ma peine? — Je reçois ta lettre du 6 mai; j’y vois déjà le mal que tu éprouves, et je crains que tu ne sois pas raisonnable, et que tu ne t’affliges trop du malheur qui nous est arrivé. — La douleur a des bornes qu’il ne faut pas passer. Conserve-toi pour ton ami et crois à tous mes sentiments. — Je reçois ta lettre de Lacken. Je vois avec peine que ta douleur est encore entière, et qu’Hortense n’est pas encore arrivée : elle n’est pas raisonnable, et ne mérite pas qu’on l’aime, puisqu’elle n’aimait que ses enfants. Tâche de te calmer, et ne me fais point de peine. A tout mal sans remède il faut trouver des consolations *. »

Le 1 6 mai, la reine Hortense arriva au château de

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