‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 165 sur 232 · Collection Didot , t. II, p · texte numérisé non relu

Collection Didot , t. II, p

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time de Napoléon, par ces trois derniers billets dans lesquels il fait connaître à l’Impératrice Joséphine l’issue des conférences, et lui annonce enfin son retour si ardemment souhaité.

« 3 juillet. — Mon amie, M. de Turenne te donnera tous les détails de ce qui se passe ici ; tout va fort bien. Je crois t’avoir dit que l’empereur de Russie porte ta santé avec beaucoup d’amabilité. Il dîne, ainsi que le roi de Prusse, tous les jours chez moi. Je désire que tu sois contente. Adieu, mon amie ; mille choses aimables.

« 7 juillet. — Mon amie, la reine de Prusse a dîné hier avec moi. J’ai eu à me défendre de ce quelle voulait m’obliger à faire encore quelques concessions à son mari; mais j’ai été galant, et me suis tenu à ma politique. Elle est fort aimable. J’irai te donner des détails qu’il me serait impossible de te donner sans être bien long. Quand tu liras cette lettre, la paix avec la Prusse et la Russie sera conclue, et Jérôme reconnu roi de Westphalie, avec trois millions de population. Ces nouvelles pour toi seule. Adieu, mon amie; je t’aime et veux te savoir contente et gaie.

« 1 8 juillet. — Mon amie, je suis arrivé hier à cinq heures du soir à Dresde, fort bien portant, quoique je sois resté cent heures en voiture, sans sortir. Je suis ici chez le roi de Saxe, dont je suis fort content. Je suis donc rapproché de toi de plus de moitié du chemin. Il se peut qu’une de ces belles nuits, je tombe à Saint-Cloud comme un jaloux; je t’en préviens.

3!)2 HISTOIRE DE l/lMPÉRATRICE JOSÉPHINE.

Adieu, mon amie ; j’aurai grand plaisir à te voir. Tout à toi. Napoléon '. »

Trois jours après, l’Empereur se mettait en route pour Paris où il arriva le 28 juillet au soir au milieu des transports de la population. On se figure la joie de l’Impératrice après ces dix mois de lointaine et si pénible absence. Napoléon lui revenait avec la même tendresse qu au jour de son départ. Mais on sent qu’il appartient maintenant à sa grandeur, à sa destinée (ce mot menaçant, il l’a écrit plus d’une fois). Si son style n’est plus celui du Premier Consul, encore moins du général d’Italie, il a été soigneux, exact, attentionné, affectueux même malgré son laconisme, dans cette correspondance qui , au milieu de ses plus grandes préoccupations, semble autant pour lui un plaisir qu’un devoir. Les sentiments que l'Empereur au retour manifesta à Joséphine, et qu’il éprouvait sincèrement, on doit le dire, guérirent promptement celle-ci de ses craintes, et la rendirent à toute sa sécurité.

1 Collection Didot , t. I", p. 344-350.

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