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plusieurs fois ces prescriptions. Nous en avons gardé dans notre législation l'article 283 du Code pénal, qui punil de sis jours à six mois d'emprisonnement toute personne posant des aflielies sans nom d'auteur ni d'imprimeur (lï. »
L'article 290 du Code pénal assujettissait les afficheurs à une autorisation de la police ; mais cette disposition a été abrogée par la loi du 10 décembre 1830. D'après celle loi (art. 2), tpiicont|ue veut exercer, même temporairement, la profession d'afficheur d'écrits imprimés, lilhograplnés, gravés ou à la main, est tenu d'en faire préalablement déclaration devant l'autorité municipale, d'indiquer son domicile, et, chaque fois qu'il en change, de renouveler cette déclaration.
Déjà antérieurement la loi prohibait d'une manière absolue la publication et l'affichage de nouvelles politiques ; la loi du 10 décembre 1830 a sanctionné celte disposition. L'article 1er de cette loi dispose qu'aucun écrit contenant des nouvelles politiques ou traiUint d'objets politiques ne peut être affiché ou placardé dans les rues, places ou autres lieux publics. Il en serait de même de l'affiche où, sous prétexte d'annoncer un ouvrage ou une brochure, on insérerait des extraits ayant rapport à la politique.
line loi du 8 mars 1831 a complété celle de 1830, en exposant la inarche et la procédure à suivre dans la poursuite des conlravenlions.
Ajoutons quelques mois sur l'affichage par rapport aux imprimeurs. Un décret du 22 juillet 1791 leur enjoint de n'imprimer les affiches des particuliers que sur papier de couleur, le panier blanc ne devant élrc employé que pour les actes de l'autorité publique; d'après la loi du 28 germinal
(0 Uegatiu pillareiqiie , juin 18S0.
ment constituées, et semblaient réunir toutes les conditions de succès, crouler sous le poids d'une ou deux opérations malheureuses. Mais ces exemples ne corrigent personne.
11 est du caractère français de se jeter avec témérité et aveuglément dans toutes les entreprises qui paraissent présenter quelque chance de succès. Nous nous éprenons de la surface sans nous inquiéter des dangers qui sont au fond, et nous aventurons de grands capitaux qui se trouvent presque toujours compromis, souvent perdus complètement. Ajoutons A cela un sentiment d'envie et de rivalité qui nous pousse vers toute affaire qui réussit, sans que nous calculions si cette affaire, aujourd'hui excellente, ne sera pas mauvaise demain, lorsque cent autres concurrents nous suivent dans la même voie.
Produire, toujours produire, sans s'inquiéter si la consommation et les débouchés marchent de pair, voilà comment procède ordinairement l'industrie française, quand elle n'est pas, comme autrefois, contenue, par de sages règlements, dans de justes limites.
Les Anglais tomlient rarement dans de telles fautes, nonseulement parce qu'ils sont plus réfléchis, mais aussi parce que, en général, ils n'entreprennent que ce qu'ils connaissent et ce qu'ils savent faire. Chez eux, le fils succède au père ; il trouve des relations établies, de vieux employés, des traditions ; on y profite des bonnes affaires ; rarement on en fait île mauvaises. C'est à ce respect des traditions, qui se transmet de famille en famille dans le même genre de commercé, que nos voisins sont redevables de ces magnifiques établissements, de ces fortunes colossales qu'on voit chez eux. Nous, au contraire, notre principale et constante ambition est d'être plus que n'émient nos pères: à quoi ils ont eux-mêmes la folie
île nous encourager. Nous nous jetons dans ries affaires où (oui est nouveau, inconnu, cl qui Unissent ordinairement par une catastrophe.
Quauil les premières papeteries mécaniques furent fondées en France, et qu'on vit qu'il y aurait quelque argent à gagner, ce fut à qui en établirai!. Les moulins à farine, les filatures, se transformèrent, dans la plupart des localités, en papeteries. Toutes les presses d'imprimerie de l'Kurope auraient à peine sufli à l'écoulement de celte énorme fabrication. Ou'ar-
des papeteries furent ruinées et redevinrent moulins à blé. — Les mêmes résultats se produisirent, presque en même temps, à l'égard des manufactures de sucre de betterave el des lilal ures, etc.
Si la lin de ces folles entreprises était de dévorer l'argent de capitalistes imprudents, ce serait un mal réparable ; mais les conséquences en sont bien autrement graves, line fois ces établissements formés contre toute idée de sagesse et de prudence, ils ne tardent pas à éprouver dans leur marche des embarras de toute nature; alors, dans i'espoir qu'il viendra pour eux un temps meilleur, ils essayent île se soutenir à tout prix; et, comme leurs frais généraux sont considérables, ils n'ont d'autre moyen de les réduire que d'augmenter la production : tout les entraine dans cette fatale voie.
lin jour enfin, rétablissement succombe; mais c'est après avoir encombré les marchés el ruiné toutes les autres maisons moins ambitieuses, el qui, n'opérant qu'avec moins de capitaux, sont dans l'impossibilité de soutenir une concurrence aussi redoutable.
C'est a celte cause qu'il faut attribuer le désordre el l'état de malaise qu'on a remarqués dans la plupart des industries
françaises, et qui menacent d'empirer cEkuiuu jour. Ln librairie, depuis longtemps déjà n'obéissait plus qu'à des impulsions purement mercantiles, eut particulièrement ù en souffrir.
Le sueeés de quelques éditions avant surexcité toutes les ambitions, ce fut à qui si: levait libraire ou éditeur : bientôt cette profession fut envahie par des gens de toutes les classes, de toutes les conditions. Nous avons connu un de ces libraires improvisés, qui abandonna l'étal de jardinier, qu'il exerçait avec son père, pour entreprendre, quoiqu'il fui dépourvu de toute espèce d'instruction, une édition magnifique de Voltaire, dont le format, le papier et le luxe typographique déliassaient tout ce qui avait paru jusqu'alors. Comme il élait sans fortune, il fit faillite peu de temps après, laissant inachevé son ouvrage. Ce Voltaire n'en lui pas moins continué plus tard; mais sa^ seule apparition avait porté un coup mortel aux autres éditions entreprises dans un format et des proportions plus modestes.
Ce qui excitait surtout les gens sans fortune à se jeter dans la librairie, c'est le mode des ouvrages par souscription. Quelque crédit chez le papetier, chez l'imprimeur, qui avait besoin d'utiliser un vaste matériel, suffisait pour éditer le premier volume sans bourse délier. Si les souscriptions arrivaient, on recueillait l'argent nécessaire pour publier le tomes suivant, et ainsi de suite. Si, au contraire, les abonnés faisaient défaut, on en était quitte pour ne payer ni l'imprimeur ni le marchand Je papier.
Ce fut le sort de beaucoup de ces opérations ; car tous les éditeurs n'étaient pas également consciencieux, et le public se lassa vite.
La librairie se rappelle encore ce volume de la ffenriœfe, dont on était parvenu à multiplier si énormément les livrai-
sons, que le prix s" en éleva jusqu'à 300 francs. Le Plularque atteignit le prix scandaleux de 7 ou 8,000 francs. Des souscripteurs trop confiants, qui ne se doutaient guère de l'élasticité qu'on donnerait au prospectus, eussent été obligés de payer celle somme, si les tribunaux n'eussent fait justice dis prétentions de l'éditeur (i).
De tels faits, qui constituent de véritables escroqueries, étaient fréquents, et on pourrait en citer par centaines, lesquels, bien que d'une moindre importance, n'en sont pas inoins coupables. Ils contribuèrent à bâter le discrédit où tombait la librairie française, en même temps qu'ils firent regretter l'heureuse époque où de sages règlements condamnaient le libraire, qui manquait à ses engagements envers le souscripteur, a la restitution du double de ce qu'il avait reçu, cl, de plus, à une amende, qui croissait en raison de la gravité du délit.
Le prospectus est un contrat qui lie l'éditeur, et lui impose l'obligation rigoureuse de donner gratis toutes les livraisons qui dépassent le nombre fixé. S'il s'est trompé dans ses calculs, c'est une faute qu'il doit supporter seul. Les libraires lionnêtcs n'ont jamais agi autrement.
Un autre symptôme de la décadence de la librairie, c'est le pendant que montrent les auteurs de notre époque à se faire éditeurs de leurs ouvrages, et même de ceux d'autrui qui soul tombés dans le domaine public. Ils traitent personnellement avec l'imprimeur, en recourant, au besoin, à la ressource des
(I) Souvent tes bulletins île souscription étaient présentés et colportes par ilu jeunes et jolies femmes, qui obtenaient Gaulant plus ftcilMi™1 qu'on signal le bulletin de souscription . sans chercher a se rendre cWf" des conditions, exposées d'ailleurs d'une manière fort vague dans .le pr»s" |M-rtiis.
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souscririons; le livre porte au fronlisi>icc qu'il se vend chez l'auteur, cl le libraire, si son itom y ligure, n'est plus qu'un dépositaire.
Dans les siècles passes, il était rare que les auteurs lissent les frais d'impression de leurs ouvrages, qui, dans ce cas-là même, ne pouvaient être vendus pour leur compte que par l'entremise d'un Libraire. Ainsi le Tartufe de Molière, imprimé auxdespens de l'aulheur , se vendait à Paris, chez Jean Ribou, en 16ti9; la comédie des Femmes savantes se vendait pour l'auteur, à Paris , au Palais, chez Pierre Promé , en
La prohibition prononcée par les règlements de 1618, de 1686 et de 1723, au prou! de la librairie, était absolue et s'appliquait même aux auteurs. On cite notamment un arrêt du conseil, du H juin 1708, qui Tait défense au sieur Jean- Baptiste Lulli, surintendant de la musique du roi, de vendre ou faire vendre ses opéras par autre que par un imprimeur ou libraire.
De nouvelles dispositions législatives changèrent cet ordre de choses. Le règlement du 30 août 1777 mit une restriction au monopole de la librairie. Il proclama ce principe de droit naturel, qui se retrouve dans le décret de 1793 ; » Tout auteur qui obtiendra en son nom le privilège de son ouvrage aura le droit de le vendre chez lui, sans qu'il puisse, sous aucun prétexte, vendre ou négocier d'autres livres. »
Mais, avant 1789, les auteurs usaient rarement du droit qui leur avait été de nouveau accordé, tandis qu'aujourd'hui ils en usent largement au grand préjudice de la librairie professionnelle. C'est un fait que nous constatons plutôt qu'un blâme que nous formulons; cependant, si l'usage dont nous parlons devenait général, il porterait un coup mortel à la li-
lirai rie proprement dite, et nous y verrions plus d'iuconvénieuts que irav;ui(ages (1).
Nous ne terroi lierons pas ce chapitre sans exprimer notre regret qu'il n'y ait pins maintenant en France un seul organe spécial des intérêts et des progrès de la typographie. On a essayé, à diverses époques, de fonder à Paris des publications consacrées à ce but; mais aucune n'a pu se soutenir devant l'indifférence des imprimeurs.
On a vu successivement paraître et s'éteindre \rs Annales de la Typographie, dues à un bibliophile distingué, M. Alcali; le Journal spécial de la Typographie, In Presse française,!' l-rho îles Imprimeries, l'Iconographe. Seul, le Journal de la Librairie s'est maintenu.
L'infatigable cl savant M. Desportes, qui avait fondé, il y a quelques années, le Lithographe, publie aussi, depuis 1851, un nouveau journal mensuel, les Annales de l'Imprimerie. Espérons, pour l'honneur même du corps typographique, que ce recueil, qui contient tant de documents intéressants, et s'adresse à la fois à l'imprimerie, à la lithographie, à Iï taille-douce, à la photographie, à la fonderie de caractères, à la gravure, à la papeterie, réunira dans ces diverses professions assez d'abonnements pour assurer son existence.
VII. Les livres, avant l'invention de l'imprimerie, se vendant très-cher, les personnes qui voulaient connaître ou pos-
(I) Depuis 1TN!) jusqu'au réarment do 1810, l'imprimerie , pou van! être exercée par tout le monde, eut beaucoup il soulfrir rie celle liberté illimitée. (Voyez ri-dessus , eliapilre V, pape 218.) - Quant aux presses parlii-ulii'ns i]!]!' de- si'i^rn-in^ [uiSM-diiiciit imlrefuis du 11 s leurs i-]iiili\liiv r'élail un agrément qu'ils se procuraienl , El non une exploitation ou uue l'onriirrenee qu'ils pivleiidissem faire à la ij |id[!i aphie industrielle; en presses, d'ailleurs, n'étaient nue tolérées, ear les règlements jrénéraiix tes défendaient. [Vnwi ehapitre IV. pages itil et 181)
Dijilizoa b/Coofile.
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séder un ouvrage, et qui n'étaient pus en étal de l'acheter, l'empruntaient on le louaient pour le lire on pour le copier. Hugo de Timborg, poète allemand «In xiv= siècle, disait avec satisfaction : u Je suis possesseur d'une bibliothèque de deux a cents volumes, dont douze écrits de ma main, cinq en latin, « sept en allemand. » Nous avons vu que l'Université de Paris non-seulement permettait, mais enjoignait aux libraires et ans scribes qui étaient sons sa juridiction de prêter des livres moyennant une caution suffisante.
Depuis que les livres, grâce à l'imprimerie, sont devenus si communs , c'est leur abondance même, malgré la modicité du prix, qui en a fait continuer la location ; car bien des gens veulent lire les ouvrages nouveaux, mais ne peuvent pas toujours les acheter, ou ne s'en soucient pas.
Le louage des livres est donc resté une des branches du commerce de la librairie ; c'est là aussi l'origine des cabinets de lecture, si nombreux aujourd'hui, petites bibliothèques où, pour une légère rétribution, on peut passer la journée à lire et mÊinc à copier les livres qui s'y trouvent. Il est vrai qu'on n'y trouve guère que des journaux, des pièces de théâtre, des romans; quelques-uns de ces salons littéraires contiennent un assortiment plus considérable, formé surtout des nouveautés le plus en vogue.
En 1811, le conseil d'État fut saisi d'un projet de décret qui avait pour but d'interdire l'établissement de cabinets de lecture à tout particulier non pourvu d'un brevet de libraire. Mais ce projet fut retiré (levant l'opposition de Napoléon. Aujourd'hui cependant une autorisation spéciale est nécessaire.
Différents moyens sont employés par les auteurs ou les libraires pour faire connaître les ouvrages qu'ils publient : les prospectus qui, distribués quelquefois avec, profusion, sont plus
souvent égarés ou détruits que soigneusement conservés ; les annonces dans les journaux, publicité fugitive qu'on peut réitérer, mais qui devient très-coûteuse; enlin l'affichage et le colportage dont nous allons parler.
VIII. L'usage des affiches est fort ancien. Chez les Romains, les boutiques des libraires avaient leurs façades couvertes de placards indiquant les ouvrages qui s'y vendaient, el sans cloute de pareilles affiches étaient apposées dans divers endroits de la ville. Des écriteaux ou des lames de métal gravées étaient employés pour la publication des lois et des règlements, et suppléaient à la proclamation orale.
L'affichage, de quelque manière qu'il fui exécuté, s'est perpétué jusqu'à nous ; mais l'imprimerie lui a donné une nouvelle vie. Dans ces derniers temps surtout la typographie s'est ingéniée, pour lixer les regards du passant sur les affiches, par la diversité des caractères, la bizarrerie de leurs formes, comme le rédacteur s'efforce souvent de faire lire l'affiche jusqu'au bouL par l'étrangeté de son style.
t C'est seulement au xvn» siècle, dit un écrivain spirituel, que l'affichage a pris de l'extension dans nos villes. Jusque-là ce moyen de publicité n'avait guère été appliqué qu'à la promulgation des ordonnances royales cl des arrêts de justice, ainsi qu'aux annonces de spectacles. La manie des spéculations, importée en France par le financier Law, fit recourir aux affiches pour instruire le public du mouvement des affaires. Ce fut là comme une révélation pour le commerce qui en était encore réduit à se faire annoncer par la voie des crieurs. Du petit au grand, chacun se mit à afficher sa marchandise. Le débordement des affiches, du temps île la régence, donna lieu à quelques satires.
« Au moment où les affiches d'utilité publique et privée se
damille n'avait qu'un sentiment d'estime, sans enthousiasme, pour le biographe grec ; mais il ne s'agissait <|iic île 30 fr. ; il avait f;iil une lionne affaire, il prit une livraison. On lui présenta un papier imprimé, qui n'était autre qu'un acte de souscription au Plutarque français tout entier, et il le signa. On lui envoya la livraison de Plutarque; il la mit dans un coin et n'y pensa plus.
« L'année suivante, il reçut une autre livraison. Cela l'inquiéta. Il alla aux renseignements et il apprit avec étonnement qu'il avait souscrit au Plutarque de M. Dubois, ce qui l'effraya beaucoup, four réparer autant que possible son imprudence, il signifia, par acte extra-judiciaire, à l'éditeur, qu'il n'avait jamais entendu devenir souscripteur du Plutarque, et que c'était à l'aide d'une fraude indigne qu'on lui avait fait signer l'acte de souscription. M. Dubois se tint tranquille; mais eu 18ift, quinze ans après la souscription, il envoya à M. d'HédOuville tontes les livraisons en retard, et en lui réclamant i,500 francs. •
Le mode de publication dont nous venons de signaler les abus a pourtant ses avantages: il permet à un auteur ou à un libraire d'éditer un ouvrage important à l'impression duquel set ressources pécuniaires n'auraient pu suffire; puis il en facilite l'acquisition à beaucoup de gens, qui, moyennant une légère dépense hebdomadaire ou mensuelle pour chaque livraison successive, se trouvent ainsi, dans l'espace de quelque mois on du quelques années, possesseurs d'un livre qu'ils ont acheté en détail, et qu'ils n'auraient pas pu payer immédiatement en totalité.
11 est vrai que les ouvrages acquis par livraisons reviennent, en définitive, à un prix assez élevé ; aussi des personnes moins pressées, et ne voulant pas d'ailleurs s'exposer aux TOME II. 20
au iv, toute affiche doit porter li: nom de l'Imprimeur; les affiches sont soumises an timbre (loi du 9 vendémiaire an vi), et l'impression n'en petit être laite que sur du papier timbré à l'avance (arrêté dit 3 brumaire an vi).
Il est défendu d'arracher les affiches on de les couvrir par d'autres quand les premières sont encore utiles : délit cependant très-commun à cause de la (fiflicullé de l'empêcher.
A l'égard des affiches peintes sur toile ou sur les murs, un décret du 23 août 18.!i2, rendu en exécution de la loi du S juillet 1852, les assujettit à un droit.
Le règlement de 1723, qui fut jusqu'à la révolution la charte de la librairie, défendait (art. il « à toutes personnes de quelque qualité et rte quelque condition qu'elles soient, autres que les libraires et imprimeurs, de faire le commerce des livres. *
Cependant, il y eut dérogation au droit exclusif des libraires, pour le colportage, c'est-à-dire pour la vente à domicile et sur la voie publique. Une corporation de cent vingt colporteurs fut créée dans la ville de Paris, et un titre tout entier du règlement de 1723 fut consacre à leur industrie.
D'après l'article 69 de ce règlement, le colporteur devait savoir lire et écrire; il était présenté au lieutenant général de police par le syndic et les adjoints des lihraîres et des imprimeurs, et agréé sur les conclusions du procureur de Sa Majesté au Cbâtelet.
Les colporteurs, qu'on appelait aussi cricurs d'arrêts, ne pouvaient vendre aucun livre ayant plus de huit feuilles d'impression (art. 72).
Ils étaient astreints à porter, an devant de leurs habits, un écusson de cuivre indiquant leur profession (art. 74).
Lo règlement permettait en outre aux marchands merciers