Il y inaiii|iie les (Ifiniors vers
jOh niuerlc! ii>oT que no vicucs? (fV llcvas esta aliiia iiiia de aqueste cuerpo inezquino, pues te se agradeceria ?
2. Toutes ces formes sont d'oriirinc savante. Une d'entre elles est même assez fortemcnl italianisée puisqu'on y rencontre le mot cualqiie. La plus ancienne (Las hiiestes de don Rodrigo) a été tirée au xvi^' siècle de la Cronica del Riy don Rodrigo que Pedro do! Corral écrivit vers 1443.
o. Ces trois vers sont empruntés précisément à la partie qu'imitera Victor Hugo. — Hélas, s'écrie le nioiiirovir dos marionnettes que don t,>nii'linttp \iciU de mettre en pièces, je i)uis dire avec le roi don Rodrigue : « Hier j'étais le seigneur de l'Espagiii', et aujourd'hui je n'ai plus un créneau que je puisse déclarer à moi. » Cf. Don Quichotte, II, 26.
Rodrigue pendant la bataille. Mais « la bataille perdue » n'avait pas été gagnée par les Maures. Victor Hugo n'a donc cherché dans le romance espagnol qu'une indication générale, le contraste entre la situation du vaincu avant et après la défaite, et quelques détails qu'il a eu le bon goût de prendre dans le plus beau morceau :
« Hier, j'avais des châteaux; j'avais de belles villes.... Allah! je n'ai plus même une tour à créneaux! »
Appliquant ce thème d'inspiration à une autre civilisation et à un vaincu de la veille, il n'est pas préoccupé de donner à ses images une couleur du plus pur moyen âge. Il peut faire exprimer par Reschid des sentiments d'une plus large humanité. L'Espagne, en somme, n'a fourni dans La Bataille perdue que le point de départ d'une imagination qui s'est laissé aller ensuite à la liberté de sa fantaisie créatrice.
C'est, au contraire, une imitation assez directe du Romancero que nous offre la Romance mauresque. Le titre seul suffit à montrer que Victor Hugo partage les erreurs de la critique de son temps. Il croit d'après son frère qu'il y a dans le Romancero des poètes arabes. Il imagine une version mauresque, qu'il déclare plus belle que la version castillane dont il explique la sécheresse parce que <( on y sent que c'est un Maure qui a le beau rôle ». En réalité, il n'a pas eu d'autre source que probablement le romance A cazar va don Rodrigo ', et certainement la traduction de son frère Abel. Seulement, comme ici il suit de plus près son modèle, il juge inutile de le citer en note, ainsi qu'il l'avait fait pour La Bataille perdue, dont les emprunts se bornaient à quelques détails reproduits dans une strophe. Quel parti en a-t-il tiré?
Gaston Paris, qui a consacré à la Romance mauresque une fort intéressante étude ^, n'a pas pu découvrir l'origine de l'épigraphe qui lui paraît volontairement insignifiante :
Dixôle : dime, buen liombre, Lo que preguntarte queria •*.
1. C'est le n" fiOl du Romancero gênerai dans l'édilion de Dvirân. Co romance, comme la plupart do ceux qui traitent ce sujet, dérive du second canlar de gesia sur les Infants de Lara. M. R. Menéndez Pidal place la composition de ce cantar entrela compilation de la Cronica gênerai d'Alphonse le Savant et celle de la deuxième Crânien gênerai de 1344.