‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 193 sur 232 · H1ST01KK · texte numérisé non relu

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plusieurs reprises. Mais, dans l’excès de son émotion, elle s’était évanouie. Je m’empressai de sonner pour appeler du secours. L’Empereur, voulant éviter le renouvellement du spectacle d’une douleur qu’il n’était pas en son pouvoir de calmer, déposa l’Impératrice dans mes bras dès qu’il vit qu’elle commençait à reprendre ses esprits, me recommanda de ne pas la quitter, et se retira rapidement par les salons du rez-de-chaussée, à la porte desquels sa voiture l’attendait. Joséphine s’aperçut aussitôt de. la disparition de l’Empereur; ses plaintes et ses sanglots redoublèrent. Ses femmes, qui étaient entrées, la déposèrent sur un canapé, où elles lui donnèrent les premiers soins. Dans son trouble, elle m’avait pris les mains, en me recommandant vivement de dire à l’Empereur ne de pas l’oublier, et de l’assurer d’un attachement qui survivrait à tout événement. Elle me lit promettre de lui donner de scs nouvelles à mon arrivée à Trianon, et de veiller à ce qu’il lui écrivît. Elle avait de la peine à me laisser partir, comme si mon éloignement allait rompre le dernier lien par lequel elle tenait encore à l'Empereur. Je la quittai, ému d’une douleur si vraie et d’un attachement si sincère; j’en fus profondément attristé pendant toute ma route, et je ne pouvais m’empêcher de déplorer les rigoureuses exigences de la politique qui brisaient violemment les liens d’une affection éprouvée, pour imposer une autre union, n’offrant que des chances incertaines. Arrivé à Trianon, je rendis compte à l’Empereur de ce qui s’était passé après son départ, et je m’acquil-

lai dos commissions dont j’étais chargé. 11 était encore sous l’impression des scènes de la journée. Il s’étendit sur les qualités de Joséphine et sur la sincérité des sentiments quelle lui portait; il la regardait comme une amie dévouée ; il a toujours, en effet, conservé d’elle un souvenir affectueux1.... »

La reine Hortense et le prince Eugène entrèrent chez leur mère, quelques instants après le départ de l'Empereur. Leurs soins tendres et ingénieux finirent par lui rendre le calme dont elle avait besoin pour recevoir les adieux des personnes de sa cour, qui, depuis le matin, attendaient dans son salon. En les voyant, l’Impératrice Joséphine éprouva encore un accès de sensibilité, mais calmé par la pensée que la plupart de celles qui avaient ambitionné d’ètre auprès d’elle aux jours de sa puissance, tenaient à honneur de partager sa nouvelle fortune et demandaient à faire partie de la cour de la Malmaison. A deux heures elle monta en voiture avec sa fille, le prince Eugène devant se rendre en qualité d’archichancelier d’État au Sénat où on allait régler la situation de sa mère, et, accompagnée d’une honorable suite choisie dans sa maison et dans celle de l’Empereur, accueillie au dehors par les démonstrations les plus affectueuses et les mieux méritées, elle quitta pour n’y rentrer jamais, Ce palais des Tuileries où elle n’avait trouvé qu’un bonheur disputé, et où elle laissait une couronne quelle ne regrettait point et un époux

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