Histoire du Consulat et de l'Empire, t. XI, p
DE L’IMPÉRATRICE JOSÉPHINE. <it>3
succès. L’Impératrice Joséphine se vit obligée de paraître à ces fêtes de cour, le sourire sur les lèvres , tout en ayant la mort dans le cœur. L’Empereur continuait, aux Tuileries, ce système de froideur, de sécheresse blessante qu’il s’était imposé, pendant que les courtisans, avec ce merveilleux instinct qui leur révèle le déclin de la puissance, commençaient à faire le vide autour de celle qu’ils obsédaient naguère. Aussi Napoléon avait bâte de mettre fin à une situation douloureuse pour lui , cruelle pour la femme qu’il aimait toujours, car il s’en apercevait surtout au moment où il allait la sacrifier. Il fit donc expédier par le télégraphe, au prince Eugène, un nouvel ordre de se rendre à Paris sur-le-champ, sans lui rien dire de l’objet pour lequel il le mandait. Il arrêta avec l’archichancelier la forme de son divorce : « II montra , raconte M. Thiers d’après Cambacérès luimême', la résolution où il était d’entourer cet acte des formes les plus affectueuses, les plus honorables pour Joséphine. Il ne voulait rien de ce qui pouvait ressembler à une répudiation , et n’admettait qu’une simple dissolution du lien conjugal, fondée sur le consentement mutuel, consentement fondé lui-même sur l’intérêt de l’Empire. Il fut convenu qu’après un conseil de famille , dans lequel l’archichancelier recevrait l'expression de la volonté des deux époux, un sénatus-consulte , rendu par le Sénat, en forme solennelle, prononcerait la dissolution du lien civil, et