‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 29 sur 124 · Cf. la Revue d'histoire littéraire de la France de · texte numérisé non relu

Cf. la Revue d'histoire littéraire de la France de

•J- Il lui dit : dis-moi, brave liomnic,

Ce que je voulais le demander.

LYRIQUE.de L'ESPAGNE. ' 77

Elle est bien, comme le dit Victor Hugo, dans le Romancero. Ce sont les vers 11 et 12 d'un romance sur la pénitence et la mort du roi Rodrigue '. Ils sont fort heureusement mis à profit daijs là Romance mauresque, qui ne fait en somme que développer les conséquences d'une simple interrogation. Un homme passe à cheval sur la route, et c'est parce qu'il pose la plus naturelle des questions au chevalier assis sous le sycomore, que le drame s'engage et que le sang va jaillir. On pourrait même voir dans cette épigraphe la preuve que Victor Hugo se préoccupait d'étendre le champ de ses connaissances espagnoles. Il ne s'est pas contenté de lire la traduction de son frère. Il a voulu remonter jusqu'aux originaux. Il n'y a sans doute jeté qu'un regard superficiel, puisqu'il impose au second vers de son épigraphe une syllabe de trop ". Il n'en faut pas moins noter qu'il a eu entre les mains le texte espagnol du Romcmcero gênerai '.

Comment a-t-il traité la légende qu'il lui empruntait? D'après le cantar auquel se rattachent les romances espagnols, Gonçalo Gustos a eu de doiia Sancha, sœur de Rodrigo de Lara, sept fils qui sont les infants de Lara. Pour venger une injure faite le jour de son mariage à sa femme dona Lambra, don Rodrigo envoie son beau-frère chez le roi maure de Cordoue, Almanzor, qui doit le mettre à mort, et il fait périr ses sept neveux dans une embuscade. Almanzor éprouve de la pitié pour Gonçalo Gustos et lui accorde la vie, puis la liberté. La sœur du roi maure fait mieux encore. Elle donne au prisonnier chrétien son amour, puis un enfant. C'est ce bâtard, le fameux Mudarra, qui apprend un jour le secret de sa naissance et tue Rodrigo.

Victor Hugo a brouillé de fâcheuse façon ces relations de parenté. Il fait de Mudarra le neveu de Rodrigo, qui n'est nullement de sa famille. Ce bâtard adopté par dofia Sancha est assez naturellement appelé son beau-fils dans les romances espagnols. Victor Hugo en fait « le neveu de doua Sanche. » Il est impossible de s'y reconnaître.

Gaston Paris reproche à Victor Hugo d'avoir appelé renégate

Page 1