‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 200 sur 232 · Mémoires, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. IV, p

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n’a jamais nui à personne dans le temps de sa puissance; ses ennemis mêmes en ont été protégés; il n’y a presque pas eu un jour de sa vie où elle n'ait demandé quelque grâce pour quelqu’un que souvent elle ne connaissait pas, mais qu’elle savait mériter son intérêt; elle a établi un grand nombre de familles, et, dans ses dernières années , elle était entourée d’une peuplade d’enfants dont les mères avaient été mariées et dotées par ses bontés. La méchanceté lui reprochait un peu de prodigalité dans ses dépenses : faut-il l’en blâmer ? On n’a pas mis le même soin à compter les éducations qu’elle payait pour des enfants de parents indigents ; on n’a point parlé des aumônes qu’elle faisait porter à domicile. Toute sa journée se dépensait à s’occuper des autres, et fort peu d’elle. Tout le monde la regretta pour l’Empereur, parce qu’on savait qu’elle ne lui disait jamais que du bien de presque tout ce qui le servait. Elle fut même utile à M. Fouché, qui avait voulu, en quelque sorte, se rendre l’instrument de son divorce un an plus tôt. »

M. de Meneval, à son tour, s’exprime en ces termes : « Joséphine avait en elle un attrait irrésistible; elle n’était pas régulièrement belle , mais elle avait la grâce plus belle encore que la beauté, selon notre bon La Fontaine. Elle avait le mol abandon, les mouvements souples et élégants et la gracieuse négligence des créoles. Son humeur était toujours égale ; elle était douce et bonne, affable et indulgente avec tout le monde sans acception de personnes. Elle n’avait ni

un esprit supérieur, ni beaucoup d’instruction, mais son exquise politesse, son grand usage du monde et de la cour, et de leurs innocents artifices, lui faisaient toujours trouvera commandement ce qu’il y avait de mieux à faire ou à dire. L’Empereur l’avait beaucoup aimée, et conservait pour elle uu sentiment d'affection qu’avaient fortifié l’habitude et ses attachantes qualités; on eût dit qu’elle était née pour le rôle que lui avait imposé l’élévation du rang où elle était montée avec lui. Associée à sa fortune, elle l’avait secondé par l’ascendant de sa douceur et de sa bonté; elle avait épousé sa gloire autant que sa personne. Quoique entièrement, étrangère à la politique et aux affaires du gouvernement, elle avait concilié à Napoléon, autant qu’il était en son pouvoir, la faveur des partis. Elle aimait le luxe et la dépense, plus peut-être que n’aurait dû le permettre son humeur bienfaisante; car elle était souvent, à cause de cela, dans l’impuissance de la satisfaire, quoique, dans plusieurs circonstances, Napoléon eût généreusement réparé les suites de sa trop grande facilité.... L’Impératrice Josépluue mettait dans sa manière d'obliger ou de reconnaître un service, un charme et une délicatesse qui lui gagnaient les cœurs1.... »

Il faut clore ces citations par quelques passages des souvenirs de Sainte-Ilélène, qui, en complétant ceux que nous avons reproduits déjà, fourniront en même temps quelques traits de la physionomie de

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