‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 68 sur 232 · Mme Üucrest, p · texte numérisé non relu

Mme Üucrest, p

nières; il lui était resté de plus un regard toujours vif et un très-beau teint qui lui donnaient une physionomie animée et relativement jeune encore. « Par la noblesse de son maintien (ajoute sa nièce1 2), la pureté de son langage , l’aménité de son caractère, elle savait donner à sa conversation toute la liberté et la vivacité qui en font le charme, en l’empêchant de dégénérer en discussions fâcheuses , dans un temps si voisin de l’anarchie. Les gens de lettres et les artistes recevaient avec empressement son approbation qui entraînait presque toujours celle de la société ; ils trouvaient chez elle des protecteurs et des amis. »

Ce n’est pas de ce ton qu’en parle une autre nièce, Mme la comtesse de Genlis : « Elle était en tout, dit celle-ci, d’une ignorance absolue; je ne crois pas qu’elle eût jamais lu deux pages d’un bon livre; elle ne lisait même pas de romans*. » Et à l’appui de ce dire peu révérencieux, elle raconte que sa tante plaçait Constantinople sur la mer Baltique, et que s’étant mis dans la tête de composer des vers, ils s’étaient trouvés si dépourvus de mesure et si remplis d'hiatus, qu’elle-même eut beaucoup de peine à les redresser. Mais il ne faut pas lire longtemps Mme de Genlis pour se convaincre que chez elle le pédantisme est au moins au niveau du talent. L’ignorance totale dont elle gratifie sa tante sert à faire ressortir l’instruction

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