QUELQUES MOTS EN MANIÈRE DE CONCLUSION
Nous voici arrivés au terme de notre enquête. De cette étude incomplète il serait présomptueux ou prématuré de vouloir dégager des conclusions trop générales. On y peut à la rigueur trouver la confirmation de certaines règles déjà éprouvées par ailleurs. Les erreurs de quelques-uns de nos romantiques et les succès de quelques autres permettraient de reprendre des réflexions plus d'une fois présentées sur les conditions de l'imitation littéraire, et sur la nécessité pour l'écrivain d'une méthode plus ou moins consciente. Il ne serait pas non plus difficile de vérifier en cet exemple particulier une des lois que met le plus volontiers en lumière l'histoire des littératures comparées. Mais est-il nécessaire de redire qu'on ne s'adapte que ce qui vient à son heure et que ce qui demeure, par quelque côté, conforme au tempérament national? Si l'Espagne a joué un rôle prépondérant dans notre romantisme, c'est qu'il n'a jamais cessé d'être l'héritier de notre culture latine et que, quelle que soit son opposition à notre classicisme, il n'en a pas moins gardé les traditions de la rhétorique française. Il n'a emprunté que ce qu'il a pu accommoder au goût de son public, et ce que lui empruntera à son tour, comme aussi ce que rejettera le romantisme espagnol, fournirait une nouvelle démonstration de l'éternelle loi de l'assimilation.
Quelque diverses que soient nos écoles littéraires, on y retrouve à chaque époque les procédés, toujours les mêmes, du génie français. Il a toujours fait appel à un ferment étranger, et toujovws il en a tiré une humaine transformation C'est une