Cf. le n
3. Ninguno debe fablar Deste escaîio que aqpil habia, Que el Cid lo gano inuy bien,
Y como home de valla,
Y es caballero esforzado
Y de muy gran vaientla,...
De tan alla nombradia...
; Nadie non fable del Cid, Que segundo no lenia !
sheik Jabias s'exprime à la manière du Romancero quand il s'écrie :
Nul n'élait au-dessus du Cid, et nul auprès.
Qu'est-ce à dire, sinon que, malgré d'insignifiantes réserves, Bivar est un poème qui idéalise sans les fausser une grande idée et un grand homme? Le respect filial est une plante dont les racines n'ont pénétré nulle part plus profondément que sur la terre du point d'honneur, et en aucun autre pays Victor Hugo n'aurait rencontré plus glorieuse figure que celle de ce Cid qui, n'ayant rien que sa lance, ne fut jamais vaincu, et qui, plus puissant que les souverains, marchait dans sa grandeur
La faisant boire à tous, comme aux enfants le lait.
Si vive que soit une lumière, ce n'est ni dans le rayonnement du succès, ni même dans la simplicité d'un décor familier qu'elle apparaît dans son véritable éclat; on ne la voit bien que dans l'ombre de l'adversité. Pour dresser plus haut encore la statue du fils de don Diègue, Victor Hugo lui a donné ce piédestal : Le Cid exilé. A l'offre de réconciliation conditionnelle qu'apporte, de la part de son maître, le roi Santos le Roux, il imagine que son héros ne répond que par un refus dédaigneux. Qu'il ait songé, en écrivant ce poème, à sa propre situation, il est possible et même probable, encore qu'il ne convienne point d'être dupe de dates trop précises. On lit sur le manuscrit : « le 11 février 1859 » mais on trouve une première forme de deux vers postérieurement corrigés sur un brouillon qui est une enveloppe timbrée du 18 mars 1859'. La pièce a certainement été commencée et en grande partie composée pendant l'exil de son auteur. Victor Hugo n'était sans doute pas fâché de prêter au grand Campéador des Castilles la hautaine attitude qu'il devait prendre ou qu'il avait déjà prise devant une proposition d'amnistie. Qu'il ait poussé plus loin le rapprochement, rien n'est moins certain. Quand il fait, par exemple, intervenir une « fille assez laide » qui obtient du roi Alphonse le rappel de Ruy Diaz de Bivar, est-ce une malice qu'il lance à l'adresse de la comtesse de Castiglione qui était jolie, ou de la princesse de Metternich qui ne l'était pas? C'est d'autant moins vraisemblable qu'il avait rencontré dans ses lectures espagnoles un autre roi Alphonse fort