‹ Histoire de l'imprimerieChapitre 23 sur 43 · TOME II. '-"-I · texte numérisé non relu

TOME II. '-"-I

Le papier vélin, c'est-à-dire imitant le parchemin, est fait sur une forme plus line el d'une seule pièce, et ne laisse voir

aucune vergeure.

François-Ambroise Didol, membre de retie famille à laquelle l'art typographique doit tant d'améliorations, introduisit en France l'usage du papier vélin.

■ Vers la fin de 1779, dit-il, je m'aperçus que le papier de l'épreuve des caractères d'un fondeur anglais, nommé Caslon, n'avait ni ponluseaux, ni vergetircs. Mes recherches me firent connaître que cette fabrication n'était point récente en Angleterre, et que la première édition du Virgile, de Baskerville, qui parut en 1757, était imprimée en grande partie sur celle sorte de papier.

o Regrettant que cette fabrication ne fût point encore introduite en France.. ., j'envoyai aussitôt;! MM. Jobannol père et (ils une feuille que je détachai de ce livre d'épreuve (i). •

Ces fabricants, aidés des conseils de Didot, commencèrent des essais qui réussirent; et, en 1781, ils lui fournirent du papier vélin grand-raisin dont il se servit pour imprimer d'abord un conte allégorique tiré des œuvres de la marquise de Montesson, tn-4°, puis un extrait du poème des Jardins de Delille. Quelque temps avant MM. Johannot, c'est-à-dire en novembre 1779, MM. Moutgolficr avaient fait, en présence de M. Destnarcts, de l'Académie des sciences, des essais rte fabrication de papier vélin ; mais ils ne les poursuivirent pas alors, el, quand ils entreprirent définitivement de fabriquer celle sorte de papier, les ateliers de MM. Johannot en avaient déjà livré au commerce el à l'imprimerie.

(1] Estai de fables nouvelles, suivi de poésies diverses et d'une Ëiillre sur les progrès de l'imprimerie, |>ar M Ilidol fils aini; Paris, in-l», note.

Le papier vélin, d'une paie plus épurée ipie le papier vergé, el par conséquent plus uni el plus blanc, était employé pour l'impression des ouvrages île prix.

Aujourd'hui, le papier à la mécanique remplace presque partout le papier à la forme, soit vergé, soit vélin, dont la fabrication, déjà bleu restreinte, Unira par être totalement abandonnée.

Aux chiffons de toile ou de lin, on ajoute malheureusement trop souvent des débris de vieux papiers, connus sous le nom de rognures. Mais la mauvaise foi, qui est la plaie du commerce, ne s'arrête point là, et emploie, au grand détriment de la qualité, des chiffons do coton, et jusqu'à du plâtre, afin d'en augmenter le poids.

Au reste, bien des substances peuvent se convertir en papier. Pallas, naturaliste prussien, en a fabriqué avec le parenchyme de maïs ; Léorier-Delisle avec toutes sortes de végétaux; le. marquis de Salisbury cl Armand Seguin avec de la paille. Mais ces procédés, imités des Chinois, sont encore loin de produire des papiers équivalant à celui de chiffon.

Il n'y a pas très -longtemps qu'on fabrique des papiers de couleur en mêlant dans la pâle des substances colorantes. Autrefois on se contenlait de les peindre; et, comme c'éiail plus long cl plus coûteux , on ne le faisait pas fréquemment. A présent on imprime sur des papiers colorés des couvertures de livres, des affiches, etc.

Quant aux papiers peints nommés papiers de tenture, qu'on emploie presque généralement aujourd'hui, au lieu de tapisseries, pour la décoration des appartements, et qui offrent les dessins les plus varies, ils se fabriquent par le moyen de l'impression el se vendent en rouleaux. L'usage en vient de la Chine et fut introduit en Europe par les Hollandais el les

Espagnols, vers le milieu du m* siècle; mais ils ne furent en vogue et l'on n'en commença la fabrication que dans le siècle dernier.

L'Angleterre eut des manu factures de papiers peints vers 17i<>, et depuis quelques années les frères Potier ont créé à Manchester un établissement colossal qui, par son système mécanique, imprime quinze couleurs a la fois, et qui, avec ses huit machines, produit en un seul jour 8 à 10,000 rouleaux, c'est-à-ilire plus que toutes les manufactures de Londres réunies.

On fabrique maintenant des papiers peints dans toute l'Europe et même en Amérique; mais la France est le pays où se confectionnent les plus beaux papiers de tenture. La fabrique de M. Zuher à Rixlieîm, près Mulhouse (Haut-Rhin), fondée en 1790 , et eelles de Paris sont les plus renommées ; ces dernières sont presque toutes situées dans le faubourg Saint-Antoine. Avant la révolution il y en avait déjà une lenue par Réveillon et qui fut saccagée le 28 avril 178!) , dans une émeute politique où plusieurs personnes perdirent la vie. Celte catastrophe lui a donné une célébrité historique.

La fabrication du carton est analogue à relie du papier ordinaire; niais la pâte eu est plus grossière : elle se Tait avec de vieux papiers, de vieilles toiles d'emballage, des chiffons de toute espèce, connus sous les dénominations de gros de Paris, gros de campagne, blanc sale on blanc fin, des toiles de lil dites bulle ou gros huile.

Le carton de Rrislol en Angleterre est très-estimé.

En 1817, un Français, SI. Mézièrcs , inventa une sorte de carton appelé carton-pierre, avec lequel on moule des ligures, «les vases, des ornements, etc., aussi solides que s'ils étaient en plâtre ou en bois.

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]V. Dans l'antiquité les plus célèbres fabriques de papyrus étaient à Alexandrie en Egypte; colles de parchemin, à Per~ gaine, dans l'Asie Mineure. Au vin6 siècle, les fabriques de papier de coton de Sepla, aujourd'hui Ceula, en Afrique, de XaUva.de Valence, de Tolède en Espagne, étaientrenommecs.

Samarkand, ville de la Tartarie russienne, rivalise mainlcitant avec la Chine pour la fabrication du papier de soie.

Après l'invention du papier de chanvre et de lin , un grand nombre de manufactures s'établirent en France, dans le Languedoc, l'Auvergne, la Champagne, etc.

Un édit de Charles VIII, de 1408, atteste qu'il y avait des manufactures de papier à Troycs, à Corbeil, à Essonne.

Rabelais, dans le Ie livre de son Pantagruel, parle d'un beau et grand papier de Languedoc, nommé ravonge, dumot latin canonicus qui signilie chanoine.

Dès le xiii" siècle, les papetiers troyens formaient «ne corporation nombreuse; c'était ]iarmi eux que l'Université prenait ses papetiers jurés.

Les fabriques de France soutiennent avec succès leur antique réputation. Nous citerons, entre autres, celle d'Essonne, dirigée par M. (iratiot; celles d'Annonay, tenues par MM. Johannot, par MM. Moittgolller, dont le nom se rattache à l'invention des aérostats. C'est là aussi que MM. Canson ont une fabrique de papier à la mécanique. Les belles papeteries de MM. Didot, au Mesnil, près Dreux, de MM. Lacroix, d'Angouléine, et beaucoup d'autres se recommandent également pour la bonté de leurs produits.

L'Allemagne est une contrée où la fabrication du papier est ancienne, mais en général il n'est pas très-beau.

Les papiers de Hollande, au contraire, ont joui et jouissent encore d'un bon renom. En 17f>8 et 177", DesmareLs, de

l'Académie des sciences de Paris, fui chargé d'aller visiter les fabriques hollandaises et d'eu étudier les procédés.

La fabrication du papier s'introduisit tardivement en Angleterre et ne s'y développa que lentement.

Dans la souscription d'un livre (1) imprimé à Londres vers 1490, par Wynkin de Worde, l'un des plus anciens typographes de ce pays, on lit îles vers anglais qui apprennent que Jobn Taie le jeune avait fabriqué le papier qui servit pour l'impression du livre.

Vers 15G4, comme le témoignent les paroles de Versoris que nous avons citées plus haul (voir page 33 1), on construisit quelques moulins à papier sous le règne d'Elisabeth, et, en 1588, John Spilman, allemand, joaillier do cette princesse, obtint la permission d'en construire un près deDarlfort; plusieurs manufactures s'élevèrent aussi dans le comté de Kent; mais il ne sortait de ces diverses fabriques qu'un papier bis et grossièrementconfecfionné. Aussi est-ce en vain qu'on voulut prohiber les papiers étrangers : les Anglais continuèrent d'en tirer de la Hollande et surtout de la France, à laquelle, suivant Adam Anderson (2), ils en achetaient annuellement pour 100,000 liv. sterling (-2,500,000 fr.).

Après la révocation de l'édit de Nantes (1(185), une foule d'industriels protestants quittèrent la France, se réfugièrent en Angleterre el fondèrent à Londres les premières fabriques de papier blanc cl fin. Le gouvernement français parvint plus lard, à prix d'argent, à rappeler tous ces ouvriers en France,

(I) Ces! la tr.nluclion aii^hisc fiti(e pr Jean Trcv'sn, il» livre blin île tt.uïliélenii île GhnviUc, conielier iin^-hiis, intitulé : De praprklalilift reriim.

(i) Tableau historique cl rhronolo^iniie île l'origine il» commerre, tic ■

et les fabriques de Londres furent anéanties ; niais on les rétablit sous le règne de Guillaume III.

La papeterie a fait de grands progrès en Angleterre à panir de cette époque et surtout depuis 1770, que Whatmann, après avoir visité les plus importantes fabriques du continent, en fonda une, à Maidstone, qui jouit d'une grande renommée et dont les exploiteurs actuels ont obtenu une médaille de première classe à l'exposition universelle de Londres en 1851.

Maintenant, grâceaux mécaniques, on manufacture chaque année en Angleterre environ 130,000,000 livres pesant de papier, dont la valeur dépasse 75,000,000 fr. et produit au budget un revenu de 21,700,000 fr. Les neuf dixièmes de celte quantité sont consommés dans le pays, car les exportations ne s'élèvent pas à plus de 7,500,000 fr.

Vers le milieu du xvin0 siècle, la fabrication du papier s'est propagée rapidement en Amérique, surtout aux Etats- Unis où la typographie est si active. On a même établi à Philadelphie une foire annuelle pour la papeterie et la librairie. C'est dans cette ville que Benjamin Franklin, alors imprimeur, fonda la première papeterie américaine; auparavant, les colonies tiraient leur papier de la métropole.

Depuis l'invention de l'imprimerie, le commerce des papiers a pris une extension prodigieuse, devenue plus grande encore grâce à la liberté de la presse qui existe presque partout. Le fameux munitionnaire Ouvrard, fils d'un propriétaire de papeteries, prévoyant, en 1789, que le régime de liberté qui venait d'être proclamé en France allait donner lieu a une foule de publications, acheta à l'avance tout le papier que les fabriques du Poitou cl de l'Angouinois pourraient produire en deux années; et, son marché signé, il réalisa cent mille écris en le cédant.

Lorsque le papier est fabriqué, on le met en ballots, c'està-dire en raines; la rame contient 20 mains de 25 feuilles chacune, et c'est ainsi qu'il se vend en gros. Les papetiers détaillants le vendent à la main et même à la feuille.

En termes typographiques, on appelle mains de passe ou chaperon les mains qu'on livre à l'imprimeur en sus de la quantité de papier nécessaire pour l'impression d'un ouvrage. Ce chaperon, destiné à la mise en train et au remplacement des feuilles g;ltées ou mal tirées, est ordinairement d'une main par rame.

Les sortes de papiers à la forme le plus en usage encore dans les imprimeries, sont le papier carré, la coquille et le grand-raisin pour les livres et ce qu'on appelle les bilboquets, c'est-à-dire les circulaires, les factures, etc.; puis le papier pot , l'écu , la couronne , le jésus , le colombier, pour les registres, les tableaux.

Quoique le papier à la mécanique, presque généralement adopté aujourd'hui, ne porte pas habituellement de marques, on conserve les dénominations de carré, de raisin, etc., pour indiquer les dimensions qu'on vent lui donner.

Il se fabrique encore quelques autres sortes de papiers qu'on emploie à divers usages: le papier bulle à faire des bandes, des enveloppes; le papier gris, très-épais, pour les emballages ; le papier brouillard pour filtrer des liquides ; le papier Joseph, soyeux et mince, pour servir de garde au\ gravures; le papier serpente, transparent , dont les dessinateurs se servent pour calquer.

En considérant l'immense consommation de papier qui se fait aujourd'hui dans le momie, la multiplicité des livres et la diffusion des lumières qui en résultent, on regrette que les anciens n'aient pas éié abondamment pourvus de papier, comme

nous le sommes ; cependant cet ulilc secours n'aurait pu leur sufllre, et la civilisation n'eût encore marché que bien lenlemenl avec la plume des copistes.

C'est l'imprimerie qui a véritablement propagé l'instruction et l'a rendue universelle. La papeterie est devenue presque l'auxiliaire obligé de l'art typographique, c'est à lui i|iie cette industrie doit ses inspirations et ses perfectionnements.

V. Les anciens Romains avaient différentes espèces de papyrus qui prenaient leurs dénominations des lieux de fabrique : papyrus d'Egypte, d'Alexandrie, comme nous disons maintenant papier d'Angouléme, d'Auvergne, de Hollande; ou des princes sous le règne desquels on les avait fabriqués: papier auguste, livien, claudien. Nous avons aussi aujourd'hui une sorte de papier dit à la TeUière, parce qu'il fut fabriqué pour l'usage de Le Tellier, marquis de Louvois, ministre de, Louis XIV.

Mais dans le xv* siècle, et surtout après l'invention de l'imprimerie , les papeteries se multiplièrent et les fabricants adoptèrent des marques particulières pour désigner leurs papiers.

C'est ainsi qu'on y trouve des ancres do diverses formes, des dés, des ciseaux, des télés de bœuf, des (leurs de lis, une grappe de raisin et un griffon (ces trois dernières marques existaient encore il y a peu de temps) ; puis on y vit un croissant, une licorne, un lion, un pot à fleurs, un navire, cl enlin le chapeau ou bonnet de la liberté en Hollande. Tout cela est bien grossièrement dessiné, et ne peut guère prouver qu'un livreaété imprimé par tel ou tel imprimeur, puisque le papetier a pu fournir à différents typographes du papier portant les mêmes signes.

On peut reconnaître les éditions faites à Mayencc, et en d'au-

ires pays, dans les trente premières années après l'invention tle l'imprimerie, par le papier nui csl un peu bis, épais el fort, cl qui porte presque toujours les marques suivantes :

1° Un croissant, les pointes en bas, surmonté d'une ligne, en haut de laquelle est une étoile; 2° Un oiseau ; 8° Une tour avec sa porte;

4° Une rose, ayant quelquefois une croix on une couronne dans le centre; 5- Deux clefs adossées;

0° L'écu de France' surmonté d'une couronne avec des fleurs de lis;

7° Une main ouverte dont le doigt du milieu est surmonté d'une croix; H" Un veau debout; 9° Une tête de veau.

Tous les ouvrages imprimés à Besançon le furent sur du papier estampillé à tête île bœuf, sortant de la papeterie de Baume, qui était florissante dès 1111, et de celle d'Arcier, dite de la Calas, billes en fournissaient non-seulement à la Franche-Conilé, qui faisait alors partie de l'Allemagne, mais encore aux contrées voisines.

Henri VIII, roi d'Angleterre, égaré par la haine qu'il portait au chef de l'Église catholique, se servait habituellement pour sa correspondance d'un papier dont la marque était (on a honte de le dire) un cochon miiré.

Nous avons eu, lorsque la papeterie s'est perfectionnée, d'autres marques qui servaient à faire connaître la grandeur du papier, comme grand-aigle, grand-raisin, etc. On trouve dans le Manuel pratique de la typographie française de

M. Hrmi, la nomenclature tic tous les papiers employés en France avant l'invention du i>apier mécanique.

Quelques bibliographes ont prétendu que les anciennes marques du papier étaient celles îles typographes : c'est une erreur; elles ne désignaient que les fabricants, et maintenant elles ne servent plus qu'à désigner les différentes sortes île papier. Ces marques sont dessinées dans les formes mêmes , quelquefois estampillées en manière de timbre sec.

Quant aux marques typographiques, dont nous avons déjà parlé, elles étaient placées et imprimées sur le frontispice des livres.

L'emploi du papier timbré, c'est-à-dire revêtu d'une marque apposée par l'État, pour la transcription des actes publics, remonte à l'empire romain. L'empereur Juslinicn prescrivit une forme particulière de timbre pour la ville de Constanlinople, en 537.

Après une longue interruption, l'usage du papier timbré fut rétabli dans les États modernes au jtvi» et au xvil* siècle.

Le papier-monnaie est une invention chinoise qui date de l'an 1133 de notre ère, et accréditée depuis longtemps en Europe.

Quand on a voulu lui donner, en France, un cours forcé, et le substituer au numéraire, soit en 1720, lors du fameux système de Law , soit en 1790, lors de l'émission des assignats, cette mesure a été désastreuse; mais lorsqu'elle se borne à des billets de banque, à des actions sur l'État ou sur des entreprises commerciales, qu'elle repose sur un gage certain, et que la libre acceptation en est laissée à la confiance publique, le papier-monnaie peut devenir une mesure éminemment utile.

Cependant de grandes précautions doivent être prises con-

ire les contrefacteurs, soii dans la fabrication même du papier qu'on parsème de liligranes, do marques et d'ornements intérieurs, suit dans l'application extérieure de récriture, îles vignettes et dessins, qui se fait avec une encre particulière el par des procédés spéciaux.

On s'est beaucoup occupé dans ces derniers temps de la fabrication d'un papier de sûreté. Le lavage frauduleux du papier timbré, les falsifications d'écriture dans les actes publies et privés, ont pris de nos jours de telles proportions, el les faussaires ont acquis une telle habileté, que les intérêts les pins chers des familles se réunissent à ceux de l'État pour demander à la science les moyens de garantir la sûreté des transactions et de préserver le Trésor des dommages que lui cause une coupable industrie.

D'après le compte rendu d'une séance de l'Académie des sciences, insérée au Moniteur du l.'i septembre 18ifl, c'est le 13 février 1826 que celle Académie a été consultée pour lu première fois à ce sujet, el c'est seulement le i décembre 1848 que la commission, formée à la suite de celte communication, annonçait par l'organe de son rapporteur, M. Dumas, que le. problème lui semblait résolu.

Dans le cours de ces vingt-trois années, on a écarté successivement les encres indélébiles, les papiers imprégnés de réactifs chimiques, ceux formés de deux feuilles superposées, munies d'une vignette délébile, cachée dans leur intérieur. Le procédé auquel on parait s'être arrêté est celui qui a été soumis à l'Académie par M. Grimpé. Toutefois, ce procédé n'est pas arrivé à l'état pratique, car ni le Gouvernement ni les particuliers ne l'ont encore employé.

Jusqu'à présent, pour rendre infalsiliablcs les litres, actions et billets, les seuls moyens expérimentés sonl le papier lili-

grané et les fonds de hasard obtenus par la gravure sur des planches d'aeier ou de cuivre; encore l'onl-ils été rarement, attendu que l'exécution en est longue et dispendieuse.

Le procédé le plus fréquemment appliqué aujourd'hui, parce qu'il est à la fois sûr, prompt et plus économique, est celui des fonds de hasard obtenus par la lithographie. La pierre, soumise à des agents chimiques, fournil un dessin moiré, granité ou marbré, du au hasard et, par conséquent, inimitable (i),sur lequel on peut tracer des signes, des lettres, comme dans le papier filigrane; une contre-impression en couleur reproduit ensuite identiquement sur le verso tous les détails des traits, caractères ou vignettes du recto, de telle sorte que les deux impressions se confondent en une seule.

VI. La qualité du papier contribue beaucoup;'! faire ressortir la beauté de l'écriture ou de l'impression. Le même ouvrage présente un aspect tout différent, selon qu'il est écrit ou lire sur de bon ou de mauvais papier.

L'imprimerie donna un grand essor à la papeterie dont les progrès ont toujours été croissants. Cependant il faut reconnaître que, à l'époque où la typographie fut inventée, on fabriquait déjà de bon papier, comme le prouvent les éditions du xv siècle; en examinant celui de la Bible de Mayeuce, de 143S, on est frappé de sa solidité et surtout de son égalité.

La consistance, la blancheur, une surface unie, voilà les qualités qu'il faut rechercher dans le papier.

La consistance du papier dépend en partie du collage. Cette opération se faisait autrefois avec de la gélatine sur des feuilles déjà fabriquées et entraînait une main-d'œuvre fort coûteuse; aujourd'hui, c'est la pâte même qui est collée au moyen d'un

(I) Procédé V.»\\ Dupont.

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