IMPRIMERIE IMPÉRIALE
I. Sa fondation — II. Ses premiers directeurs.— III. Ses accroissements cl ses iravaui sous l'ancienne monarchie.— IV. Si transformation sous la république ; elle devient imprimene dis .ii]|jiiiii-li..:li)i]s ualit'iialis. — V. Sa rcoriîiinipalii'ii soin l'empire ; elle ronsi'^c sou tiioriuimlr. — VI. Ilifurme OiiuitaMc sous la reslauralian ; ordonuanre ùe IBin gui lui rend le monopole îles impressions îles ministères.— VII. L'imprimi-ric inij t'ri.ili' api es la rciuliaitm di' j ni! lui; -a situation actuelle. — Vil I. Plaintes des imprimeurs rniiirc son mnnopnlo; les pri* y sont plus e levés que ceux du commerce. — I\. Iiciiclii es ; impressions gratuites. — X. Ses lenteurs, etc. — XI. Ses eiivaliisscmenis inocssanls -XII Ce qu'elle devrait être. — XIII. Imprimerie administrative.
I. L'imprimerie royale (aujourd'hui imprimerie impériale) fut fondée par Louis XIII en 1640, sous le ministère du cardinal de Richelieu. Toutefois, il est juste de reconnaître que François 1" en avait jeté les premiers fondements alors que, dans l'unique intérêt de la science, il fit graver, parGaramond, les caractères grecs, connus depuis sous le nom de grecs du Roi, et qui ont servi aux belles éditions des Robert et des Henri Eslienne.
Elle fut établie dans les galeries du Louvre, et Louis Mil dépensa en sept ans pour sa création plus de 360,000 livres.
La haute administration en fut confiée à Sublet des Noyers, surintendant et ordonnateur général des bâtiments et manufactures du roi; Sébastien II Cramoisy en fut nommé directeur, et Trichet du Fresne, correcteur. Richelieu, voulant propager la foi catholique en Orient et y étendre les relations politiques et commerciales de la France, occupa les premières presses de cet établissement à imprimer les livres destinés à être remis gratuitement aux missionnaires. Il fit publier d'abord dans ce but l'Imitation de Jésus-Christ (de Imitatione ChrUti , 1640) ; puis deux ouvrages qu'on dit avoir été écrits par Richelieu lui-même : Les principaux points de la fou de l'Église catholique (Itiil) et Y Instruction du Chrétien (lfii2). Ainsi c'est une pensée pieuse qui présida a l'institution de l'Imprimerie royale, et c'est par des ouvrages pieux qu'on l'inaugura. On y publia ensuite des Éditions de Virgile (1641), d'Horace, deTérence (1642), de la Bible (1642), etc.
Plusieurs de ces éditions sont ornées de frontispices et de vignettes gravés sur les dessins du célèbre Poussin. Par là était justifié, des le principe, le but de l'imprimerie royale, qui était à la fois de servir aux intérêts de la religion, des lettres et des sciences, et de multiplier leurs plus beaux monuments. « En deux ans seulement, dit Sauvai, il sortit des presses de l'imprimerie royale 70 grands volumes grecs, français, latins, italiens, ele-, entre autres les Conciles en 37 volumes in-folio, et tous imprimés d'un caractère très-gros, très-net et très-beau, et sur le plus fin papier, le plus fort et le plus grand dont on se soit servi. El comme le soin qu'on en prit ne fui pas moindre que la dépense, on ne doit pas s'étonner qu'un si riche travail ail porté l'imprimerie a son plus bain point de perfection. Ses premiers produits ravirent toute la terre. Les Anglais, les Allemands, les Iialiens proclauièrem
la supériorité des Français dans cet art. Le patriarche de Constantinople en félicita le sieur des Noyers dans une lettre fort obligeante qu'il lui écrivit. »
li. Sébastien Cramoisy conserva près de trente ans la charge de directeur, cl fut remplacé en if>69 par Sébastien Mabre, son petit-fils, à qui, dès 1(560, une ordonnance royale avait accordé la survivance de son grand-père maternel.
Le directeur n'était pas, dans ces premiers temps, un fonctionnaire; c'était un imprimeur, choisi parmi les plus capables, et a qui l'Etat remettait rétablissement avec certaines charges et certains privilèges. Il avait la garde des poinçons, des matrices et de tout le matériel de l'établissement.
Après la mort de Mabre, arrivée en 1687, sa veuve fut continuée provisoirement dans sa place. En 1690, le ministre -.. Louvois appela de Lyon Jean Anisson. Dans les provisions du roi expédiées en 1691 à Jean Anisson, il est qualifié de recteur et de conducteur de son imprimerie royale, et garde des poinçons, matrices, caractères, planches gravées, presses et autres ustensiles servant aux impressions.
Le privilège de directeur se maintint dès lors pendant plus d'un siècle dans cette famille, et on vit même, après la Restauration, un de ses descendants l'exercer encore pendant dix ans cl jouir ainsi des mêmes avantages qui avaient été accordés a ses ancêtres {!).
III. Les successeurs de Louis XIII tinrent à honneur d'enrichir l'imprimerie royale et d'étendre sa renommée; elle acquit bientôt un matériel considérable en caractères précieux, surtout pour les langues orientales.
A cette nombreuse collection vinrent s'ajouter suceessive-
|l) Non* erojons devoir donner iei, pour aider à l'inleHifenre df* fmli
nient les poinçons el les matrices des caractères grecs que François 1" avait fait graver par Gararaond (1), el qui, en venu rte lettres patentes rte Louis XIV, du 13 décembre 1(183, furent retirés rte la chambre des comptes, où ils étaient déposés, pour élrc remis entre les mains de Sébastien Mabre, alors directeur de l'imprimerie royale ; — les poinçons arabes, syriaques et persans, dont Savary de Brèves avait surveillé l'exécution à Gonstanlinople, pendaut qu'il y élait a
rappelé; dans ce cliiipilri1, lu liste ^t-nôi-nli; des il iiw leurs de l'imprimerie impériale, depuis son origine jusqu'à nus jours. 1. 1610-1669. — Cramoisy (Sébastien 11).
a. 1063-1687. — Mabrû-Cramoisv (Sébastien III), petit-fils du précédent.
Dame Mabre-Oamoisy, veuve ilu précédent Anisson (Jean 11).
Iligaud (Claude}, beau-frère de Jean Anisson. Anisson (Louis- Laurent), adjoint du précédent. Anisson ( J acq u es- Louis-I.au ici) l), frère pumé du preV
Anisson (Louis- Laurent), fils du précédent. Anisson-Duperon (Etienne-Alexandre-Jacques), flls du
précédent.
lhiboy-Lavernù (Philipjie-Du.uii.-1)- Marecl (Jean-Joseph).
Anissou-Duperon (Alexandre-Jacques -Laurent). Hieliaud (Louis-Gabriel).
De Villebois (Klicniie-Marie-LouU).
Vieillard dit Duverger (Eu;;.), commissaire-provisoire. Lebrun (Pierre), de l'Académie française. Descnne (Auguste.1, l'eauger.
Vernoj de Snhil-t .i'tii>-i->, directeur actuel. (I) Hubert Eslicime, tu si- réfugiant il Genève, avait emporté ces pointons ou ces matrices, car les avis sont partagés à cause de l'obscurité des documents historiques sur celle circonstance; mais ces types, quel» qu'ils fussent, lui appartenaient. Son fils Iknri ou Min pclil-lils Paul les ayant engagés pour une somme d'argent, Louis XIII le- lil racheter à ses Irais en I6ID, et déposer plus lai d à la cour de* romples.