Mémoires sur l'Impératrice, par Mlle Ducrest, p
Nous reproduisons avec d'autant plus de confiance ces paroles attribuées à Napoléon, que l’auteur des Mémoires sur Joséphine a pu les recueillir soit de la bouche de Mme de Genlis, à la fois sa tante et la nièce de Mme de Montesson , soit de la bouche de celte dernière qui avait pris soin de son enfance.
tous fatigués, les rapprochements furent fréquents et faciles. Du côté de la révolution, Bonaparte rencontrait dans ses ministres, dans tout le personnel de sou gouvernement, de précieux et adroits auxiliaires. Du côté des partisans de la royauté, il avait moins d'aboutissants ; mais il trouvait tout près de lui un intermédiaire naturel, qui lui fut alors d'une réelle utilité. « La circonstance de mon mariage avec Mme de Beauharnais, disait l'Empereur à son confident de Sainte-Hélène, m’a mis en point de contact avec tout un parti qui m’était nécessaire pour concourir à mon système de fusion, un des principes les plus grands de mon administration, et qui la caractérisera spécialement. Sans ma femme, je n’aurais jamais pu avoir avec ce parti aucun rapport naturel*. « L’ex-vicomtesse de Beauharnais était, en effet, dans la meilleure situation pour coopérer à la politique do réconciliation et de restauration sociale du Premier Consul.
Appartenant à une ancienne famille noble, femme d’un gentilhomme bien apparentée! remarquable par son esprit et les agréments de sa personne, Joséphine, de 1780 à 1788, avait vécu dans le monde le plus relevé; ainsi elle avait vu les dernières aimées de cette société française qui, jusqu’à sa chute, représenta en Europe l’esprit, l’élégance et la distinction, et, de bonne heure, elle en avait pris le§ manières et le goût. Avant 1789, le salon de la jeune