Souvenirs de M. le baron de Menneval, t. I", p
2. C’est ainsi qu’on appela dès lors les réunions officielle.-; au* Tuileries.
qui se présentait au milieu de cette brillante assemblée. Les ambassadeurs le connaissaient déjà; mais les femmes l’apercevaient pour la première fois. Elles se levèrent spontanément et avec un mouvement de curiosité très-prononcé. Il fit le tour de l’appartement, suivi des ambassadeurs des diverses puissances, qui se succédaient l’un à l’autre, et nommaient les dames de leurs pays respectifs *. »
C’est dans l'une de ces réunions d’apparat, qui se renouvelèrent souvent, que fut reçu avec une si haute distinction, l’illustre Fox, attiré comme tant d’autres par la grande renommée de Honaparte, et vivement désireux de le connaître de près1. Entouré de son auréole, le Premier Consul était sûr de captiver ceux qu’amenait en France cette curiosité admirative; mais il fallait à Joséphine , pour triompher d’une sorte d’épreuve publique, tout son tact de femme du monde et son esprit de société. Cette aristocratie étrangère et féminine la reconnut pour une des siennes, et elle obtint un succès complet dans ces cercles presque européens, donnant ainsi à la fois satisfaction à l’amour-propre et à la politique de son éjpoux.
L’état de maison du Premier Consul devenant de jour en jour plus considérable, et la Malmaison ne se trouvant plus en proportion avec les besoins d’une grande représentation, le château de Saint-Cloud fut assigné au chef de l’État pour résidence d’été. Lorsque les travaux nécessaires de réparation eurent été