Souvenir», t. 1", p
touchés de cette solennité de famille, et l’on vit des larmes même dans les yeux de plus d’un membre de la famille de l’Empereur.
Celui-ci passa une partie de la soirée avec Joséphine, l’entourant de tendresse et de consolations, s’occupant de son avenir, lui donnant d’afîectueux conseils, et allant au-devant de tous ses désirs. « Sa douleur était profonde, et cet homme, que les événements les plus graves n’avaient pu arrêter, ni émouvoir unjnstant, fléchit le genou devant cette excellente femme et répandit des larmes abondantes'. »
Le lendemain avait été fixé pour la séparation des deux époux. L’Impératrice devait quitter les Tuileries pour la Malmaison, et Napoléon s’était proposé d’aller passer quelques jours à Trianon, dans une retraite devenue nécessaire à l’état de son cœur. Celui qui ne le quitta pas dans cette pénible matinée, raconte avec une émouvante simplicité, les circonstances déchirantes de cette séparation : « Quand on vint avertir l’Empereur que ses voitures étaient prêtes, il prit son chapeau et me dit : « Menneval, venez avec « moi. « Je le suivis par le petit escalier tournant qui, de son cabinet, communiquait avec l’appartement de l'Impératrice. Cette princesse était seule et paraissait livrée aux plus douloureuses réflexions. Au bruit que nous fîmes en entrant, elle se leva vivement et se jeta en sanglotant au cou de l’Empereur, qui la serra contre sa poitrine, en l’embrassant à
1. MM. de Menneval, t. I", p. 338-342, et do La Valfetle, t. Il, p. 46.