tome II. I
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pouvaient les consulter ; mais ;ï sa mort il lus partagea entre les cordeliers, les jacobins (dominicains) cl l'abbaye de Roy.nimoiii , cl celte bibliothèque se trouva presque totalement dispersée.
Le roi Jean, qui régna de 1380 a 1364, n'avait plus qu'une vinglaine de volumes. Mais Charles V, son fils, en eut jusqu'à 910, qu'il lit placer dans une des tours du Louvre, appelée, pour cette raison, la leur de la Librairie. On possède encore l'inventaire de ces 910 volumes, nombre considérable, si l'on se reporte à l'époque {1373Ï où fui créée cette collection que la France perdit, ainsi qu'on l'a déjà remarqué, par suite des calamités qu'elle éprouva au commencement du règne de Charles VU.
Durant l'occupation anglaise, le duc de Bcdfort, qui commandait Paris, emporta la bibliothèque du Louvre rn Angleterre. Mais Louis XI ci Charles V||j s'appliquèrent awr beaucoup de sollicitude a la reconstituer. Sous Louis Ml clic fut transférée à Blois, et à Fontainebleau sous François I". qui créa, en faveur de Guillaume Budé, la charge de maître île la librairie du roi, c'est-à-dire de bibliothécaire en chef
Enfin, en 1398, Henri IV rétablit la bibliothèque royales Paris, au collège de Germon t, où elle s'augmenta de la bibliothèque de Catherine de Médicis. Ce collège, d'où les jésuites avaient élé expulsés, leur ayant élé rendu après leur retour en France, la bibliothèque fut placée, en 160*, couvent des conleliers, puis, sous Louis XIII, dans nue grande maison rue de la Harpe, appartenant aussi à ces religieux. Lu des ministres de Louis XIV, Colhci't, la i'1 transporter, en 1666, dans deux maisons de la rue Vivien'"qui étaient sa propriété. On y réunit, l'année suivante, k cabinet îles estampes el des médailles, jusqu'alors au Louvre.
Pendant la minorité de Louis XV, le régent voulait placer la bibliothèque dans la grande galerie du Louvre; mais ce projet fut dérangé par l'arrivée do l'infante d'Espagne, qui devait occuper ce palais.
Apres la chute du système de Law, l'hôtel de Nevers, rue de Richelieu, où le célèbre banquier avait tenu ses bureaux, fut affecté, par lettres patentes de 1724, au service de la bibliothèque. C'est dans ce même local qu'elle est encore aujourd'hui. Les savants, les gens de lettres, les personnes studieuses y entraient facilement; mais elle ne fut régulièrement ouverte au public qu'en 1737.
En 1842, on a fait placer dans deux grandes armoires vitrées, disposées dans In salle dite des Pyramides, plusieurs monuments d'un grand intérêt pour l'histoire de la typographie. Dans une de ces montres, on voit une édition de l* Apocalypse de saint Jean, sans date; une planche et une épreuve d'un Donat xylographique, l'Arsmoriendi, sans date; la Bible de Jean Gutenbcrg, inventeur de l'imprimerie, en caractères mobiles, Maycncc, 1450-1153; les fragments d'un calendrier de 1451, découvert en 1804 dans les archives de Maycncc; un Psautier, publié à Maycncc, la veille de l'Assomption de l'année 1437, par Jean Fust et Pierre Scliœffer, élèves de Gafenberg; le dernier feuillet de la Bible latine, imprimée, dit-on, à Bamberg, vers 1460, rubrique en 1461 par Albert Pfister, élève de Gutenberg ; le livre de saint Jean Chiysoslùme sur le psaume 50, Cologne, 140(1, par l'h ic Zell, élève de Gutenbcrg; un Laclance, imprimé en 1405 au monastère de Stibiaco, dans la campagne de Home, par Conrad Sweynhcym et Arnold Pannarte, imprimeurs inaycncais qui portèrent l'art typographique en Italie; Cieeronis Epistola famitiares, 1469, par Jean de Spire, premier imprimeur de Venise;
le premier livre imprimé à Paria, 1470, par Michel Fribuiger, L'iric Gcring et Martin Cranlz; la Légende des saints, par Barlhcleini Buyer, premier imprimeur Ue Lyon, i477; le premier livre imprimé en Hollande, 1473; le Virgile imprimé en Angleterre, 1*90, par William Caxton; la Somme de saint Thomas, Valence, 4477; la Rhétorique de Cicéron, en lettres romaines; la Chronique de saint Denis, 1493, présentée à Charles VIII ; la première édition grecque des œuvres d'Aristole, publiée par les Aide, Venise, 1495-1497; enfin des Robert Etienne, des Simon de Colinos, des Gryphe, des Cramoisy, le Télémaque de Didot, 1793; des Elsevier, des Clan tin, etc.
Malheureusement, les richesses amassées à la bibliothèque, quoique encore très-considérables, ont été bien diminuées par le défaut de surveillance. Le nombre d'ouvrages, de manuscrits précieux qui y ont été dérobés est considérable.
Il a été prouvé que des hommes passionnés pour ces raretés poudreuses, pour ces souvenirs de nos premiers et illustres écrivains, sont devenus parfois de véritables recéleurs, et ont fait, par amour excessif de la science, ce que d'autres faisaient par une honteuse spéculation. Des procès fameux cl à peine terminés, des brochures irès-cu rieuses ont révélé sur ces faits si graves des détails, dos chiffres que non* n'avons pas à rappeler ici. Ce sont, par exemple, les 10,000 autographes dont l'enlèvement a été avoué, et parmi lesquels il y en a bon nombre qui, comnw ceux de Raphaël, de Molière et de Montaigne, ont été estimés et vendus à des prix très-considérables. Ce sont encore des manuscrits précieux, uniques pour l'histoire et les sciences, des milliers de volumes dépareillés ou répandus au dehors, des collections incomplètes.
<*it ne remédiera entièrement à ces abus qu'en faisant dres-
ser des catalogues exacts et minutieux, et en organisant une surveillance active et sévère.
Le Gouvernement s'est déjà préoccupé de la formation des catalogues; des crédits considérables ont été successivement alloués par les Chambres dans ce but. Cependant, les résultats sont loin d'avoir répondu jusqu'ici aux sacrilices et aux promesses qui avaient été faites. On est encore à attendre une organisation et des mesures capables de rassurer complètement sur l'avenir : le règlement du 26 mars 1833, concernant le service de la bibliothèque , ne suffisant pas pour donner toutes les garanties désirables.
On assure que, dans les plans qui ont été dressés pour l'achèvement du Louvre, ligure une grande galerie pour y loger la bibliothèque impériale qui quitterait ainsi la rue Richelieu.
Depuis Guillaume Budé, pour qui François Ie* créa la charge de maître de sa librairie, la bibliothèque du roi a eu pour administrateurs des hommes d'un grand mérite parmi lesquels nous citerons Jacques Amyot, traducteur de Plutarqué, l'historien de Tliou, Casaubon, Nicolas Kigault, Jérôme Bignon, Capperonnler. L'abbé Barthélémy, auteur du Voyage fl'A?iacliarsis, était garde du cabinet des médailles, et refusa, à cause de son grand âge, la place de conservateur des livres Imprimés, qui fut occupée successivement, pendant la révolution , par Cbamfort et le fameux Carra. Plus lard , Van- Praet, bibliographe distingué, remplit les mêmes fonctions. Feu M. Lctronne, avant d'être garde des archives, fut directeur de la bibliothèque. Le titulaire actuel est M. Naudet, membre de l'institut, et tous les conservateurs qui le secondent appartiennent à l'élite de la littérature et des sciences.
Outre la bibliothèque royale, Paris possédait six autres
bibliothèques publiques: celaient celles de l'abbaye Saint- Victor, des Prêtres île la Doctrine chrétienne, des Avocats, de l'Université, de la Faculté de Médecine, du Corps de Ville, ol enfin la bibliothèque Mazarine, ainsi appelée du nom du cardinal Mazarin , fondateur du collège dit des Quatre-Nations.
Les bibliothèques de Sainte-Geneviève, de la Sorbonne, de l'abbaye Sa in t-Germain - des-Pré s , chef-lieu de la célèbre congrégation de Sarat-Maur, celles de la plupart des monastères et des corporations, étaient aussi d'un accès facile.
La suppression des ordres monastiques, à l'époque de la révolution, amena la fermeture de leurs bibliothèques, dont un grand nombre de volumes furent dilapides ou détruits; le reste fut entassé dans des dépôts et servit plus lard à la formation des bibliothèques départementales.
Les bibliothèques publiques éprouvèrent aussi les atteintes du vandalisme révolutionnaire : on brûla une foule de manuscrits précieux pour l'histoire, sous prétexte qu'ils étaient relatifs à la féodalité; on détruisit des reliures magnifiques, parce qu'elles étaient ornées de blasons et d'annoirics nobiliaires.
Déjà , dans une émeute populaire, la maison des Lazaristes, située au faubourg Saint-Denis, à Paris, et qui est actuellement une maison de détention, fut saccagée; les livres de la bibliothèque lurent lacérés et foulés aux pieils. — Une semblable dévastation eut lieu en 1831, lors du pillage de l'archevêché de Paris, dont les archives et la bibliothèque furent anéantis; les manuscrits, les livres étaient brûlés ou jetés dans la rivière. Les mêmes désordres se renouvelèrent, en luis, au Palais-Royal et au château deNeuilly.avec des circonstances si dégoûtantes que la plume se refuse à les raconter.
Aujourd'hui il y ;i cinq principales bibliothèques publiques
à Paris, au premier rang desquelles se place la bibliothèque impériale.
La lilbltotïièque Sainte-Geneviève fut fondée par le cardinal de La Rochefoucauld, évéque de Scnlis, lorsqu'il fui nommé, en 1623, abbé commendalaire des chanoines réguliers dits Genovéfa'ms. Ses successeurs l'augmentèrent considérablement et en lirent une îles plus riches de la capitale.
Dispersée à l'époque de la révolution, elle fui reconstituée plus tard et appelée pendant quelque temps bibliothèque du PanthéoD. On y compte actuellement plus de 200,000 volumes imprimés, notamment une collection complète des éditions aldincs, et 3,000 manuscrits. Elle est ouverte, comme toutes les autres, depuis dix heures du matin jusqu'à trois heures; mais c'est le seul établissement de ce genre qui. éclairé au gaz, soit encore ouvert le soir, depuis six heures jusqu'à dis heures et demie. Celte mesure a été prise en faveur des élèves en droit et en médecine, dont un grand nombre ne peuvent la fréquenter qu'après avoir suivi pendant la journée les cours de leurs Facultés.
La bibliothèque Mazarinc a eu pour premier fond celle que le cardinal Mazarin avait formée dans plusieurs salles du magnifique palais qu'il s'était fait construire dans la rue Neuve-dcs-I'etits-Champs , et où est installée maintenant la bibliothèque impériale. Les livres qui composaient la bibliothèque du cardinal avaient été réunis à grands frais par les soins de Gabriel Naudé, un des hommes qui, de son temps, connaissaient le mieux les livres. On y lit entrer d'abord fî,000 volumes de l'excellente collection de Descordy, chanoine de Limoges, cl elle s'accrut successivement des livres que Naudé choisit chez les libraires de Paris, et de ceux qu'il recueilli! dans divers voyagrs faits par lui dans ce
but en Italie, en Allemagne, en Angleterre et en Hollande. Knlin, il y adjoignit une partie de la bibliothèque du cardinal de Tonrnon , ce qui porta le nombre des volumes composant celle collection à plus de 40,000. Cette bibliothèque fut ouverte au public vers l'année 1641, un siècle environ avant la bibliothèque royale qui ne devint tout à fait publique qu'en
En 1088, la bibliothèque du palais Mazarin fut transportée dans les bâtiments du collège des Qualrc-Nalions qui venaient d'être construits sur l'emplacement de l'hôtel de Nesles, et elle y resta placée jusqu'en 1791 sous la direction de la maison et société de Sorbonnc.
La bibliothèque Muzarinc possède environ 100,000 volumes imprimes et 4,000 manuscrits ; elle renferme aussi un assez grand nombre d'ouvrages fort remarquables et appartenant au premier âge de l'imprimerie.
Cette bibliothèque a eu pour administrateurs ou bibliothécaires, depuis le commencement de ce siècle, MM. Amar, de Feletz, Dillon, Guillon de Mauléon, Auguis, Thiébaolt de Iterneaud, J.-J. Ampère, Sainte-Beuve, Silveslre de Sac?.
La bibliothèque de l'Arsenal doit son origine an marquis, de Paulmy, célèbre bibliophile, après la mort duquel elle fut achetée par le comte d'Artois (depuis Charles X), qui l'auge menta d'une partie des livres du duc de la.Vatlière dont il lit aussi l'acquisition en 1781. Elle était d'un accès très-facile ï aujourd'hui c'est une des grandes bibliothèques publiques do Paris. On y compte environ 180,000 volumes imprimés et 0,000 manuscrits; elle possède les collections les plus complètes de romans et de pièces de théâtre.
I.a bibliothèque rte la ville de Paris fut formée, en 1703^ sous les auspices de Canins de Pontrarré deViarmes, pré-.
vol des marchands, avec le legs de 20,000 volumes que Moriau, procureur du roi, avait fait à la ville. Elle fut placée au collège Saint-Louis, rue Sain l- Antoine, où clic resta longtemps. Une partie des livres en fut distraite , en 1795, pour former le fonds de la bibliothèque de l'Institut; mais on recomposa celle de la ville avec le secours des dépôts littéraires provenant des bibliothèques supprimées, et maintenant elle contient environ 60,000 volumes.
Depuis l'agrandissement de l'Hôtel-de-Ville, la bibliothèque municipale est placée dans l'aile orientale de cet édifice.
La bibliothèque du Louvre était, avant la révolution, une des bibliothèques particulières du roi, cl fut dispersée comme toutes les autres. Napoléon la recomposa h son usage et en confia la direction au célèbre bibliographe Barbier. Elle devint successivement la bibliothèque particulière de Louis XVIII, de Charles X et de Louis-Philippe. Après la révolution de 1848, elle a été rendue publique.
Il y a encore à Paris plusieurs bibliothèques où l'on est admis facilement.
Telle est la bibliothèque de l'Institut. Située, ainsi que la bibliothèque Mazarinc , dans l'ancien collège des Quatre- Nalions, elle fut réunie à cette dernière par mesure d'économie, en vertu d'une ordonnance royale du 16 décembre 1819, que l'expérience ni bientôt rapporter; l'ordonnance du 26 décembre 1821 remit les choses sur l'ancien pied, et ces deux bibliothèques sont redevenucs distinctes comme elles l'étaient auparavant. La bibliothèque de l'Institut se compose aujourd'hui d'environ 95,000 volumes, niais elle s'enrichit continuellement par des acquisitions et surtout par les dons fréquents que les savants et les littérateurs de toits les pays lui font de leurs ouvrages.
Nous citerons aussi les bibliothèques de l'Université, do l'École de droit, de l'École de Médecine, du Muséum d'histoire naturelle, du Conservatoire des Arls-et-Métiers, des Invalides, de la Cour de Cassation, du Sénat , du Corps législatif, des Ministères, etc.
Après Paris, les villes de France qui possèdent les plus grandes bibliothèques sont :
Bordeaux 110,000 volumes.
Strasbourg 80,000 —
Aix 80,000 —
Lyon 70,000 —
Besancon 00,000 —
Viennent ensuite Arras, Grenoble, Marseille, Troyes, Versailles, qui ont de 40,000 à 30,000 volumes; Amiens, Chartres, Chaumont, Colmar, Dijon, Fontainebleau, Le Mans, Metz, Montpellier, Houen, Sainl-Omcr, Toulouse, Tours, qui ont de 30,000 à iO,000 volumes.
Parmi les bibliothèques de nos provinces, la bibliothèque de Versailles est sans contredit l'une des plus riches et des plus curieuses de la France. Voici son origine :
Avant la grande révolution, la ville n'avait pas de bibliothèque publique, mais le roi, les princes, les grands seigneurs avaient des bibliothèques considérables, qui se trouvèrent confisquées en 1793, enlevées des hôtels ou palais qu'elles occupaient cl transportées dans les salles du château. Ou y entassa ainsi environ 200,000 volumes avec une grande quantité d'objets d'art. La plupart de ces richesses furent successivement transportées à Paris, et il n'en restait environ que 30,000 volumes et quelques curiosités , lorsque la Cou-
vcntion ayant créé les écoles centrales, arrêta qu'il serait formé auprès de chacune île ces écoles une bibliothèque et mi cabinet d'histoire naturelle. Versailles devint alors le siège de l'école centrale du département de Seinc-et-Oisc, et l'on nrit ce qui restait de livres dans le château pour Tonner la bibliothèque de cette école, laquelle devint bibliothèque de la ville lorsque les écoles centrales furent supprimées.
Celle bibliothèque fut d'abord placée dans l'aile méridionale du château ; plus tard, en 1799, on la transporta dans l'hôtel des archives des affaires étrangères, qui avait été dépouillé de la plus grande partie de ses papiers ( les archives de la marine y sont restées jusqu'en 1838), mais sans subir aucune dévastation; de sorte que la bibliothèque se trouva installée sans dépense dans un magnifique local qui semblait avoir été fait pour elle. Le nombre des volumes était alors, comme nous l'avons dit, d'environ 30,000. Tous, venant des palais des princes ou des hôtels des seigneurs, étaient remarquables, non-seulement par la magnificence des reliures, mais encore par la beauté et la rareté des éditions : ainsi on y trouvait des Estienne, des Elsevier, desVascosan, des Baskerwille, des Ibarra. Depuis cette époque, des dons ou des achats ont porté le nombre des volumes a 50,000, et le legs de M. Pernot, ancien conseiller à la cour tics comptes, qui laissa dans ces derniers temps à la bibliothèque de Versailles 7,000 volumes d'ouvrages rares ou choisis, dont la valeur est estimée à plus de 50,000 francs, va élever ce nombre à 57,000 volumes.
De tous les livres riches ou curieux que renferme celte bibliothèque, nous n'en nommerons qu'un, parce qu'il est probablement unique et forme un véritable bijou : c'est le livre du Carrousel de Louis XIV, en 16t>2. Les exemplaires de cet ouvrage ne sont pas rares; mais celui-ci, sans doute
destiné au roi, a toutes ses ligures coloriées ou plutôt peintes avec nue grande perfection. Le coloris en est aussi frais que si elles sortaient des mains de l'artiste. Cet artiste est Bailly, le grand-perc de l'illustre président de l'Assemblée constituante.
La bibliothèque de Versailles contient en outre l'une des pins riches collections musicales qui soient en France: c'est le recueil des œuvres religieuses et dramatiques des compositeurs français , depuis Louis XIV jusqu'en 1789. On y trouve aussi un petit nombre do manuscrits précieux, entre autres les archives du bailliage et de la police de Versailles, en 42 vol. in-folio.
On s'est beaucoup occupé, depuis quelques années surtout, de la fondation d'une bibliothèque publique dans chaque commune de France. Un grand nombre de projets ont été formulés et proposés ; mais aucun d'eux n'a réussi, parce que leurs auteurs en avaient fait principalement l'objet de spéculations privées.
Suivant nous, pour que cette institution populaire puisse réussir, il faut qu'elle soit propagée avec le plus complet désintéressement, et sous la haute surveillance du ministre de l'instruction publique; que tous les hommes éclairés dans chaque commune y concourent par une souscription patriotique et suppléent ainsi a l'insuffisance presque générale des ressources communales. — Les moyens d'exécution devraient être basés sur la plus stricte économie, et tels, en un mot, que chaque volume in-8°, relié et rendu dans la commune, ne coûtât pas au delà d'un franc. Nous croyons aussi, pour plus de garantie de bonne exécution, que tons les ouvrages nouveaux devraient être confiés aux littérateurs les plus distingués à la suite d'un concours.
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Les bibliothèques communales, au lieu d'être comme précédemment placées dans les mairies, sous la surveillance des maires, qui , comme on le sait, sonl pour la plupart des cultivateurs peu lettrés, n'ayant point de secrétaires, seraient remises aux soins des instituteurs.
Elles auraient les écoles mêmes pour local, les élevés devant être les premiers appelés à profiter de la lecture des livres, et les maîtres, parles fonctions qu'il remplissent, étant plus souvent que tout autre obligés de les consulter.
Chaque école posséderait ainsi une bibliothèque communale, qui pourrait facilement être fondée au moyen d'une souscription de 20 francs par an, pendant dix ans. Du jour oii cette souscription serait ouverte, nous sommes certain qu'on ne trouverait pas en France une seule localité où quatre personnes au moins ne s'obligeassent à verser î> francs pendant dix ans. Si le nombre des souscripteurs s'élevait à huit, chacun d'eux n'aurait plus a donner que 2 fr. 50 c. Enfin, la souscription serait réduite à 1 fr. dans les villages où vingt habitants souscriraient.
Ce projet, d'une grande simplicité, serait d'une exécution facile, immédiate, et aurait le précieux avancage de produire encore un véritable bien, alors même t,M l'on ne réussirait d'abord à créer qu'un petit nombre de bibliothèques.
Il n'encourage aucun intérêt privé, et deviendrait la source de travaux utiles pour le* hommes de lettres cl pour un grand nombre d'industries.
Uuanl au bienfait inoral d'une semblable institution, il est immense, cl ne pourrait qu'ajouter à la popularité du gouvernement qui saura en prendre l'initiative.
Aux Etats-Unis, dans ce pays nouveau, mais qui devance eu tant de choses la vieille Europe, il existe déjà plusieurs TuMK H-
séries d'ouvrages approuvés et destinés à former des bibliothèques soil dans les municipalités, soit dans les familles.
Une autre question altire aussi en ce moment l'attention des bibliophiles, nous voulons parler du système d'échanges internationaux. Ce système n'est pas une pensée de spéculation, c'est une œuvre tonte désintéressée ; aussi son promoteur {M. Vatlcmare) a-t-il conquis partout les plus vives sympathies. Législateurs, corporations municipales, sociétés savantes, particuliers, lui ont prêté un généreux appui; car tous ont vu, dans ce commerce scientifique étendu à toutes les nations civilisées, des efforts de paix et d'union générales.