Culleclion Üidul, t. Il, p. 70 et
vue d’Erfurth. Les nouvelles qui venaient de l'armce étajent bien propres à éveiller ses craintes de toute sorte. La tentative de l’étudiant Staaps l’avait effrayée pour la conservation de son époux ; les réflexions que ce crime avorté faisait naître en Allemagne et en France l’alarmaient sur sa propre situation. En effet, là-bas comme ici on s’inquiétait, d’une manière plus sérieuse que jamais, du sort de l’Empire, si un boulet ennemi ou le poignard d'un assassin venaient à faire disparaître son fondateur. On reparlait donc de divorce. Le plus grand nombre disait qu’un héritier issu de Napoléon lui-même pouvait seul , en cas de malheur , ce malheur fût-il prochain et l’héritier encore enfant, rallier toutes les volontés et faire taire toutes les ambitions. Quelques-uns , uniquement préoccupés des nécessités actuelles d’une monarchie militaire , jetaient en avant le nom de Murat; d’autres, plus nombreux, pensaient à Eugène , grandi par sa dernière victoire. Napoléon était au courant de ces préoccupations , qui l’obsédaient lui-même. Il examina froidement toutes ces éventualités et ces combinaisons dynastiques , et , sous l'impression des discussions de famille , dont il avait trop souvent été témoin pendant ces dix années écoulées , il se persuada qu’en dehors d’un héritier direct, sa succession serait fatalement disputée et divisée comme celle d’Alexandre. L’Autriche , sans doute, profitant habilement de ces dispositions , jeta alors en avant quelque proposition matrimoniale. On n’en a pas la preuve , mais on le
442 HISTOIRE DE L’IMPÉRATRICE JOSÉPHINE, croit ; et Napoléon, alors, assuré, en cas d’un nouveau mariage, d’une alliance, soit avec la Russie, qui avait déjà fait ses offres, soit avec l’Autriche, deux grands empires , se décida en même temps au divorce et à la paix.
La paix signée, l’Empereur se rendit à Munich le 21 octobre, et de là il adressa à Joséphine ces trois seules lignes , courte préface de leur nouvelle destinée : « Mon amie , je pars dans une heure. Je serai arrivé à Fontainebleau du 26 au 27 ; tu peux t’y rendre avec quelques dames. Napoléon*. »