CHAPITRE III
l.es Tuileries. — La Mal maison.
lx“ logement de Mme Bonaparte au palais des Tuileries était, avons-nous dit, situé à l’entresol, ou plutôt au rez-de-chaussée qui est élevé de quelques marches au-dessus du niveau du jardin. On y entrait par l’escalier du pavillon de Flore. Voici la description que fait un écrivain contemporain de cet appartement de famille du Premier Consul, déjà décoré avec goût, mais sans aucun luxe encore : « Le grand salon de réception était tendu en quinze-seize jaune. Les meubles meublants étaient en gourgouran , les franges en soie, et les bois en acajou. Il n’y avait d’or nulle part; les autres pièces n’avaient pas plus de richesse dans leur décoration ; tout était frais et élégant, mais voilà tout. Au reste, les appartements de Mme Bonaparte n’étaient destinés que pour les réunions particulières et les visites qu’elle rece-
vait le matin; les grandes réceptions avaient lieu en haut'1. »
Au début, il n’y eut aux Tuileries ni chambellans, ni préfets, c’est-à-dire, pas d’étiquette et presque point de cérémonial. Un conseiller d’État, ancien ministre de l’intérieur, M. Bénezech, avait l'administration de ce palais, dont les aides de camp, et surtout Duroc, étaient chargés de faire les honneurs. Tous les quinze jours, le Premier Consul recevait les membres du corps diplomatique ; le 2 de chaque décade, les sénateurs et les généraux; le 4, les membres du corps législatif; le G, les tribuns et le tribunal de cassation. Les quintidis, à midi, il passait, sur la place du Carrousel, la revue des troupes qui traversaient Paris pour se reudre aux armées*. Toute la gloire de la France venait ainsi défiler sous les yeux de Paris et de sou populaire Consul. Chaque décade avaient lieu dans la gale-