‹ Histoire de l'imprimerieChapitre 12 sur 43 · TOME II. 1S · texte numérisé non relu

TOME II. 1S

renseignements sans importance que nous fournissent à ce sujet les différents auteurs nul traité une partie aussi intéressante (|iic celle de l'histoire de la littérature citez les Grecs nous feraient présumer que ce peuple frivole, si ingrat envers la plupart de ses grands hommes, abandonna à ses voisins le soin de réunir, pour les transmettre à la postérité, les ouvrages de ses enfants.

Cependant, de nos jours, les Grecs schématiques possèdent un grand nombre de bibliothèques : une entre autres sur le mont Athos. Ces bibliothèques se composent en majeure partie de manuscrits, et renferment très-peu de livres imprimés. On y a déjà fait d'importantes découvertes, et on en ferait probablement de nouvelles, si les possesseurs de ces richesses en étaient moins avares et permettaient qu'on les explorât.

Les Romains, au contraire, aimèrent passionnément les livres. Outre les bibliothèques étrangères , fruit de leurs conquêtes, telles que celle de Versée, roi de Macédoine, cl celle d'Aristote, transportées toutes deux à Home, l'une par Paul Emile et l'autre par Sylla, on voyait chez eus des bibliothèques sacrées qui contenaient les livres relatifs à la religion et qui étaient sous la garde des augures et des pontifes.

Certains patriciens possédaient aussi (les bibliothèques admirables. Avec quel plaisir ne lit-on pas, dans la correspondance de Cicéron et de son ami Alticus, le détail des soins qu'ils donnaient aux leurs? Elles faisaient leur consolation, elles étaient leur refuge dans les jours de trouble et d'anarchie. Cicéron dit qu'il préférait la sienne aux trésors de Crésus.

Ou remarquait encore la bibliothèque de Luculius cl celle

de Jules César, confiée aux soins de Marcus Vai ron, qui luimême en avait une magnilique.

Postérieu rement enfla on vit s'élever plusieurs bibliothèques publiques à Rome; la plupart étaient conservées dans les temples.

Asinius Pollion fut le fondateur de celle <[iii était placée, suivant Ovide, dans un temple de la Liberté.

Auguste en établit une, autre près du temple d'Apollon, situé sur le mont Palatin, l'ne troisième fut créée par Vespasien dans le voisinage immédiat du temple de la Paix.

Mais la plus remarquable de toutes fut celle qu'on appelait la bibliothèque Ulpienue, du nom d'Ulpius que portait Trajan, son fondateur.

Pour réparer les perles que des incendies avaient fait éprouver aux bibliothèques de Rome et des provinces, Doniitien lit recueillir des livres de toutes parts, notamment à Alexandrie , où il envoya des copistes pour transcrire et eollationuer un grand nombre d'ouvrages.

Rome, au iv* siècle, renfermait, suivant la description de Publias Victor, vingt-neuf bibliothèques publiques, dont les deux pins importantes étaient la bibliothèque Palatine et la bibliothèque Ulpienne.

Bientôt des bordes de barbares ayant envahi l'empire romain, détruisirent ces établissements, et l'on n'en retrouve plus guère, pendant toute la durée du moyeu âge, que dans les communautés religieuses où les moines s'occupaient de la transcription des livres. La bibliothèque du Mont-Cassin , en Calabre, fut une des plus célèbres; les philologues et les bibliographes modernes y ont souvent l'ait des recherches fructueuses.

Lorsque les souverains pontifes furent devenus paisibles

possesseurs de Home, ils s'appliquèrent à loi restituer l'ancien éclat qu'elle avait perdu. Nicolas V peut être regardé comme le fondateur de la bibliothèque du Vatican , vers liSO. Elle n'était alors composée que de manuscrits; mais elle ne tarda pas à s'enrichir des produits de l'art typographique, introduit à Kome dès 14G5. Dévastée quand l'armée de Charles-Quint pilla cette ville en 1527, elle se releva cependant de ses ruines, et le pape Sixte-Quint lit même construire au Vatican le bel édifice où elle est actuellement. Elle contenait, parmi ses manuscrits précieux, une copie de Téreiice faite sous le règne et par l'ordre d'Alexandre Sévère. Quoique moins considérable que beaucoup d'autres, cette bibliothèque est encore bien riche aujourd'hui en manuscrits antiques et en livres imprimés dans toutes sortes de langues, grâce surtout à la célèbre imprimerie Vaticane ou de la Propagande, qui possède une des plus nombreuses collections de caractères typographiques.

Outre la bibliothèque du Vatican, il y a encore à Kome celles du palais Farnèse, de Sainte-Marie in ara cœli, de Casanale ou de la Minerve, de la Sapience, etc.

Indépendamment des bibliothèques monastiques, il en existait au moyen âge quelques-unes fort remarquables, fondées par des souverains, surtout en Orient où le siège de l'empire avait été transporté, et où les sciences et les lettres fleurirent longtemps encore après qu'elles eurent presque disparu dans l'Occident.

11 faut mettre au premier rang de ces bibliothèques celle que Constantin le Grand établit à Constantinople vers l'an 330, et qui fut augmentée considérablement par les soins de Théodose le jeune.

Elle contenait cent mille volumes; c'est là que fut déposée

la copte authentique des actes du concile de Nieée. Léon l'Isauricn, fauteur de l'hérésie des Iconoclastes, lit brûler plus de la moitié des livres que renfermait cet établissement. Entre antres ouvrages précieux qui devinrent la proie des flammes, on regrette les œuvres d'Homère écrites, dit-on, en lettres d'or.

L'empereur Constantin PorphyrogéDCte fonda, pendant le xi* siècle, une nouvelle bibliothèque publique dans la même ville. Elle fut respectée par Mahomet 11, lorsque ce prince s'empara de Constantinople en 1 132 ; mais Amuralh IV, un de ses successeurs, animé d'une haine implacable conlre les chrétiens, la détruisit.

Tour entretenir de manuscrits la première bibliothèque de Constantinople, les empereurs d'Orient avaient des copistes à leurs gages. Le Code Théodosien en compte sept soumis aux ordres du bibliothécaire principal ; en 730, le nombre en était de douze. En Occident, Charlemagne, dans le courant du viii" siècle, créa aussi plusieurs bibliothèques, dont une, celle de Saint-Gail en Suisse, jouit encore d'une grande renommée. La bibliothèque d'Aix-la-Chapelle dont il fut également le fondateur, et qui était bien plus considérable que la précédente, n'eut qu'une courte existence ; il la fit vendre avant sa mort au profit des pauvres.

A la même époque, les Maures qui avaient envahi l'Espagne, où ils se maintinrent pendant longtemps, y fondèrent aussi des bibliothèques: Al-Hakem II, roi de Cordoue, en possédait une magnifique.

Il existe aujourd'hui en Europe un grand nombre de bibliothèques publiques et particulières, que l'invention de l'imprimerie a puissamment contribué a enrichir on à former.

Ces établissements s'accroissent continuellement soit par

îles acquisitions ou par des dons, soit par les dispositions législatives que la plupart des Etats européens ont adoptées, et d'après lesquelles un exemplaire de chaque ouvrage qui s'y imprime doit être déposé dans la principale bibliothèque du pays.

La recherche des anciens manuscrits n'en est pas moins restée très-active; on les regarde toujours comme des monuments précieux sous le rapport de la paléographie, de l'ornementation, etc. ; ils peuvent, ils doivent même toujours servir à la confrontation des textes.

La plus ancienne bibliothèque d'Angleterre est celle de l'université d'Oxford , nommée bibliothèque lîodléien ne. Elle a eu pour premier fondateur Richard de Bury (1), évêque de burliam et grand chancelier d'Angleterre en 133i, qui lui donna tous les livres qu'il possédait. Eu 1-440, Humphrey, duc de Glocester, lui légua (iÛO volumes; enfin, en 1597, agrandie, dotée et enrichie d'une grande quantité de livres, tant imprimés que manuscrits, par sir Thomas Bodley, elle prit le nom de bibliothèque BadUieme. Elle possède maintenant 300,000 volumes imprimés et 25,000 manuscrits.

Le British Muséum de Londres, qu'on peut regarder comme la bibliothèque royale d'Angleterre, lut fondé en l"fS3 et ne contenait guère, alors, que 40,000 volumes. 11 y a quelques années on y comptait déjà 30,000 manuscrits et 200,000 volumes imprimés, mais te nombre en est peut-être doublé aujourd'hui.

L'accès des bibliothèques, si facile en France, en Italie et en Allemagne, présentait beaucoup de difficultés en Angleterre.

fi) Pcnilnnl un vojBgc qu'il Dl à Paris, il fui émcrvcill* .le* rirtu-ws.

D'après les anciens statuts tic la bibliothèque bodléicnnc, les bacheliers ès lettres, par exemple, ne pouvaient demander en communication (jue des ouvrages relatifs à leur faculté, tels que des dictionnaires ou des grammaires ; la lecture des livres de médecine et de jurisprudence leur était interdite.

Les élèves des universités étaient tenus de prêter, sur l'Evangile et entre les mains du bibliothécaire, un serment par lequel ils s'engageaient à ne point maculer, déformer ni lacérer les livres, à n'y faire aucun pli, aucune rature, aucune annotation, etc. Les infractions pouvaient être punies de l'amende cl de la prison.

Ces règlements et ces formalités, s'ils ne sont pas abrogés, sont sans doute tombés en désuétude.

Il y a en Italie un grand nombre de bibliothèques, dont nous ne mentionnerons que les plus remarquables.

La bibliothèque de Saint-Marc à Venise, qui se vante d'avoir l'original de l'Evangile de son saint patron, fut d'abord formée avec les manuscrits dont Pétrarque lit présent à la république, en 1370. Dans le xvB siècle, le cardinal Bessarion lui donna une nombreuse collection de livres ; maintenant elle renferme près de 100,000 volumes imprimés et 5,000 manuscrits.

La bibliothèque Brera à Milan contient plus de livres imprimés que la bibliothèque Ambrosicnne; mais celle-ci, fondée par le cardinal Frédéric Borroméc, archevêque de cette ville, est plus riche en manuscrits; elle en possède une collection connue sous le nom de Çodke attantico, dont l'auteur est Léonard de Vinci. Un roi d'Angleterre en offrit en vain J,000 pistoles : la ville de Milan refusa de lui céder le volume, par un motif qui honore autant la ville que le grand artiste : < Léonard de Vinci est tout entier dans ce livre, fut-il répondu au roi d'Angleterre; il s'est légué lui-même à la ville de

Milan, et la ville de Milan se déshonorerait en renonçant pour un prix quelconque à un tel héritage. ■

La bibliothèque Amhrosienne renferme aussi des manuscrits fort anciens, parmi lesquels se trouvent plusieurs palimpsestes, c'est-à-dire des parchemins qui ont servi deux fois et dont l'écriture actuelle est tracée par-dessus une écriture plus ancienne et à moitié grattée. C'est en les examinant que l'abbé Angelo Mai , depuis cardinal , reconnut dans cette écriture primitive quelques fragments d'ouvrages inédits de Cicéron qu'il publia en 181 i. Plus tard il mit au jour des fragments de la République de Cicéron qu'il avait découverts à Rome dans les palimpsestes de la bibliothèque du Vatican.

A Florence, la bibliothèque Laureniienne, fondée par le pape Léon X, lils de Laurent de Médicis, dit le Magnilique, et la bibliothèque Magliabccchi sont très-renommées.

Pise se glorifie d'une très-belle bibliothèque qu'on dit avoir été enrichie de 8,000 volumes par Aide Manuce, qui en mourant les légua à l'académie de cette ville.

Nous avons déjà parlé des bibliothèques que renferme la ville de Rome.

En Espagne, la bibliothèque de l'Escurial , établie au couvent de Saint-Laurent, dans la Vicille-Castillc, renfermait 130,000 volumes imprimés et 5,000 manuscrits, dont 3,000 arabes; mais elle éprouva de grandes perles en 1671 dans un incendie causé par la foudre.

La bibliothèque royale de Madrid contient 200,000 volumes. Le bibliothécaire, M. Patino, homme de zèle et d'intelligence, en a rédigé le catalogue. C'est à ses soins qu'est du aussi le dépôt, dans une des salles de la bibliothèque, des archives de don Louis de Salazarde-Castro, qui gisaient oubliées dans l'ancien couvent de Montserrat.

La plus ancienne des grandes bibliothèques d'Allemagne est ta bibliothèque impériale de Vienne, fondée en 1440, où l'on compte plus de 300,000 volumes imprimés el de nombreux manuscrits hébraïques, grecs, arabes, turcs, latins.

La bibliothèque royale de Munich, dont la fondation remonte au commencement du xvi» siècle, contient 600,000 volumes imprimés; 12,000 datent des premiers temps de l'imprimerie.

Celle de Berlin a 400,000 volumes ; celle de Dresde (Saxe) en a 300,000 ; elle possède un calendrier mexicain écrit sur peau humaine.

Les bibliothèques de Gœttinguc (Hanovre), de Stuttgard (Wurtemberg), de Wolfenbuttel , sont aussi très-considérables.

La bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, au commencement de 1833, possédait 203,047 volumes imprimés et 14,632 manuscrits. Dans le courant de cette même année, l'empereur y tit ajouter 7,728 livres de la bibliothèque du Pulawy, 13 carions de manuscrits de l'ancienne société des Amis des sciences de Varsovie, et 499 caisses de la bibliothèque de la même ville, renfennant 150,000 volumes d'ouvrages classiques dans presque tomes les langues vivantes. l'ar achats et pardons particuliers, la bibliothèque impériale s'augmenta, dans la même année 1833, de 1,019 livres et de 12 manuscrits (1). Les acquisitions successives l'ont portée depuis au nombre de 440,000 volumes,

La bibliothèque royale de Copenhague est très-riche; elle possède 460,000 volumes imprimés et 20,000 manuscrits.

Il existe encore beaucoup d'autres bibliothèques importantes

(I) Journal Oe Sttint-I'rtcr*l>oitrg , T> mai 185»

on Europe : celles Je Saules, île Bruxelles, de Lmivain, de La Haye ; d'Upsal en Suède, qui conserve le précieux manuscrit des Evangiles d'I'Iphilas; de Prague eu Bohême, etc.

La Turquie a aussi des bibliothèques : celle qu'on désigne sous le nom de bibliothèque du Sérail fut établie au commencement du xvi" siècle par le suit.™ Sclim Ier (1) ; mais elle n'est pas considérable.

Sans ]iarler d'un grand nombre de bibliothèques particulières résultant de legs pieux faits anciennement aux mosquées, où elles restent enfouies sans profit pour la science et pour l'élude, Conslantinoplc compte a présent quarante bibliothèques publiques (Kitab-Kkane), généralement placées dans les mosquées impériales, dont elles sont considérées comme des dépendances nécessaires. Une des plus importantes est celle de Sainte-Sophie.

Quelques-unes cependant, érigées dans les différents quartiers de la ville par des vizirs, des muftis ou de riches particuliers, sont indépendantes des mosquées et consacrées par leurs fondateurs à l'usage du public. Mais les étrangers pénètrent diflicileinent dans ces divers établissements.

La collection des livres manuscrits destinés au grand seigneur forme aujourd'hui deux bibliothèques considérables dans l'intérieur du sérail. L'une fut fondée par Ahmed III (-2); l'autre doit son existence à Houstapha III qui l'éleva à côté de la mosquée Boslaniljiler-Djeamissy, dont il est également le

morl, de se servir de livre* imprimes. Il y en a cependant aujourd'hui dans

(1) Ahmed 111 an loris» , en \'~2~, l'éiiihli. sèment d'une imprimerie turi|iie ii ConsURlînople, Cl leva [es prohibitions portées par BCs prédécesseurs rentre l'ai l typographique..

- lui -

fondateur. Ce prince composa celle nouvelle bibliothèque de tous les ouvrages qu'avaient recueillis Mahmoud 1" el Usinait III, et de tous ceux qu'il avait acquis lui-même pendant son règne. Ces deux bibliothèques, qui renferment plus de 15,000 volumes, s'augmentent tous les jours soit des présents de ce genre que font au monarque les grands de l'Etat, soil des conliscations exercées sur les biens des officiers publics dont le mobilier renferme presque toujours un certain nombre de livres.

Quoique l'imprimerie soit maintenant assez active à Conslanlinoplc, la transcription el le commerce des manuscrits y occupent encore beaucoup de monde, parce qu'il y a différentes sortes d'ouvrages, entre autres ceux qui traitent de la religion, qu'il n'est pas permis de livrer aux presses.

Le gouvernement turc s'occupe, dit-on, de créera Conslantinople une vaste bibliothèque publique qui se composerait des principaux manuscrits actuellement disséminés dans une multitude de bibliothèques de province, et d'une collection des plus importants ouvrages scientifiques qui ont été publiés dans les pays d'Europe. Celte bibliothèque deviendra une ressource précieuse pour les recherches des orientalistes de tous les pays, qui y trouveront des livres jusqu'à présent inaccessibles pour eux, et dont même ils ignorent l'existence.

Les Arabes d'aujourd'hui ne sont point versés dans les lettres, et pourtant vers le \e siècle aucun peuple ne les cultivait avec plus de succès. Alman/or, un de leurs princes, fonda plusieurs écoles et bibliothèques publiques à Maroc. Celle de Fez, principalement, contient 32,000 volumes, parmi lesquels se trouvent, assure-t-on , toutes les Décades de Tite-Livc et d'autres ouvrages de l'antiquité ipd ne

sont pas venus jusqu'à nous, il csl permis d'en douter.

Les empereurs de la Chine, où, de temps immémorial, l'impression tabellairc a multiplié les livres, possèdent des bibliothèques considérables. Suivant M. Sirr, voyageur anglais, la bibliothèque de l'empereur actuel (Taouk Wang) renferme deux millions et demi de volumes.

Aux Etats-Unis d'Amérique, le nombre des bibliothèques, en 1849, s'élevait à 482 et celui des volumes à t, 294,000. Ces nombres ont toujours augmenté depuis cette époque ; chaque société académique, chaque institution scolaire a sa bibliothèque, mais aucune n'est considérable.

Le célèbre Benjamin Franklin peut être regardé comme le. promoteur de ces établissements dans sa patrie. En 4731, il provoqua une souscription pour fonder à Philadelphie une bibliothèque, o qui fut, dit-il, la mère de toutes celles qui existent dans l'Amérique septentrionale et qui sont aujourd'hui si nombreuses. »

Cette bibliothèque, qui contient maintenant 32,000 volumes, renferme une précieuse collection d'anciens journaux, notamment le Mercure hebdomadaire de Bradford depuis 4719, et la Gazette de Pensylvmie de Franklin depuis 172$. — La bibliothèque Loganienne, ainsi appelée du nom de James Logart, son fondateur, est annexée à celle de Philadelphie et contient 10,000 volumes. Elle possède de curieux manuscrits et un certain nombre de livres qui datent de l'origine de l'imprimerie, entre autres un exemplaire de la Légende dorée, imprimé en 1483 par Caxton, le plus ancien typographe de l'Angle lerre.

On peut emprunter à ces bibliothèques des livres pour les lire chez soi, mais en déposant une somme d'argent comme garantie et en pavant une rétribution.

Il nous resUî a parler des bibliothèques de la France, et nous regardons comme un devoir de raconter avec plus d'étendue l'histoire de ces établissements qui ont tant contribue à propager l'instruction, qui ont fourni de si grands secours a tous les genres d'études et qui ont placé notre patrie au premier rang des nations civilisées.

Notre bibliothèque nationale est sans contredit ia plus riche, la plus précieuse qui existe dans le monde; aucune autre ne peut lui être comparée ni pour le nombre des livres, ni dans son ensemble pour les monuments bibliographiques. Elle renferme aujourd'hui plus de 900,000 volumes imprimés et 100,000 manuscrite (1); elle possède en outre, 1,200,000 estampes, 40,000 caries, 100,000 médailles et objets d'antiquités,

La munificence des souverains, les dons que lui ont faits d'illustres personnages ou de généreux bibliophiles, des acquisitions importantes, le dépôt légal, voilà les sources de ses richesses.

Depuis Charlcmagne, plusieurs rois de France eurent des bibliothèques dans leurs palais; mais elles ne subsistaient que pendant la vie de ces princes, qui en disposaient par testament en faveur de monastères ou de particuliers ; leurs successeurs n'héritaient guère que des livres a l'usage de la rhapelle royale. Ainsi, en 1235, saint Louis ayant fait copier mi grand nombre de manuscrits des Saintes Écritures et des ouvrages des Pères de l'Église, plaça ces livres an trésor île la Sainte-Chapelle du Palais à Paris, où les hommes lettrés

(I) La l>i li lio Ultime royale se compost de 910 ïoliimcs sous Charles V ; (le l.SDO sous François I", P| ,le le.Tlfi sun* Loui* XIII. En IlitU, elle possédait 50,5*3 volume*; pu 1773, prfs fie ir.n.noo, el environ 300,000 en 1790.

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