I. — L'imitation classico-romantique de la comedia
Pas plus que le Romancero, la comedia n'a été introduite directement et brusquement par nos romantiques pour les besoins de leur cause. Elle apparaît d'abord chez ceux qui, sans accepter des libertés où ils continuent à ne voir que des licences, s'efforcent cependant d'apporter quelque renouveau à la tradition classique. Comment pouvait-elle se prêter à leurs tentatives hésitantes et s'accommoder de leur timide hardiesse? Aucun exemple n'est, à ce point de vue, plus significatif que celui de Pierre Lebrun et de son Cid d' Andalousie.
Dans la préface qui précède le recueil de ses œuvres ', Sainte- Beuve note justement que son théâtre représente comme une sorte de pont inachevé entre l'ancien art dramatique et le nouveau. La première arche de ce pont, c'est Marie Stuart. Le poète s'y laissait aller à quelques audaces, mais avec quelles craintes et aussi avec quelle faiblesse! Après avoir d'abord écrit :
Prends ce don, ce mouchoir, ce gage de tendresse, Que pour toi, de ses mains, a brodé ta maîtresse,