‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 219 sur 232 · Mémoires du général Monlholon, t. Il, p · texte numérisé non relu

Mémoires du général Monlholon, t. Il, p

L’Impératrice Joséphine était décidée à ne pas quitter la Malmaison tant qu’il lui serait possible d’y rester. Ainsi à proximité de Paris elle pouvait mieux, soit par sa fille, soit par ses amis, savoir ce qui se passait, et elle était avide de tous les détails qui concernaient l’Empereur. Celui-ci devait nécessairement lui donner lui-même de ses nouvelles; malheureusement nous n’avons aucune lettre de cette dernière époque. Quant à la reine Hortense, elle ne passait jamais deux jours sans se rendre à la Malmaison pour reconforter sa mère, et la tenir au courant de ce qui se faisait et se disait aux Tuileries, et des nouvelles de l’armée qui parvenaient à Marie-Louise à qui Napoléon avait donné la régence pendant son absence, et au roi Joseph, qui dirigeait le gouvernement.

Le 28 mars, on apprit que l’armée ennemie n’était plus qu’à cinq lieues de Paris. Le trouble régnait dans la ville ; on voyait chez plusieurs des apprêts de départ. Mais le peuple avait confiance dans le génie de l’Empereur, et il s’attendait d’un moment à l’autre à être délivré. C’était la pensée de la reine Hortense qui attribuait à quelque combinaison militaire cet éloignegnementde Napoléon qui effrayait. « Sans doute, répétait-elle autour d’elle et mandait-elle le 26 mars à sa' mère, ce sont des manœuvres de l’Empereur que nous ne pouvons connaître ; il n’est pas homme à se laisser surprendre; il viendra au moment où on l’attendra le moins, sauver sa capitale. Le tout est de ne pas s’effrayer, et je pense qu’on aura l’énergie nécessaire

à la circonstance', » Elle se rendit ce jour-là aux Tuileries pour conjurer l’Impératrice-régente de ne pas quitter Paris. Mais , dans la soirée , un conseil extraordinaire, auquel assistèrent la Régente, les frères de l’Empereur, les dignitaires de l’Empire et les ministres, décida, après avoir reconnu que Paris était dans l'impossibilité de se défendre, que Marie-Louise, le roi de Rome et le gouvernement se retireraient à Blois pour se conformer aux ordres éventuels de Napoléon, trop préoccupé du péril de voir sa femme et son fils tomber au pouvoir de l’ennemi. Rentrée chez elle à une heure du matin, la reine envoya un courrier à sa mère afin de lui faire connaître ce qui avait été décidé, et l’engager à quitter immédiatement la Malmaison, pour se rendre au château de Navarre où elle serait plus en sûreté \

Le lendemain de bonne heure tout se tint prêt pour le départ, pendant que le roi Joseph allait s’assurer hors barrière où l’armée ennemie et les corps des maréchaux Mortier et Marmont, aidés d’une partie de la garde nationale se trouvaient aux prises, si, en effet, l’impossibilité de résister plus longtemps était évidente. Mais Marie-Louise, pressée par son entourage, se mit en route avant d’avoir reçu de son beau-frère le dernier mot convenu* Au moment de monter en voiture, le roi de Rome refusait de sortir du palais: «Je ne veux pas quitter ma maison, répétait-il, je neveux pas

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