‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 2 sur 232 · Mémoires de S. Girardin. Ibid · texte numérisé non relu

Mémoires de S. Girardin. Ibid

Diqitized

HISTÜIHt

grecques, l’attention de l'ambassadeur de Turquie, avec lequel il parcourait le bal*.

11 fut moins gracieux et moins galant pour une femme déjà célèbre non par sa beauté mais par son esprit. Depuis le retour du général Bonaparte, Mme de Staël, partageant l’universelle admiration, accrue chez elle d’une exaltation poétique qui ne la quittait jamais, et d’un penchant très-décidé poui son héros, cherchait à nouer avec lui, a dit plus lard Napoléon*, une liaison que celui-ci refusait avec autant d’empressement qu’elle lui était offerte. Dans l’hôtel de l’ambassadeur de Suède, son mari, la fille de l’honnête mais impuissant ministre de Louis XVI, avait organisé une influente coterie, presque un parti, dont Benjamin Constant était le coryphée , qui faisait des ministres, témoin M. de Talleyrand, et, plus par caprice qu’au nom de principes bien arrêtés, tantôt accordait et tantôt refusait son appui au gouvernement. La conquête du populaire général eût été pour le salon de Mme de Staël une belle victoire.

En se rendant au bal du ministre des Relations extérieures, elle s’était évidemment promis de se trouver sur le passage du héros qui la fuyait, et d’y provoquer avec lui un de ces entretiens d’apparat où elle avait la douce habitude de dominer. Mais le général Bonaparte refusa de se prêter à un dialogue public qui allait peu à ses goûts comme à sa politique de simplicité, et, dès les premiers mots , par

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