M. Lenoir. ttueil, etc., p
a enlevés. On y admirait encore une remarquable suite de bronzes anciens et une collection de vases peints trouvés dans les ruines d’Herculanum et de Pompéi, ainsi que dix petits' tableaux sur ciment, spécimen unique de l’art grec, représentant les neuf Muses et Apollon Musagète. Ces précieux objets, offerts en Italie à Mme Bonaparte par le roi de Naples qui connaissait son goût pour les arts, se trouvent aujourd’hui au musée du Louvre'. L’expédition du général Bonaparte avait mis à la mode les antiquités égyptiennes; Joséphine en put facilement réunir un grand nombre des plus curieuses qui figuraient aussi dans sa collection. M. Denon l’avait surtout aidée en cela , et Mme Bonaparte recourait souvent à sa science pour l’explication d’objets alors si peu connus. Toutefois, son maître assidu en ces matières, était M. Lenoir, qu’elle nomma conservateur de son musée privé, mais à titre purement honorifique, car elle ne put jamais lui faire accepter aucun traitement.
Dès les premiers temps du Consulat, la Malmaison avait reçu une adjonction, un embellissement capital qui lui donna une véritable supériorité même sur les anciennes résidences princières; nous voulons parler de la grande serre chaude destinée à procurer à Joséphine le climat et les plantes du pays natal. La Serre et la Galerie furent bien ses créations propres, attestant sa double passion pour les arts et pour les fleurs. Napoléon la laissa là ordonner et disposer à sa guise.
1. Ils onl élé décrits dans le lo yai/e de Naples, de l'abbé deSainl- Non. (Lenoir, ibid.)
Cette serre fut construite par M. Thibaut , de l’Institut, sur les plus vastes proportions, afin de pouvoir contenir les arbustes de la plus grande dimension. C’était en France une nouveauté, car le Jardin des Plantes n’offrait encore rien de pareil. Pour le système de chauffage et d’entretien, on prit modèle sur les magnifiques établissements de Scbœnbrilnn et de Kiew. Mais, unissant sou goût de femme élégante à son amour pour les fleurs belles et rares, Joséphine eut l’idée de faire disposer, vers le milieu de la serre, un véritable salon qui n’en était séparé que par une espèce de portique ouvert que soutenaient deux riches colonnes de marbre, brèche violette de douze pieds de hauteur, avec base et chapiteaux dorés'. De ce salon décoré de gracieuses peintures, on jouissait, en toute saison, de la vue et de l’odeur des fleurs qui s’élevaient vis-à-vis eu immense amphithéâtre. On regrettait toutefois que, conformément à l’usage, la serre eût été élevée à quelque distance du château : placé à l’intérieur, ce salon embaumé en eût été, surtout pendant l’hiver, la pièce la plus ravissante et la plus fréquentée. Malgré l’éloignement , Joséphine ne manquait jamais de venir y passer une heure ou deux chaque jour.
Mme Bonaparte exerça aussi sa libre influence dans toute l’étendue du parc de la Malmaison. On avait déjà fait quelques essais pour y réaliser un de ces jardins à la mode d’Angleterre, préconisés par Delille dans son poëme, et qui cherchaient à prendre la