‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 115 sur 124 · Cf. le romance 952 trad. par Damas-Hinard, p · texte numérisé non relu

Cf. le romance 952 trad. par Damas-Hinard, p

PÉRIODE DU ROMANTISME. Ikl

présente comme une transposition de la question douloureuse où palpita l'âme de la tragédie moderne. On dirait que Victor Hugo s'est demandé : « Que doit faire le Cid, si, au lieu de recevoir le soufflet d'un autre, c'est à lui que son père le donne? » A cette demande, Rodrigue avait déjà répondu dans Le Romancero lorsque don Diègue lui broyait la main pour l'éprouver. Jayme vient dire à son tour :

Ni le père ni Dieu n'offensent; châtier. C'est aimer; l'océan superbe reste entier, Quel que soit l'ouragan que les gouffres lui jettent. Et les divinités éternelles n'admettent Ni d'afîront paternel, ni d'outrage divin.

Un tel cas de conscience est de ceux qui ont fourni plus d'un épisode à l'histoire et au drame d'Espagne. Le départ d'Ascagne semble lui donner une solution étrangère, mais le « père de bronze » rétablit la justice avec la douceur de sa caresse.

Nous revenons directement au Cid avec la pièce où l'Espagne reparaît dans le dernier volume complémentaire de La Légende des siècles. Le Campeador à peine « entré dans la Généralife » tue le calife Ogrul et rencontre, en s'en allant, Mednat, le sage commentateur du Koran, qui vient de voir se retirer le Tonnerre, parce que le héros « à l'âme honnête » a accompli sa besogne. Dans une première version, qui apparaît sous les ratures du manuscrit \ Victor Hugo faisait tuer Ogrul par Mednat. Il n'a pas tardé sans doute à comprendre la portée nouvelle que prendrait l'intervention de celui qui sait rendre inutile la vengeance céleste. Comme L'Hydre, ce dernier poème de l'Espagne épique est une sorte de résumé où se concentrent des inspirations antérieures. Ces vingt vers sont en quelque sorte la synthèse du Petit Roi de Galice et du Romancero. C'est le Cid jouant dans son pays le rôle de Roland.

Trois personnages seulement, et tous les trois symboliques. L'un, « le noir calife, » qui ne s'appelle peut-être Ogrul que par amplification sonore de l'ogre, représente le tyran détesté dont le sombre visage se détache dans le cadre enchanteur du Généralife. A côté du roi meurtrier, le vieillard Mednat semble abréger en lui la sagesse et le nom de la Médina sacrée de l'Arabie déserte. Et en face de ces deux aspects de l'Islam, le Cid est dressé comme

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